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La France reste championne des "start-ups nations" en Europe / L'innovation en matière de réglementation est le point faible du continent
La France reste bel et bien une terre d’accueil favorable aux start-ups. L’Europe Start-up Nations Alliance (ESNA, qui réunit un certain nombre d’agences européennes pour l’innovation, l’export ou le développement économique, comme Business France) a publié son rapport annuel, évaluant la manière dont les pays du Vieux continent adoptent et mettent en œuvre des politiques favorables aux jeunes entreprises innovantes : il en est ressorti à fin 2025, et pour la troisième année consécutive, que l’Hexagone remporte la palme en la matière. Avec un score de 95 %, il prend en effet la tête des 22 pays de l’Union européenne passés au crible par l’association, tout en gagnant deux points sur un an. La France devance ainsi l’Espagne (93 %), la Pologne (88 %), Malte (83 %), ou encore l’Allemagne, dont le résultat s’affiche à 69 %. Le taux moyen de réalisation, en Europe, atteint de son côté 70 %, contre 61 % en 2024.
Huit facteurs d’analyse
Dans le détail, ce travail analyse l’avancée des politiques publiques au travers de huit facteurs essentiels à la compétitivité des start-ups européennes. Ils sont organisés comme suit : la rapidité de création d’une entreprise et la facilité d’entrée sur le marché ; l’attraction et la fidélisation des talents ; les options d’achat d’actions ; l’innovation dans la réglementation ; dans les achats ; l’accès au financement ; l’inclusion sociale, la diversité et la protection des valeurs démocratiques ; et enfin les pratiques de numérisation des interactions entre start-ups et autorités.
Et la France a ainsi obtenu un score de 100 % de mise en œuvre dans plusieurs catégories. C’est par exemple le cas de l’accès aux financements, évalué au travers de plusieurs angles. Le premier concerne la faculté d’un État à mobiliser et déployer des financements publics au travers d’intermédiaires appropriés, comme Bpifrance dans l’Hexagone, tout en tirant parti des investissements privés et en injectant des fonds dans des sociétés de capital-risque. Les mesures d’allègement fiscal, destinées aux business angels - comme ce qui peut s’opérer en France au travers du dispositif de Jeune entreprise innovante (JEI) -, sont aussi un critère pris en compte dans ce facteur de financement, afin de soutenir les start-ups en phase d’amorçage.
Un léger obstacle
La France, selon l’ESNA, a aussi entièrement mis en œuvre des politiques publiques favorables aux « stock-options » (autrement appelés bons de souscription de parts de créateur d’entreprise). Le rapport relève ainsi une combinaison louable d’harmonisation en matière de fiscalité, d’une flexibilité juridique concernant les droits de vote et les actionnaires minoritaires, ou encore l’existence d’un dispositif spécifique d’options d’achat d’actions. Enfin, le déploiement des politiques françaises visant l’inclusion sociale, la diversité et le respect des valeurs démocratiques pour les start-ups obtient aussi un score intégral, notamment du fait d’initiatives comme celle du Pacte Parité de la Mission French Tech.
Si la création rapide d’entreprise et leur accès au marché restent pour l’heure le « point faible » tricolore, le score de 88 % qui lui a été attribué a néanmoins bondi de 18 points sur un an, tandis que les autres évaluations de critères restent stables. À deux exceptions près, toutes deux en recul d’un point sur un an : la priorité donnée au numérique (96 %) et l’innovation réglementaire (92 %). C’est d’ailleurs aussi sur ce dernier aspect que le bât blesse à l’échelle européenne, puisque le standard de l’innovation réglementaire obtient le plus mauvais score, à hauteur de 55 %, en dépit d’une progression de 12 points sur un an.
Pas moins de règles, mais des règles adéquates
« La faible mise en œuvre [de ce standard] souligne la nécessité permanente de s’attaquer aux contraintes réglementaires et administratives auxquelles sont confrontées les start-ups dans les pays participants. Les obstacles réglementaires dans l’ensemble de l’UE continuent de freiner la croissance, en particulier pour les jeunes entreprises, en raison de systèmes complexes, coûteux et fragmentés », estime le rapport de l’ESNA, rappelant que sa mise en œuvre complète n’a été atteinte dans aucun pays. Certes, plusieurs progrès restent à souligner, à l’instar des propositions d’exemptions de conformité à certaines réglementations européennes pour les PME, notamment grâce aux multiples paquets de simplification Omnibus, ou encore grâce à certaines avancées nationales relatives à la simplification administrative pour les petites entreprises.
Le but, rappelle le rapport, reste d’engager une transition. Elle permettrait d’aller d’une réglementation statique à une autre, adaptable, qui tirerait les enseignements de l’expérimentation, intégrerait les retours d’expérience et évoluerait en fonction des progrès technologiques. Et de rappeler : « Le rapport Draghi a encore renforcé cette logique politique, en appelant à la mise en place de mécanismes de gouvernance fondés sur des données probantes et itératives qui favorisent la compétitivité grâce à une réglementation plus intelligente plutôt qu’à la déréglementation ».
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