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Chez Vinci, l’équilibre et la constance de la stratégie comme moteurs de création de valeur / La dynamique à l'international ne se dément pas

Le géant de la construction, des concessions et des services à l’énergie s’envole vendredi à la Bourse de Paris après avoir rendu compte de résultats annuels en croissance rentable et signé un nouveau record de cash-flow libre, en dépit d’une fiscalité alourdie. L’activité a tout particulièrement été au beau fixe du côté de ses services à l’énergie et de ses concessions. Deux activités qui, associées à l’intégration des récentes acquisitions, auront aussi soutenu la stratégie internationale que le groupe poursuit depuis plusieurs années.
Vinci (Photo : Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Vinci (Photo : Nikolas Kokovlis / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Le lot de turbulences géopolitiques et macroéconomiques ayant chahuté l’année 2025 n’aura pas mis Vinci à l’épreuve. Le géant de la construction, des concessions et des services à l’énergie est installé en tête du CAC 40 depuis l’ouverture de la séance à la Bourse de Paris, bondissant encore de 8,5 % cet après-midi, à la faveur d’une publication de résultats annuels ayant dépassé les attentes des marchés. Au programme : une croissance de 4 % du chiffre d’affaires, à 74,6 milliards d’euros, et des résultats opérationnels en hausse dans l’ensemble de ses trois métiers. Davantage tiré, toutefois, par les concessions et les services à l’énergie, le résultat opérationnel sur activité total a progressé de 6,2 %, et représente ainsi une marge sur chiffre d’affaires de 12,8 %. « Ce qui compte, pour nous, est la croissance rentable », a résumé Pierre Anjolras, directeur général du groupe, lors de la conférence de présentation des résultats à la presse.

En dépit d’un alourdissement significatif de la fiscalité de Vinci, relatif à la surtaxe d’impôt sur les sociétés, le résultat net s’est hissé à 4,9 milliards d’euros, surpassant légèrement celui de l’année précédente, à hauteur de 0,8 %. À fiscalité constante, il aurait grimpé de 10 %. Le cash-flow libre, qui a atteint un nouveau niveau record de 7 milliards d’euros, a lui aussi été imputé d’un impact négatif de 425 millions d’euros, du fait de la contribution en 2025 sur les bénéfices des grandes entreprises. Il aurait progressé de 9 % en dehors de cet effet. « Cette performance traduit que l’organisation décentralisée et multi-locale de Vinci a de nouveau fait ses preuves », a ainsi indiqué Pierre Anjolras.

 

Une stratégie internationale de long terme

 

L’année 2025 s’est inscrite dans la continuité de la stratégie poursuivie d’internationalisation du groupe, qui enregistre désormais près de 60 % de son chiffre d’affaires en dehors de France. Une dynamique ne signifiant pas que la croissance française de l’entreprise est à l’arrêt, ni qu’il souhaite y réduire son ancrage. Seulement que l’international progresse plus rapidement, a souligné le directeur général du groupe. Plus de la moitié des bénéfices (56 %) proviennent aussi de l’international.

Cette dynamique a été tirée par l’intégration des récentes acquisitions, mais aussi par la robustesse de ses activités de services à l’énergie et de concessions. Du côté de la première, dont les revenus ont bondi de 8 % (à 30 milliards d’euros) et la marge opérationnelle de 20 points de base, à 7,6 %, près des trois quarts de l’activité ont été réalisés hors de France. Installée sur des marchés prometteurs, comme l’électrification des usages, la défense ou le développement de l’IA et des data centers, l’activité a profité à plein de l’ensemble de ses moteurs. Chez Vinci Energies, « nous poursuivons notre moisson de croissance externe, avec une acquisition signée en moyenne toutes les deux semaines », a précisé Pierre Anjolras. Outre cet impact, les activités ont aussi été florissantes en Allemagne et au Benelux. Le segment Cobras IS continue quant à lui de bénéficier de la montée en puissance de chantiers stratégiques pour la transition et la souveraineté énergétique, à l’instar du démarrage d’un grand contrat de transmission électrique en Australie, dans le cadre d’un partenariat public-privé de 35 ans.

 

Des concessions au beau fixe

 

Du côté des concessions, la tendance est alignée. Le chiffre d’affaires, à 12 milliards d’euros, et l’Ebitda de 8 milliards d’euros (soit 60 % de celui du groupe) s’affichent en progression. « Nous sommes le premier gestionnaire privé d’aéroports dans le monde, mais aussi le premier opérateur autoroutier désormais, avec 8 200 kilomètres de réseaux », s’est félicité Pierre Anjolras. L’activité a été portée par des trafics solides chez Vinci Airports, Vinci Autoroutes et Vinci Highways, et a aussi profité de l’intégration réussie des derniers développements. Ils concernent par exemple les récentes acquisitions de l’aéroport d’Edimbourg ou de celui de Budapest. « Cela témoigne de notre discipline de croissance externe, et de la dynamique que nous impulsons aux plateformes qui rejoignent notre réseau », a précisé Pierre Anjolras.

Malgré la taxe sur les infrastructures de transports de longue distance, que le groupe continue de contester en justice devant les autorités compétentes, l’Ebitda de Vinci Autoroutes n’a en tout cas pas marqué le pas. Le dialogue avec l’Etat reste constructif, a précisé Pierre Anjolras, comme a pu l’attester, l’année dernière, l’approbation du programme de travaux d’entretien et de renouvellement d’Escota, visant à assurer le bon état des ouvrages à l’issue du contrat de cette concession (en 2032). Un plan additionnel d’investissements, concernant cette fois Cofiroute, a aussi été signé en janvier au travers d’un avenant au contrat de concession. Il intègre la compensation de la hausse de la taxe d’aménagement du territoire de loi de finances de 2020. Des hausses tarifaires spécifiques permettront de le financer.

 

Rester sélectif pour protéger les marges

 

Reste enfin sa branche construction, il est vrai, ayant été moins dynamique que les autres, dans un contexte de marché changeant en fonction des régions d’activité. Son chiffre d’affaires a progressé d’1 %, à 33 milliards d’euros. Son taux de marge s'est amélioré à plus de 4 %, reflet de la sélectivité dont le groupe fait preuve dans ses choix de contrats, a indiqué le directeur général. Une ligne de conduite dont le groupe ne compte dévier pour l’année à venir.

Tenant compte des évolutions enregistrées l’an passé, incluant notamment la signature d’un certain nombre d’accords avec les autorités compétentes dans les infrastructures de mobilité – un gage de visibilité et de perspectives de croissance – et à fiscalité inchangée, Vinci prévoit ainsi une progression de son chiffre d’affaires, de ses résultats opérationnels et de son résultat net, part du groupe, pour l’année à venir. Le cash-flow libre, pourrait de son côté atteindre 6 milliards d’euros. Et afin d’optimiser ses retours sur investissements, le groupe ne s’interdira pas de procéder à des augmentations de participations dans certains actifs, ou à des cessions dans certains cas. « Notre capacité à créer de la valeur dans la durée repose sur une culture du temps long et de la recherche de la performance globale – financière comme extra-financière - qui se nourrissent l’une de l’autre. […] Cette culture nous caractérise dans tous nos métiers, et tous nos actifs », a assuré Pierre Anjolras.

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