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défaillances d'entreprises / 2025 / Altares
Les défaillances d’entreprises oscillent entre signaux d’alarme et d’optimisme / Un seuil record, mais un rythme de hausse qui décélère nettement
Si le bilan avait été anticipé, le voici bel et bien confirmé : l’année 2025 s’est conclue sur des seuils de défaillances d’entreprises encore record en France, établit le dernier rapport d’Altares sur le sujet. Le pic des 70 000 défaillances (sauvegardes, redressements et liquidations judiciaires) annuelles a en effet été quasi atteint, représentant une progression de 3,1 % sur un an. Il faut dire qu’avec 19 024 ouvertures de procédures collectives au quatrième trimestre, les trois derniers mois de l’année ont représenté, à eux seuls, un plus haut absolu sur la période, commente Altares : 4 000 jugements de plus que la moyenne des quatrièmes trimestres sur les quinze dernières années.
"L’économie française a évolué en 2025 dans un cadre paradoxal, mêlant à la fois une inflation maîtrisée et une croissance atone avec des finances publiques sous tension, dans un contexte géopolitique compliqué. Ce cocktail a créé un climat d’incertitude fort pour les entreprises et notamment des PME déjà éprouvées par la hausse des coûts logistiques et énergétiques", commente Thierry Millon, directeur des études d’Altares. Certes, ces volumes s’inscrivent dans une envergure inédite, ajoute le rapport. Mais ils traduisent une tendance plus prometteuse de ralentissement, observée depuis plusieurs mois. La hausse du nombre de défauts, au quatrième trimestre, est en effet ressortie inférieure à 2 %, alors qu’elle avait dépassé 10 % sur la même période en 2024, 38 % en 2023 et 48 % fin 2022.
Sur le front des signaux positifs, il convient aussi de noter que, bien que les deux tiers des jugements prononcés aient concerné des liquidations judiciaires directes, leur nombre a reculé de 1,3 % au quatrième trimestre. À l’inverse, les redressements judiciaires ont augmenté de 8,6 %, tandis que les procédures de sauvegarde se sont stabilisées. "Le dispositif de procédure de traitement de sortie de crise est resté peu utilisé : 99 en 2025 contre 100 en 2024. Instituée en 2021 et jusqu’à juin 2023 pour permettre aux entreprises de moins de 20 salariés de faire face aux conséquences économiques du contexte Covid, la procédure a été réactivée par la loi d’orientation et de programmation du ministère de la justice 2023-2027 ; ceci pour deux ans à compter du 22 novembre 2023 jusqu’au 21 novembre 2025 inclus", rappelle l’étude.
Conséquences sur l’emploi
Parmi les bonnes surprises, également, du quatrième trimestre, l’on retrouve la baisse des défauts des structures inférieures à 100 salariés, la résilience de la construction et du transport routier, ou encore l’accalmie observée du côté du commerce de détail d’habillement. Le nombre d’emplois menacés s’est lui aussi stabilisé, en hausse de 0,1 % entre le quatrième trimestre de 2024 et 2025, pour un total de 68 000 d’entre eux. En revanche, sur l’ensemble de l’année 2025, la hausse est de 4,5 %, soit 267 000 salariés et dirigeants dont l’emploi est en danger.
De fait, les tensions sont restées soutenues pour les entreprises d’au moins 100 salariés. Le nombre d’ouvertures de procédures les concernant est au plus haut (236 en 2025), tandis que leur rythme continue d’accélérer nettement, à hauteur de 18,6 %. Parmi ces "grandes défaillances", l’industrie manufacturière et le secteur social sont particulièrement représentés, concentrant respectivement 21 % et 12 % des ouvertures. Un contexte qui pèse donc sur l’emploi.
Alors, qu’attendre pour 2026 ? Pour Altares, sans tomber dans la naïveté, quelques signaux pourraient avoir tourné au vert. Outre le ralentissement de la trajectoire de hausse des ouvertures de procédures collectives, celle des comportements de paiement semble aussi s’être améliorée modestement au dernier trimestre. "Cependant, malgré le regain de croissance attendu, fragilités économiques et contraintes réglementaires demeurent. Les perturbations logistiques persistent pesant sur les délais d’approvisionnement et les besoins en fonds de roulement ; le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF) renchérit les importations de produits très émetteurs ; la facturation électronique, obligatoire en réception dès septembre, impose une adaptation rapide. Les entreprises devront donc redoubler d’audace et conjuguer prudence financière et anticipation stratégique pour rester compétitives", nuance Thierry Millon.
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