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Fusions, Acquisitions / Elon Musk / space x / xAI / spatial / Intelligence artificielle / Fusion

Fusions, Acquisitions
Elon Musk / space x / xAI / spatial / Intelligence artificielle / Fusion

Fusion de SpaceX et xAI : un schéma pas si étonnant dans la galaxie d’Elon Musk / Plusieurs logiques de mutualisation se lisent

L'absorption, par l’entreprise spatiale d'Elon Musk, de sa start-up d’intelligence artificielle générative  témoigne, de nouveau, de la manière dont l’entrepreneur entend mutualiser les capacités et avantages des différentes entités de son empire. Ici, l’objectif affiché sera de construire un "moteur d’innovation" intégré verticalement, sur Terre et dans l’espace, tout en répondant aux besoins de puissance de calcul que requiert le développement de l’IA. Le tout s’opérant dans un contexte où les deux entreprises ne rencontrent pas les mêmes trajectoires financières et où les rumeurs autour d’une IPO de SpaceX continuent d’enfler.
Elon Musk au Forum économique mondial de Davos. (Photo : Harun Ozalp / ANADOLU / Anadolu via AFP)
Elon Musk au Forum économique mondial de Davos. (Photo : Harun Ozalp / ANADOLU / Anadolu via AFP)

« Mes entreprises, étonnamment à certains égards, tendent vers la convergence », remarquait Elon Musk sur X, en novembre dernier, alors que les actionnaires de Tesla étaient appelés à s’exprimer sur l’investissement de Tesla dans xAI. Un investissement qui a par ailleurs bien été réalisé, à hauteur de 2 milliards de dollars lors de la dernière levée de fonds de la société d’IA générative du milliardaire en janvier dernier. Dans la nuit de lundi à mardi, il a de nouveau joint le geste à la parole en annonçant la fusion de SpaceX, son entreprise spatiale et xAI, sa start-up développant son controversé robot Grok… qui avait elle-même absorbé les activités du réseau social X (anciennement Twitter) l’année dernière, acquis par l’entrepreneur en 2022. L’objectif avait alors été énoncé : permettre à X d’entraîner Grok et combiner les données, modèles, capacités de calcul et canaux de distribution.

Ce schéma d’intrication des différentes entreprises de la galaxie Musk n’en est donc pas à son coup d’essai. SpaceX aurait, par ailleurs, également participé à la dernière levée de fonds de xAI au mois de janvier, aux côtés de Tesla – sur une base de valorisation, alors, de 230 milliards de dollars. En 2016, l’entrepreneur avait aussi utilisé des actions Tesla pour acquérir l’installateur de panneaux solaires SolarCity à prix d’or, ayant été fondé par ses cousins et qu'il détenait en partie, afin de créer un "géant intégré des énergies renouvelables".

Si les détails financiers de la fusion de xAI et SpaceX n’ont pas été dévoilés, la presse américaine cite une valorisation de l’entité élargie à 1 250 milliards de dollars (1 000 milliards de dollars pour SpaceX et 250 milliards de dollars pour xAI). Une opération qui intervient par ailleurs dans un contexte particulier, dans la mesure où l’on prête à SpaceX de fortes intentions de s’introduire en Bourse aux alentours du mois de juin prochain au travers d’une IPO qui pourrait être sans précédent : l’entreprise chercherait à lever 50 milliards de dollars, ce qui en ferait la plus importante de l’histoire.

 

Une voie de mutualisation ?

 

Les deux entreprises n’ont pourtant, vraisemblablement, pas les mêmes trajectoires financières. Différents chiffres sont cités concernant les revenus et les profits annuels de SpaceX, qui avoisineraient les 16 milliards de dollars pour les premiers, portés par le rôle clé de la société en matière de services de lancement de fusées et 8 milliards d’euros pour les seconds. À l’inverse, selon Bloomberg, le créateur de Grok brûlerait 1 milliard de dollars par mois. Le poids des coûts de développement de ses modèles d’IA dépasserait ainsi encore largement les revenus limités de l’entreprise, toujours en pertes. Des activités effectivement coûteuses : en témoignent les levées de fonds titanesques réalisées par les vedettes de l’IA générative outre-Atlantique pour couvrir leurs dépenses – comme xAI, mais aussi ses concurrents Anthropic et OpenAI, qui gardent pour l’heure une longueur d’avance.

D’après SpaceX, cette opération présenterait en tout cas l’intérêt de former le moteur d’innovation « le plus ambitieux et intégré verticalement sur Terre (et dans l’espace), combinant intelligence artificielle, fusées, internet spatial, communications directes avec les appareils mobiles et la première plateforme mondiale d’information en temps réel et de liberté d’expression ». Fidèle à la vision futuriste qu’il porte au sein de chacune de ses sociétés, Elon Musk considère cette opération comme un palier pour se diriger vers « le prochain chapitre » de SpaceX.

Soit de construire, en orbite, des centrales photovoltaïques géantes, qui seraient plus efficaces que sur la Terre, conjuguées à des centres de données d’IA. « Lancer une constellation d’un million de satellites fonctionnant comme des centres de données orbitaux est une première étape pour devenir une civilisation de type II sur l’échelle de Kardashev » - un concept développé par un astronome soviétique, relative à une civilisation capable de capter l’entièreté de l’énergie de l’étoile de son système – a ainsi assuré l’entrepreneur.

 

La rentabilité dans l’espace

 

À plus court terme, l’homme d’affaires pointe simplement la demande mondiale d’électricité pour l’IA qui ne pourra être satisfaite avec des solutions terrestres, sans dégâts environnementaux ou réticences sociales. « Selon mes estimations, d’ici deux à trois ans, la puissance de calcul pour l’IA la plus économique sera disponible dans l’espace. Cette rentabilité permettra aux entreprises innovantes d’accélérer considérablement l’entraînement de leurs modèles d’IA et le traitement des données à des vitesses et à des échelles sans précédent, accélérant ainsi les avancées dans notre compréhension de la physique et l’invention de technologies au service de l’humanité », assure ainsi Elon Musk.

« L’objectif à long terme de cette fusion est de créer une nouvelle méthode économique pour générer de la puissance de calcul IA, la prochaine étape étant de développer une infrastructure suffisante. L’énergie proviendrait du déploiement de satellites pour les centres de données spatiaux, exploitant l’énergie solaire comme carburant pour ses ambitions en matière d’IA », commente de son côté l’analyste phare spécialiste de la Tech chez Wedbush Securities, Dan Ives. Soulignant l’intérêt de créer une plateforme technologique unifiée, et entrevoyant des synergies potentielles entre centres de données, connectivité satellitaire, systèmes énergétiques et robotique, il prophétise par ailleurs un potentiel futur rapprochement entre SpaceX et Tesla.

Lors de la présentation des résultats annuels de Tesla, la semaine passée, Elon Musk n’avait en effet pas caché les ambitions du constructeur automobile en matière d’IA, de robotique et d’accélération vers un futur « autonome », qui seront portées par une large enveloppe d’investissements. « Selon nous, la probabilité que Tesla soit à terme intégrée, sous une forme ou une autre, à SpaceX/xAI augmente. […] Musk souhaite posséder et contrôler une plus grande partie de l’écosystème de l’IA et, étape par étape, le Graal pourrait consister à fusionner SpaceX et Tesla au cours des 12 à 18 prochains mois sous une forme ou une autre afin de créer un lien entre ces deux géants de la technologie disruptive qui cherchent à mener la révolution de l’IA », estime Dan Ives.

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