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Tesla ne compte pas regarder à la dépense en 2026 / Une enveloppe de 20 milliards de dollars pour sa transition vers un "avenir autonome"

En dépit de ventes en recul et de résultats financiers en berne, Elon Musk veut préparer l’avenir du constructeur de véhicules électriques. Après une année pour le moins tumultueuse à plusieurs égards, une enveloppe d’investissements de taille - plus que doublée par rapport à 2025 - sera dédiée à la préparation d’un "futur épique" pour le groupe, d’après les termes de son patron, où l’autonomie sera reine. La firme a aussi annoncé qu'elle avait participé au dernier tour de table de xAI, une autre entreprise du milliardaire, spécialiste des modèles d'intelligence artificielle.
Elon Musk au Forum économique mondial de Davos en janvier. Crédits : Fabrice Coffrini, AFP.
Elon Musk au Forum économique mondial de Davos en janvier. Crédits : Fabrice Coffrini, AFP.

C’est une nouvelle dont Tesla se serait sûrement bien passé. En 2025, les revenus du constructeur de véhicules électriques ont atterri à près de 95 milliards de dollars, traduisant une baisse de 3 % sur un an de ces derniers. La ligne d’arrivée d’une année tumultueuse pour la firme d’Elon Musk, ayant été marquée par l’incursion en politique de son patron, un déclin commercial, la rude concurrence du chinois BYD sur un segment où elle était auparavant reine, ou encore la décision prise par l’administration de son ancien allié Donald Trump, de couper les aides à l’achat de véhicules électriques pour les consommateurs américains. La marge d’Ebitda a quant à elle reculé de 104 points de base sur un an, à 15,4 %, tandis que son bénéfice net a fondu de 46 %. Il s’affiche sous la barre des 3,8 milliards de dollars.

 

Les moyens des prochaines ambitions

 

Lors de la présentation des résultats annuels du groupe aux investisseurs, Elon Musk a néanmoins préféré leur parler de ses perspectives plutôt que de revenir sur l’année passée. Le but : acter la transition de la firme « vers un avenir autonome », a ainsi indiqué le milliardaire. « Cette année sera marquée par des dépenses d’investissement très importantes. C’est délibéré, car nous les réalisons pour (nous assurer) un futur épique. […] Cela représente beaucoup de choses. Des investissements majeurs dans les batteries et toute la chaîne d’approvisionnement des batteries. Nous allons également devenir d’importants fabricants de panneaux solaires et nous investissons massivement dans les puces IA. Mais je pense que tout cela est très judicieux sur le plan stratégique », a assuré Elon Musk.

Le directeur financier du groupe a de son côté détaillé qu’elles s’élèveraient à 20 milliards de dollars, contre 8,5 milliards de dollars en 2025. « Nous allons financer six usines, à savoir la station de raffinage, les usines LFP, Cybercab, Semi, une nouvelle méga-usine et l’usine Optimus. En outre, nous allons également investir dans la construction de notre infrastructure informatique dédiée à l’IA, et nous continuerons à investir dans nos usines existantes afin d’augmenter leur capacité. Sans oublier les infrastructures connexes. Nous allons également continuer à développer notre flotte de Robotaxi et d’Optimus », a ainsi énuméré Vaibhav Taneja.

Les Optimus, robots humanoïdes développés par Tesla, semblent résolument se situer en haut de l’agenda du patron du groupe. Elon Musk a en effet expliqué que la production de ses modèles de véhicules S et X allait être arrêtée, normalement définitivement au cours du deuxième trimestre. « Nous allons transformer l’espace de production des modèles S et X dans notre usine de Fremont (en Californie) en une usine Optimus, avec pour objectif à long terme de produire 1 million d’unités par an de robots dans l’espace actuellement occupé », a prévenu Elon Musk. « C’est un peu triste […] mais il est temps de passer à autre chose. Cela fait partie de notre transition globale », a indiqué le dirigeant.

 

Des objectifs chiffrés

 

Cela ne signifie pas que Tesla se détournera de son métier initial. Les ventes de véhicules font, d’ailleurs, partie des conditions attachées aux ambitions de capitalisation boursière du groupe, dans le grand plan de rémunération d’Elon Musk ayant été adopté par ses actionnaires au mois de novembre.

Mais tout comme celles de seuils de ventes de ses Optimus, d’exploitation de ses « robot-taxis », ou bien encore d’abonnement à son logiciel de conduite autonome. À la fin de 2025, la firme en comptait d’ailleurs 1,1 million d’actifs – soit une hausse de 38 % sur un an. « Nous prévoyons que d’ici la fin de l’année, entre un quart et la moitié des États-Unis disposeront de véhicules entièrement autonomes, sous réserve de l’approbation réglementaire. Un facteur important serait l’existence d’une sorte de préemption fédérale pour les véhicules autonomes. En l’absence d’une telle préemption, il faudrait procéder ville par ville ou État par État. Mais même si c’est ville par ville, État par État, nous prévoyons d’être présents dans des milliers de villes et des dizaines de grandes villes d’ici la fin de l’année », a prévu Elon Musk. Le groupe espère aussi obtenir prochainement les autorisations nécessaires en Europe et en Chine.

Pour appuyer les ambitions dans la conduite autonome ou les robots de Tesla, une autre entreprise de la galaxie Musk sera par ailleurs mise à contribution. Le groupe a en effet fait savoir, à l’occasion de sa publication, qu’il avait participé au dernier tour de table de xAI en janvier, à hauteur de 2 milliards de dollars, qui est notamment à l’origine du robot conversationnel controversé Grok. « Grok sera très utile, par exemple, pour maximiser l’efficacité de la gestion d’une grande flotte autonome », a insisté Elon Musk, rappelant que le robot était aujourd’hui déjà utilisé dans les véhicules Tesla.

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