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BlackRock revendique une croissance tout terrain / Des résultats portés par l’ensemble des moteurs du modèle
"Nous sortons de l’année et du trimestre les plus solides de notre histoire en matière de flux nets." Résumant ainsi, lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre, la performance réalisée par BlackRock, Larry Fink a voulu dépasser le seul constat chiffré pour en proposer une lecture plus structurelle. "Nos relations avec les clients n’ont jamais été aussi fortes et aussi profondes", a souligné le président-directeur général du groupe, avant de préciser : "Les clients se tournent de plus en plus vers BlackRock pour les aider à réfléchir à l’ensemble de leur portefeuille."
Le plus grand gestionnaire d’actifs du monde a terminé l’exercice avec 14 041 milliards de dollars d’encours, en hausse de 22 % sur un an, un niveau atteint plus tôt que ne l’anticipait le consensus. Le fait est que la dynamique du quatrième trimestre s’est particulièrement distinguée par son intensité. Si l’effet de valorisation des marchés a joué, sur les trois derniers mois de l’année, BlackRock a surtout engrangé 342 milliards de dollars de collecte nette, un record trimestriel absolu pour le groupe, à lui seul près de la moitié des 698 milliards collectés sur l’ensemble de l’exercice.
ETF, gestion active et monétaire à plein régime
La répartition de la collecte apporte un éclairage plus fin sur les moteurs à l’œuvre. Les ETF restent le premier contributeur, avec 181 milliards de dollars de collecte sur le trimestre et 527 milliards sur l’année, confirmant la capacité de la plateforme iShares à capter les grandes allocations. La gestion active apporte également une contribution significative, avec 98 milliards de flux nets au quatrième trimestre, dont environ 13 milliards dans les actifs privés. Dans le même temps, les fonds monétaires ont attiré 74 milliards de dollars sur la période, traduisant une demande de liquidité utilisée comme composante à part entière de l’allocation des portefeuilles, et non plus comme une simple position transitoire. Ce que Larry Fink formule ainsi : "la détention de liquidités n’est pas simplement le reflet d’une attitude prudente ou attentiste".
En termes de trajectoire, BlackRock affiche une croissance que son directeur financier, Martin Small, n’hésite pas à qualifier d’"all weather", c’est-à-dire capable de traverser les cycles. Le résultat opérationnel ajusté a atteint 2,85 milliards de dollars au quatrième trimestre, en hausse de 22 % sur un an et au-dessus des attentes du marché. Le chiffre d’affaires a progressé de 23 % sur le trimestre, à 7 milliards de dollars, et de 19 % sur l’année, à 24,2 milliards. Surtout, la croissance organique des commissions a atteint 12 % au quatrième trimestre, après déjà 10 % au trimestre précédent, portant la moyenne annuelle à 9 %, nettement au-dessus de la cible interne de 5 %. "Le succès de cette stratégie de croissance structurelle génère de la vigueur dans tous les environnements de marché, quelles que soient les conditions", a insisté Martin Small.
L’essor du moteur technologique
Derrière cette résilience se dessine également une évolution du modèle. La technologie et les données ne sont plus un simple relais de diversification. L’activité technologique a généré 531 millions de dollars de revenus au quatrième trimestre, dont environ 65 millions liés à Preqin, fournisseur de données et d’analyses spécialisé dans les marchés privés, acquis définitivement en 2025. Hors Preqin, la valeur annualisée des contrats progresse de 16 % sur un an, confirmant une demande soutenue pour les solutions Aladdin, la plateforme technologique de gestion des risques, de portefeuille et d’investissement de BlackRock, ainsi que pour les services de données. Pour Larry Fink, il s’agit assurément d’une brique essentielle pour structurer les marchés privés : "la véritable opportunité consiste à standardiser les règles d’indexation, les cadres de valorisation et, in fine, la publication des données", a-t-il souligné lors du webcast.
Les actifs privés montent en puissance
Sur le quatrième trimestre, les actifs privés ont d'ailleurs apporté une nouvelle contribution tangible à la dynamique du groupe. BlackRock a enregistré 12,7 milliards de dollars de flux nets dans les marchés privés sur la période, portant les encours de cette activité à plus de 320 milliards de dollars, avec des apports concentrés sur le crédit privé et les infrastructures. À l’échelle de l’année, la plateforme a attiré près de 40 milliards de dollars de collecte nette dans ces stratégies, confirmant leur montée en puissance dans le mix de croissance du groupe. Une montée en puissance qui vient conforter la projection de long terme. BlackRock réaffirme son objectif de lever 400 milliards de dollars dans les marchés privés d’ici 2030, avec l’ambition affichée d’atteindre un niveau de fee-related earnings comparable à celui des grands acteurs spécialisés. "Nous observons une dynamique de collecte très solide, à mesure que nous progressons vers notre objectif de 400 milliards de dollars levés dans les marchés privés d’ici 2030", confirme Larry Fink, tandis que la direction évoque une vingtaine de discussions avancées avec des assureurs, segment clé pour l’ancrage de ces stratégies dans la durée.
L’exercice 2026 aura, de ce point de vue, une dimension charnière. Ce sera la première année pleine intégrant GIP, HPS Investment Partners et Preqin, trois acquisitions qui modifient en profondeur le profil du groupe. Martin Small indique s’attendre à "commencer à voir les premiers déploiements se concrétiser au second semestre 2026 ", notamment du côté des partenariats avec les assureurs.
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