WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Start-up

Start-up

Electra franchit un nouveau palier dans sa stratégie d’électrification des usages professionnels / Un partenariat avec Uber qui appuie ce vecteur de croissance capital

La pépite française de la recharge électrique ultra-rapide est la seule entreprise tricolore à avoir été choisie par le géant américain pour entamer une collaboration. Le but : électrifier les chauffeurs, accélérer la construction de stations à court terme, tout en profitant d’une offre pensée et peaufinée pour les professionnels. Un segment sur lequel Electra compte activement poursuivre son développement et représentant une manne opportune pour massifier l’adoption des mobilités électriques. Le plan d’action de la scale-up, sur les deux prochaines années, est d’ailleurs bien établi, tandis que la rentabilité opérationnelle est attendue pour 2026.
Voiture électrique en recharge sur une borne de recharge rapide Electra sur un parking d'un centre commercial. (Photo de Mathieu Thomasset/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP)
Voiture électrique en recharge sur une borne de recharge rapide Electra sur un parking d'un centre commercial. (Photo de Mathieu Thomasset/Hans Lucas/Hans Lucas via AFP)

Une palette complète. Après G7 ou Bolt, Electra fait désormais affaire avec Uber. La pépite française de la recharge électrique ultra-rapide vient d’annoncer un partenariat avec le géant américain du VTC. Ce dernier a en effet entamé une collaboration avec cinq opérateurs de recharge électrique en Europe et en Amérique du Nord, enveloppe totale de 84 millions d’euros à l’appui. Et Electra a ainsi été désigné comme le seul Français de ce groupe, ainsi que comme celui de lancement dans l’Hexagone - dans la région parisienne - et en Espagne, à Madrid. « Uber a la volonté d’électrifier rapidement ses chauffeurs, pour plusieurs raisons. Il y a celle des émissions de CO2 et de santé publique, évidemment. Mais économiquement, également, l’électrique est bien plus avantageux pour les chauffeurs par rapport aux véhicules thermiques. Ils peuvent gagner entre 300 et 450 euros par mois, grâce aux économies faites sur l’essence », explique Aurélien de Meaux à WanSquare, co-fondateur et dirigeant de la scale-up.

Grâce à cet investissement, Uber prévoit ainsi d’accélérer la construction des stations de recharge des opérateurs choisis. Il s’agira d’une centaine de points de charge pour la société française dans les deux pays. Le rythme de développement d’Electra s’opère au gré des évolutions du taux de pénétration des véhicules électriques, explique Aurélien de Meaux. Les stations, qui seront appuyées par le financement d’Uber, auraient pu être construites dans les deux à trois prochaines années, plutôt que dans l’immédiat. « Il s’agit finalement de garantir des revenus et un flux de clients sur les premières années de vie d’une nouvelle station », précise le dirigeant d’Electra. Comme sur les partenariats de ce type précédemment noués, Electra apporte de son côté le gage d’un réseau dense et maillé (90 stations ultra-rapides en région parisienne, par exemple), permettant aux chauffeurs d’être assurés de pouvoir recharger leurs véhicules à proximité, quelle que soit la destination.

Deuxième avantage : des tarifs remisés en fonction des volumes dépensés sur la plateforme d’Electra. Ensuite, de la simplicité, avec de la facturation mensuelle grâce à la consolidation des consommations, ou encore des outils de suivi de ces dernières. « C’est notre travail que de traiter le sujet de la complexité opérationnelle. Nous sommes un opérateur d’infrastructures, mais nous avons aussi 70 développeurs qui travaillent en interne sur toutes les briques logicielles. Ce sont deux volets essentiels à notre activité et c’est un vrai différenciateur », détaille Aurélien de Meaux, dont l’entreprise a par exemple développé une plateforme spécialement dédiée aux gestionnaires de flottes d’entreprises, "Electra Business". « La quatrième chose, qui est la plus importante, c’est la fiabilité et la qualité pour l’utilisateur final : qu’en 15 minutes, il puisse se charger pour avoir 400 kilomètres d’autonomie, sans que cela ne perturbe sa journée de travail », ajoute l’entrepreneur.

 

Pourquoi cette manne est appelée à croître

 

Des atouts qu’Electra prévoit de mettre d’autant plus en avant à l’avenir, dans la mesure où les partenariats B2BC de ce type et les flottes d’entreprises font partie des axes prioritaires de sa stratégie pour les années 2026 et 2027. Et pour cause : ils représentent un vecteur capital de l’adoption de la mobilité électrique à grande échelle. Aurélien de Meaux le souligne en effet : il y a quelques années, seuls les responsables ESG s’intéressaient à la question des véhicules électriques, dans une visée de décarbonation de leur entreprise. « Aujourd’hui, nous avons en face de nous des responsables des achats ou des directeurs financiers, car il s’agit d’une question de calcul. Le coût total de propriété d’un véhicule électrique est bien plus avantageux que celui du thermique ou de l’hybride », rappelle-t-il.

Et l’entreprise observe bien que le tempo de la demande s’accélère, avec plusieurs nouvelles signatures de contrats par semaine. De Bolt à Uber, en passant par Colissimo, DHL, Sixt, de grands comptes français ou des artisans et TPE, Electra gère à date plus d’une centaine de flottes professionnelles. « Les flottes sont en train d’accélérer nettement leur électrification et notre réseau, dense en zone urbaine, correspond à cette demande », indique Aurélien de Meaux. « En 2025, environ 25 % des recharges sur nos stations étaient du fait de professionnels. Nous nous attendons, pour 2026, à ce que cette part grimpe à 30 % ou 33 %. La part B2C grandit, mais le B2B grimpe encore plus vite, pour les raisons environnementales et économiques évoquées, mais aussi car les flottes renouvellent leurs véhicules tous les trois ans en moyenne. La transition vers l’électrique s’opère donc plus rapidement », poursuit le patron d’Electra.

La ligne de conduite adoptée pour les professionnels vaut aussi pour les consommateurs individuels. Afin de franchir un nouveau cap dans l’intégration de la recharge dans les usages quotidiens, Electra prévoit donc d’intégrer progressivement de nouveaux services sur son application, comme la gestion de la disponibilité, la planification, l’autocharge ou d’autres canaux de simplification appuyés par sa plateforme technologique. Tout ceci sera évidemment doublé d’avancées du côté des infrastructures.

 

Le plan pour les deux années à venir

 

Désormais présente dans 10 pays européens, l’année 2025 aura permis à la scale-up d’ouvrir plus de 240 stations sur le continent, portant son réseau à 644 d’entre elles. Elle est devenue, par la même occasion, leader en Belgique, et s’est installée sur le podium en France. Mais désormais, il s’agira de passer à la vitesse supérieure au cours des deux prochaines années, afin de préparer son réseau à une montée en cadence rapide des usages, dans un contexte où de nouveaux modèles plus accessibles de véhicules électriques arrivent sur le marché, dotés d’une autonomie plus robuste et d’une capacité à se charger davantage rapidement.

En ayant en ligne de mire de privilégier de plus grandes stations, plus puissantes mais aussi plus évolutives, Electra misera sur la densification des zones déjà actives, le déploiement ciblé dans de nouveaux pays, ou encore des acquisitions si nécessaire. « Nous anticipons un mouvement de consolidation et avons vocation à en être acteurs. Un certain nombre d’entreprises, dont nous faisons partie, ont débuté il y a quelques années. Et nous entrons dans une phase de polarisation. Il est nécessaire d’être bien financé et d’avoir un effet d’échelle. Au regard des investissements que nous avons à entreprendre, il n’est pas possible de les amortir avec un réseau d’une centaine de stations », prévient Aurélien de Meaux. L’entreprise surveille tout particulièrement les dossiers dans la zone Allemagne, Suisse ou Autriche, et n’exclut pas d’éventuelles opportunités françaises, qui permettaient de densifier le réseau existant.

Electra, qui a levé 1 milliard d’euros depuis sa fondation (600 millions d’euros en equity et quelque 400 millions d’euros de dette) entend, à titre d’exemple, investir un peu plus de 200 millions d’euros en 2026 en Capex, dans ses infrastructures et le déploiement de stations. D’ici à 2027, l’entreprise prévoit d’en compter plus de 1 300. L’entreprise a réalisé environ 150 millions d’euros de chiffre d’affaires l’an passé et prévoit d’avoir atteint la rentabilité opérationnelle en 2026. Au terme des deux prochaines années, l’objectif sera d’être installé dans le « top 3 » des acteurs européens de la recharge, en termes d’énergie délivrée. Et en dépit des récentes actualités réglementaires européennes ayant pu créer des incertitudes autour des ambitions du Vieux continent sur cette trajectoire, l’entreprise garde bien le cap. « Cela brouille le message, mais le fait est que la transition électrique est en marche et qu’elle entre désormais dans sa phase de massification. Le plus dur a été fait. Rien qu’en France, 170 000 bornes de recharge sont désormais ouvertes au public, dont 20 000 ultra-rapides. Des véhicules moins coûteux et plus performants commencent à affluer, il y a une forme d’alignement des planètes. L’électrification est une chance pour la France, en termes de souveraineté énergétique et de balance commerciale, mais elle incarne aussi un vrai sujet de pouvoir d’achat. Et l’un des leviers le plus puissants et rapides pour l’accélérer, reste la voiture électrique », assure Aurélien de Meaux.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article