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Stellantis face à 2025 / Une année de transition lourde qui se solde par une perte nette attendue
Comme attendu, Stellantis termine 2025 dans le rouge. Quelques semaines après avoir annoncé un grand « reset » stratégique ayant entraîné des charges exceptionnelles de 22,2 milliards d’euros pour le second semestre (elles montent à 25,4 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année), le constructeur automobile a annoncé, en conséquence, avoir signé une lourde perte nette de 22,3 milliards d’euros l’année dernière. Une première, à mettre en comparaison avec le bénéfice net de 5,5 milliards d’euros enregistré en 2024, qui avait alors fondu de 70 %.
Les prémices de ces résultats avaient déjà été dévoilées à la communauté financière lors de l’annonce du « reset ». Elle s’était soldée par la chute de son cours dans la foulée, ceci alors qu’il s’est déjà érodé de près de 50 % sur un an. Mais ce jeudi, les investisseurs étaient davantage préparés. Et ne semblent donc pas s’étonner de la teneur de cette publication, puisque le titre de Stellantis ne réagit pas excessivement en ce début de matinée, en baisse d’environ 1 %. « Nos résultats pour l’année 2025 reflètent le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique et l’impérieuse nécessité d’entreprendre un « reset » pour replacer au cœur de notre activité la liberté de choix de nos clients au sein d’une gamme complète d’électriques, hybrides et moteurs thermiques », a en tout cas justifié le directeur général de Stellantis, Antonio Filosa, nommé à ce poste à la fin du mois de mai, à l’occasion de l’annonce.
Changement d’ère
Cette réinitialisation concerne, pour mémoire, un net changement de cap du groupe quant à la stratégie qui avait jusqu’ici été mise en place, sous l’égide de Carlos Tavares, ayant été évincé de la direction du groupe en décembre 2024. Les véhicules électriques figuraient au cœur de sa feuille de route. Les temps ont changé. « En 2026, nous continuerons sans relâche à combler les lacunes du passé en matière d’exécution, afin de soutenir durablement notre trajectoire de croissance rentable », a indiqué Antonio Filosa.
D’un côté, le groupe estime en effet que la demande des clients ne suit pas. De l’autre, l’environnement réglementaire évolue. Tout particulièrement aux États-Unis, où l’administration Trump a coupé un crédit d’impôts permettant d’acquérir de tels véhicules, ou a nettement assoupli les exigences en matière d’émissions de CO2 pour les véhicules. L’Europe, bien que moins drastique, veut aussi corriger la trajectoire électrique qui avait été imposée aux constructeurs à l’horizon 2035, dans un contexte de lourdes difficultés pour l’industrie européenne.
Partant, ces 22,2 milliards d’euros de charges (dont 6,5 milliards d’euros de sorties de cash qui devraient être effectuées sur les quatre prochaines années) comprennent la réinitialisation du plan de produits et de la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, la couverture d’un changement dans le processus d’estimation des provisions pour garanties contractuelles et, enfin, l’assurance d’autres charges, principalement liées aux réductions d’effectifs annoncées précédemment en Europe.
Le reste suit
À cette perte nette de 22,3 milliards d’euros (qui privera les actionnaires de dividendes) s’ajoute une série d’indicateurs eux aussi installés en territoire négatif. Le free cash-flow industriel est de – 4,5 milliards d’euros, tandis que la perte opérationnelle courante, de 842 millions d’euros, a entraîné avec elle la marge. Si l’exercice 2024 avait déjà marqué une rupture sur ce plan avec une marge de 5,5 %, puisque le groupe avait habitué les investisseurs à en signer une à deux chiffres, elle s’est enfoncée en 2025 à – 0,5 %.
Le seul indicateur à avoir plus ou moins résisté est celui du chiffre d’affaires. Stellantis a enregistré 153,5 milliards d’euros de revenus nets en 2025. La baisse de 2 % sur un an est principalement imputable à l’évolution défavorable des taux de change et la baisse des prix nets au premier semestre, précise le groupe. Et le directeur général de Stellantis d’insister sur la progression observée au fil de la deuxième moitié de 2025. « Au cours du second semestre de l’année, nous avons commencé à voir les premiers signes positifs de progrès à la suite de nos actions d’amélioration de la qualité, du lancement réussi de notre vague de nouveaux produits à l’origine d’un retour à la croissance du chiffre d’affaires », a ainsi assuré Antonio Filosa.
Sur le front de l’Amérique du Nord
L’Amérique du Nord, dont le redressement a été placé en priorité par le patron de Stellantis, a affiché la plus forte contribution à la hausse des facturations consolidées (+ 11 %) constatée au second semestre, se félicite Stellantis. L’augmentation y a atteint 39 % au titre des six derniers mois de 2025, en glissement annuel. Ceci reflète la dynamique commerciale et la normalisation des stocks, indique le groupe, qui était à l’inverse engagé dans une initiative de réduction de ces derniers à la même période l’an passé, précise-t-il. "La croissance a été généralisée, toutes les régions ayant enregistré une hausse des volumes", ajoute l’entreprise. En tout et pour tout, au second semestre, le chiffre d’affaires net de Stellantis a augmenté de 10 % sur un an.
Reste désormais à voir ce qu’il en sera pour 2026, après une année 2025 s’étant finalement inscrite dans la lignée d’un exercice 2024 déjà empreint de difficultés. Compte tenu de ses indicateurs d’activité et financiers à date, le groupe né de la fusion entre Fiat Chrysler et PSA prévoit une augmentation moyenne à un chiffre de ses revenus, une marge opérationnelle à un chiffre dans la fourchette basse et une progression de la génération du free cash-flow industriel. Une amélioration séquentielle est aussi prévue entre le premier et le second semestre. Le prochain grand rendez-vous de Stellantis avec la communauté financière se tiendra le 21 mai, lorsqu’Antonio Filosa présentera son très attendu plan stratégique, depuis les États-Unis. En attendant, le groupe communiquera désormais ses résultats financiers de manière trimestrielle, plutôt que de publier ses volumes de ventes et son chiffre d’affaires. Et ce à compter du premier trimestre.
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