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Tikehau Capital met à jour son ambition pour 2029 / Les ingrédients de sa nouvelle recette secrète

Après une année 2025 marquée par une nouvelle collecte nette record et des investissements massifs en private equity et dette privée, la société de gestion en a profité pour dévoiler une mise à jour de sa feuille de route ambitieuse jusqu’en 2029. Pour atteindre ses objectifs - plus de 34 milliards d’euros de collecte nette cumulée et une marge Core FRE pouvant atteindre 55 % - Tikehau Capital mise notamment sur une allocation plus stratégique et sélective de ses ressources, son réseau à l’international et des investissements plus importants à plus forte valeur ajoutée.
Mathieu Chabran et Antoine Flamarion (©Franck Ferville)
Mathieu Chabran et Antoine Flamarion (©Franck Ferville)

À l’occasion de la présentation de ses performances annuelles, Tikehau Capital n’a pas seulement déroulé ses chiffres. Le groupe cofondé par Antoine Flamarion et Mathieu Chabran a surtout esquissé un nouveau chapitre de son histoire, longue déjà de 22 ans. Une étape charnière, promettent ses dirigeants, placée sous le signe de « l’accélération, de la profitabilité et de la création de valeur ». Car, à les entendre, le groupe peut - et doit - faire mieux encore.

 

Une nouvelle année de collecte record

 

Les chiffres donnent le ton. Pour 2025, Tikehau Capital affiche 52,8 milliards d’euros d’encours d’actifs sous gestion et une collecte nette de 8 milliards d’euros, dont 80 % proviennent d’investisseurs internationaux, contre 66 % un an plus tôt. Une internationalisation croissante, tirée par une dynamique solide aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne, aux Émirats arabes unis, au Japon, en Corée du Sud et en Israël.

La collecte brute atteint 10,5 milliards d’euros - un seuil symbolique, franchi pour la première fois au-delà des 10 milliards. Sur le terrain des investissements, les fonds gérés par le groupe ont déployé 7,6 milliards d’euros, en hausse de 35 % sur un an, principalement en dette privée.

L’année a été marquée par un millésime record en private equity, notamment dans l’aérospatial et la défense, la cybersécurité et la décarbonation. Cinq cessions ont été réalisées à un multiple brut moyen de 2,6 fois. Au total, 4 milliards d’euros d’actifs ont été cédés (+ 89 %), dont 66 % en crédit, soit le double du niveau de 2024. Ces désinvestissements se sont traduits par 4,1 milliards d’euros de distributions aux clients.

À fin décembre, le groupe disposait par ailleurs de 7,6 milliards d’euros de « poudre sèche », autant de capitaux disponibles pour de futurs investissements.

Son cœur de métier, la gestion d’actifs, a progressé de 8 % sur un an. Le résultat opérationnel a grimpé de 18 %, à 150 millions d’euros, contre 126 millions en 2024, portant la marge à 39 % (contre 36 % l’année précédente). Le Core Fee-Related Earnings (FRE) a atteint 148 millions d’euros, en hausse de 12 % sur douze mois, avec une marge excédant 40 %, là encore une première pour Tikehau Capital.

Au global, le bénéfice net part du groupe s’établit à 136 millions d’euros, en recul de 12 % sur un an. Mais, hors effets de change, il afficherait une croissance de 51 % sur douze mois.

 

Une nouvelle feuille de route pour 2029

 

Des fondations que la direction juge suffisamment solides pour accélérer encore la génération de profitabilité de sa plateforme de gestion. Le groupe vise désormais une collecte nette cumulée supérieure à 34 milliards d’euros sur la période 2026-2029, soit 22 % de plus que les 28 milliards d’euros collectés entre 2022 et 2025. Il ambitionne également une marge de Core FRE comprise entre 45 % et 55 % d’ici 2029 (contre 41 % l’an dernier), tout en continuant à distribuer plus de 80 % du résultat opérationnel de son activité de gestion d’actifs à ses actionnaires.

Pour y parvenir, Tikehau Capital entend entrer dans une nouvelle phase d’allocation plus stratégique et plus sélective, avec une priorité donnée à l’effet accélérateur de croissance et à la rotation du capital. Il s’agit d’augmenter la taille de sa plateforme en élargissant le réseau de distribution à l’échelle mondiale et en réalisant des investissements plus importants capables de délivrer une forte performance ; d’accélérer la génération de revenus en renforçant le mix d’activités ; et d’allouer les ressources de manière plus stratégique en rationalisant l’offre et en lançant de nouveaux fonds de façon plus sélective.

« Avec nos deux moteurs de croissance distincts et complémentaires, nous sommes stratégiquement positionnés pour saisir les opportunités à venir : premièrement, nous avons unifié l’ensemble de nos activités de gestion d’actifs au sein d’une plateforme intégrée, ce qui nous permet de tirer pleinement parti de l’effet de levier de la plateforme, d’accroître son efficacité et d’accélérer la création de valeur ; deuxièmement, notre importante activité d’investissement pour compte propre constitue un moteur puissant, soutenant notre expansion et nos partenariats stratégiques. Ensemble, ces deux moteurs offrent une réelle optionalité et renforcent la pertinence de notre modèle, nous permettant de saisir pleinement les opportunités de croissance à long terme », résument les deux co-fondateurs.

 

Un nouveau jalon dès 2026

 

Tikehau Capital se fixe un objectif d’« au moins » 60 milliards d’euros d’encours dès 2026, soit une croissance de 14 % par rapport à 2025 et 3 % de plus que les attentes du marché. Le groupe table également sur un FRE compris entre 175 et 225 millions d’euros, soit une hausse de 37 % à 76 % sur un an et environ 20 % à 50 % au-dessus des attentes du marché ; sur un résultat net part du groupe compris entre 420 et 520 millions d’euros, soit environ 50 % à 80 % au-dessus des anticipations ; ainsi que sur un rendement sur fonds propres compris entre 13 % et 16 %, contre 8 % attendu par le marché.

Le cap sectoriel, lui, ne change pas : défense, aérospatiale et transition énergétique restent prioritaires, dans l’optique de faire émerger des champions européens. « Nous sommes convaincus que notre trajectoire générera non seulement de la valeur, mais aussi des retours plus importants pour nos actionnaires », ont déclaré Antoine Flamarion et Mathieu Chabran, se disant idéalement positionnés pour profiter d’une « vague d’investissements pluriannuelle - estimée à 130 000 milliards de dollars entre 2022 et 2027 - portée par la résilience et la transformation », créant « de vastes opportunités sur les segments actions, crédit et situations spéciales ». Et d’ajouter : « L’Europe, soutenue par des politiques favorables, des valorisations plus attractives et un levier moyen inférieur à celui des États-Unis, offre des points d’entrée attractifs dans un contexte de dispersion croissante ».

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