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Entreprises / Actions / Apave / Philippe Maillard

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Apave / Philippe Maillard

exclusif Comment Apave compte (encore) amplifier sa trajectoire d’ici à 2030 / Les 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires sont visés

EXCLUSIF. Fort d’une internationalisation poursuivie, d’une trajectoire de croissance dynamique et d’une rentabilité soignée, le groupe d’inspection et de certification, spécialiste de la maîtrise des risques, dévoile son nouveau plan stratégique à l’horizon 2030. Il prévoit de capitaliser sur les acquis de sa feuille de route précédente et sur ses expertises historiques, tout en poursuivant une stratégie de croissance externe active et en accélérant sur des terrains porteurs, où il est déjà bien positionné. Philippe Maillard, son directeur général, en détaille les lignes directrices à WanSquare.
Philippe Maillard, directeur général d'Apave. Droits réservés
Philippe Maillard, directeur général d'Apave. Droits réservés

Apave est prêt à passer à la vitesse supérieure. Le groupe français d’inspection et de certification, spécialiste de la maîtrise des risques, dévoile ce mercredi son nouveau plan stratégique à l’horizon 2030, « Amplify 2030 ». « Les cinq dernières années, qui nous ont permis d’exécuter notre feuille de route précédente, nous ont fait changer de dimension. Le développement de nos activités, en termes de croissance organique, a été exemplaire. Et les près de 30 acquisitions auxquelles nous avons procédé sur la période nous ont permis de nous internationaliser. Notre chiffre d’affaires a doublé sur la période et celui réalisé hors de France a été multiplié par quatre », détaille Philippe Maillard, directeur général d’Apave, auprès de WanSquare.

Pas de raison, donc, de changer une recette gagnante : ce nouveau plan, comme l’indique son titre, entend amplifier plus encore cette trajectoire. Ainsi, d’ici à la fin de l’année 2030, l’entreprise vise un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros, traduisant une croissance organique moyenne de 6,5 % par an (un rythme corrigé des effets de l’inflation des années 2022-2023). La stratégie volontariste de croissance externe sera, quant à elle, bien poursuivie. Le tout ne s’opérera pas au détriment de la rentabilité, puisque la progression de la marge opérationnelle est de son côté attendue à plus de trois points (grâce à une palette d’actions allant des politiques de prix et d’achat, à une meilleure gestion de la planification des interventions).

Des objectifs en rapport avec les performances enregistrées jusqu’ici, ayant été validés par le conseil d’administration du groupe, lui qui a ouvert son capital à PAI Partners en 2021 - son premier actionnaire restant l’association Gapave. De fait, à fin 2025, le chiffre d’affaires de l’entreprise a atteint près d’1,9 milliard d’euros, grâce à une croissance organique annuelle moyenne de 7 %, tandis que sa marge opérationnelle s’est appréciée de plus de quatre points.

 

De nouvelles priorités

 

Alors que la société réalisait 80 % de ses revenus dans l’Hexagone en 2020, lors de l’arrivée de Philippe Maillard à sa tête, le rapport est désormais nettement plus équilibré : 55 % en France et le reste à l’international. « Cette trajectoire était nécessaire pour répondre aux enjeux de certains de nos clients, qui ont besoin d’être accompagnés dans leurs propres activités internationales. Deuxièmement, cela s’est opéré dans une logique d’équilibrage notre portefeuille, en allant nous étendre dans des régions du monde où la croissance est plus dynamique, comme le Moyen-Orient et l’Amérique du Nord », explique l’ancien numéro deux de Suez.

En termes d’opérations emblématiques, le groupe a notamment procédé au rachat du numéro trois de son secteur en Espagne, juste avant la finalisation de son dernier plan stratégique en 2020. Surtout, il a réalisé sa plus grande acquisition en 2024, en mettant la main sur IRISNDT désormais nommée Apave North America, qui opère aux États-Unis, au Canada, mais aussi au Royaume-Uni et en Australie. L’entité pèse aujourd’hui à hauteur de 15 % dans le chiffre d’affaires du groupe et lui aura permis de s’offrir une place de choix sur le continent nord-américain. L’ensemble des 29 acquisitions opérées par Apave, au cours de son dernier plan stratégique, a contribué à hauteur d’un tiers à sa croissance totale. Elles ont été réalisées à 60 % hors de France.

Pour les années à venir, l’enveloppe dédiée devrait représenter plusieurs centaines de millions d’euros. « Nous sommes capables de le faire en restant dans des ratios d’endettement tout à fait maîtrisés », souligne Philippe Maillard. « Nous sommes déjà présents dans 60 pays, il s’agira désormais moins d’aller chercher de nouvelles implantations. La logique d’Amplify répond plutôt à un objectif de densification de nos activités pour renforcer leur caractère multiple – soit d’être capables de faire de l’inspection et de la certification, de la formation professionnelle, technique… Les passerelles pour nos clients entre ces différents métiers sont un levier de croissance », poursuit le directeur général d’Apave. Les investissements seront ciblés, en priorité en Europe, Amérique du Nord, Asie Pacifique et au Moyen-Orient.

 

Un positionnement historique, mais sur des secteurs d’avenir

 

Cette croissance, l’entreprise l’accompagne de 2 000 à 3 000 recrutements par année. Elle en compte à date quelque 18 500 d’entre eux dans le monde et prévoit aussi de faire de la poursuite de l’augmentation de leur engagement l’un des piliers de son plan stratégique. Apave a d’ailleurs nouvellement installé, lors de sa dernière feuille de route, un programme d’actionnariat salarié en France, auquel plus de 70 % des collaborateurs ont souscrit. « Notre première richesse, ce sont nos inspecteurs, contrôleurs et ingénieurs qui accompagnent nos clients et leur font profiter de leur expertise et leur savoir-faire », indique Philippe Maillard.

Pour assurer la trajectoire visée, Apave pourra profiter de son positionnement sur des marchés porteurs, tant auprès des grands comptes que des PME et ETI, également répartis au sein de sa clientèle. À l’aube de ses 160 ans (ils seront fêtés en 2027), l’entreprise a toujours été particulièrement présente dans l’industrie. Un terrain de jeu à forts enjeux, en pleine évolution et développement, notamment dans les infrastructures, les énergies nucléaires et renouvelables, le transport ou la défense, et la construction. Des secteurs où le groupe compte donc bien accélérer pour les années à venir, historique de réalisations à l’appui.

En témoigne notamment sa présence sur le chantier de l’EPR2 de Penly, celle dont il a fait preuve sur celui de Flamanville, sur la rénovation de Notre-Dame de Paris, ou encore sur celui de l’ITER, dans les Bouches-du-Rhône. Il s’agit, pour mémoire, d’un projet d’opérations internationales visant à répliquer la fusion solaire. « Nos anciens étaient sur la Tour Eiffel », retrace Philippe Maillard. « Il y a aussi tous les petits projets dont le grand public ignore les noms. Nous sommes dans une société où les besoins d’assurance et de confiance sont clés et en croissance soutenue. Notre marché est porteur, la tendance est mondiale : le besoin de faire appel à des tierces parties indépendantes qui répondent à ces besoins sur les bâtiments dans lesquels nous vivons, sur les produits que nous utilisons, les équipements et les machines qui servent dans nos usines, est majeur. Nous sommes réputés pour notre expertise technique, à nous de continuer d’être pertinents, de capitaliser dessus et de la faire croître pour accompagner nos clients », estime le patron du groupe.

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