Macro-économie / Taux
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Les services au secours des économies les plus pauvres / Les gains de productivité laissent à désirer
Une fausse bonne nouvelle ? Les services sont désormais une source majeure de croissance et d’emplois dans les pays les moins avancés (PMA). Dans un rapport, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) constate que « cette croissance reste concentrée dans des activités à faible productivité qui soutiennent les moyens de subsistance sans générer une prospérité à grande échelle ».
En 2024, malgré le rôle toujours plus important du secteur, la croissance moyenne du revenu par habitant dans les pays les moins avancés est restée faible. L’explication tient en grande partie à la nature des emplois créés : « l’emploi demeure dominé par le commerce informel, les services personnels et les activités de subsistance », tandis que « les services à plus forte productivité, susceptibles de soutenir l’industrialisation et la compétitivité, restent sous-développés ».
La Cnuced souligne que « la productivité du travail dans le pays le moins avancé moyen est 11 fois inférieure à celle de l’économie développée médiane ». Or, « les services ont le potentiel d’accroître la productivité globale et d’agir comme un vecteur de diffusion technologique à travers l’économie, via des liens avec l’industrie et l’agriculture, ainsi qu’entre différents sous-secteurs de services ».
L’analyse internationale montre que, historiquement, « l’industrialisation a été le moteur de la transformation structurelle » grâce à l’expansion des secteurs à forte valeur ajoutée, la diversification économique et des revenus plus élevés. Mais aujourd’hui, l’industrialisation est confrontée à des obstacles majeurs : coûts croissants, automatisation et concurrence internationale, qui « rendent l’industrialisation de plus en plus difficile pour les pays retardataires, y compris les PMA ».
Dans ce contexte, les services apparaissent comme « l’alternative réaliste pour les pays en retard afin de parvenir à leurs objectifs de développement ». Les services modernes, en particulier ceux liés au numérique, « permettent aux pays en développement de se connecter aux chaînes de valeur mondiales et de réaliser une nouvelle forme de transformation structurelle », tout en offrant des gains de productivité par l’adoption rapide des technologies.
Problème : les services numériques des PMA ne représentent que 0,16 % des exportations mondiales de ces services, leur part la plus faible depuis le début des statistiques. Les obstacles restent « les lacunes persistantes en matière de compétences, de connectivité et de capacités technologiques ». Dans les PMA, les femmes ont 42 % moins de chances que les hommes d’utiliser l’internet mobile et les populations rurales ont 50 % moins de chances que les populations urbaines.
« Des initiatives ciblées montrent ce qu’il est possible de faire. Le programme des ambassadeurs numériques du Rwanda a formé plus de 5 000 jeunes à la diffusion de la culture numérique dans les communautés rurales, tandis que le hub du Malawi soutient des entreprises rurales dirigées par des femmes », illustre le rapport.
Aussi, la Cnuced explique que réduire la fracture numérique, renforcer les capacités et soutenir activement les exportateurs de services – en particulier les petites et moyennes entreprises – sont autant de choses nécessaires pour permettre aux PMA de concurrencer dans les services modernes et de « transformer la croissance économique en développement à large assise ».
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