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chefs économistes; croissance; IA

Macro-économie / Taux / Davos / Forum économique mondial / WEF

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Davos / Forum économique mondial / WEF

Le moral des chefs économistes s’améliore à Davos / L’intelligence artificielle ne les laisse pas indifférents et les divise

Des résultats sensiblement différents de ceux communiqués en septembre, le sentiment des chefs économistes publié par le Forum économique mondial (WEF) à l’occasion de sa 56e réunion annuelle fait certes toujours état d’une majorité de répondants – 53 % - qui misent sur un affaiblissement de la conjoncture économique en 2026 cependant cette proportion est bien plus faible qu’à la fin de l’été – 72 %. Leur appréciation des effets produits par l’IA est bien moins consensuelle et ce qu’il s’agisse de la croissance ou des marchés financiers.
Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)
Photo by Fabrice COFFRINI / AFP)

Difficile de parler de consensus. La lecture du dernier sentiment des chefs économistes dévoilé par le Forum économique mondial (WEF) laisse en effet apercevoir des convictions très différentes au sein de la profession. C’est notamment le cas pour l’Intelligence artificielle (IA), avec près de 52 % des personnes interrogées qui anticipent une baisse des actions américaines associées à ce secteur, entraînant des répercussions sur l’ensemble de l’économie, et 40 % qui tablent sur une hausse. Le constat n’est guère différent concernant la relation entre marché du travail et IA.

Un sujet sur lequel les opinions sont largement différentes sur le long terme avec 57 % des répondants évoquant des pertes nettes sur 10 ans en opposition frontale avec les 32 % tablant sur des gains en raison de l’apparition de nouvelles professions. Le plus court terme rassemble davantage les économistes avec les deux tiers d’entre eux qui "prévoient des pertes d’emplois modestes au cours des deux prochaines années ". Il faut aller regarder du côté des croissances géographiques pour trouver un consensus plus large.

 

Figures de proues

 

Les prévisions sur ce plan-là rassemblent effectivement plus largement la profession, laquelle place le plus d’espoir dans l’Asie du Sud avec pas moins de "66 % d’entre eux anticipant une forte, voire très forte, croissance portée par la vigueur de l’Inde ". Suivent ensuite l’Asie de l’Est et le Pacifique avec 45 % des répondants attendant une forte croissance et 55 % une croissance modérée dans cette région. Les États-Unis ne sont pas en reste et relèvent la tête passant de 49 % d’économistes misant en septembre sur une croissance modérée à pas moins de 69 % en ce début d’année. Cependant ils sont uniquement 11 % à tabler sur une forte croissance cette année pour le pays dirigé par Donald Trump.

C’est plus faible que la proportion – 24 % - imaginant ce scénario pour la Chine, pourtant l’Empire du milieu ne parvient pas à mettre d’accord les chefs économistes. Ces derniers sont certes 47 % à y attendre une croissance modérée, mais ils sont également 29 % à considérer qu’elle sera faible en 2026. On aimerait lire de pareilles prévisions concernant l’Europe, malheureusement ce ne sont que 3 % des répondants qui s’attendent à une forte dynamique en 2026 contre 53 % considérant qu’elle sera faible et 44 % qu’elle va être modérée.

 

Accidents

 

L’hypothèse d’une crise de la dette souveraine trouve quant à elle ses partisans, que ce soit dans les économies émergentes – 47 % des répondants – ou bien dans celles avancées où les avis sont jugés "partagés". Les différences sont plutôt à chercher dans l’hypothèse d’une restructuration de la dette ou un défaut de paiement comme stratégie de gestion de la dette qui semble plus plausible dans les marchés émergents – 53 % des réponses l’anticipent – que dans les économies avancées – 6 %.

Les recettes pour combattre les niveaux de dettes font l’unanimité ou presque, avec une "large majorité d’économistes en chef [qui] anticipent que les gouvernements auront recours à une inflation plus élevée pour alléger la dette (67 % dans les économies avancées, 61 % dans les marchés émergents) ". Les hausses d’impôts sont quant à elles considérées comme probables par 62 % des économistes en chef dans les économies avancées et par 53 % dans les marchés émergents.

 

Adapter

 

Cette 56e réunion annuelle du WEF sera à n’en pas douter marquée par la courte mais médiatique venue du président américain Donald Trump, les chefs économistes témoignent déjà des conflits commerciaux déclenchés par l’occupant de la Maison Blanche. Saadia Zahidi, directrice générale du Forum économique mondial, est également allée de son commentaire estimant que "les gouvernements et les entreprises devront faire preuve d’agilité dans un contexte incertain à court terme". Les conséquences sont immédiates pour les répondants, lesquels sont 94 % à anticiper "une augmentation des accords commerciaux bilatéraux et 69 % à prévoir une croissance des accords commerciaux régionaux".

La Chine est au cœur de ces évolutions, avec 89 % des spécialistes qui "s’attendent à une nouvelle hausse des exportations chinoises vers les marchés hors États-Unis". Pékin devrait pour le moins pâtir de la nouvelle donne en termes d’Investissements directs étrangers avec uniquement 9 % d’opinions évoquant une hausse en Chine pour l’année 2026.

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