Macro-économie / Taux
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Des écarts de rémunération entre femmes et hommes qui continuent de reculer / La concentration masculine au sommet des salaires freine la convergence
Le mouvement est lent, mais réel. En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial moyen des femmes est inférieur de 21,8 % à celui des hommes, montre une étude de l’Insee, après 22,2% en 2023. En moyenne, les femmes perçoivent 22 060 euros annuels, contre 28 220 euros pour les hommes.
Cette différence s’explique en partie par un volume de travail plus faible. Comme le souligne l’étude, les femmes sont "à la fois moins souvent en emploi au cours de l’année et davantage à temps partiel". En 2024, leur volume annuel de travail reste inférieur de 9,1 % à celui des hommes.
Mais même à durée équivalente, l’écart persiste : "À temps de travail égal (…) l’écart de salaire en équivalent temps plein (EQTP) entre femmes et hommes atteint 14,0 %", précise l’étude.
Sur un champ légèrement différent, l’écart de salaire net en EQTP s’établit à 13 %. La tendance de fond reste orientée à la baisse. Depuis 1995, les inégalités de revenu salarial ont diminué d’un tiers. L’écart de salaire en EQTP, qui atteignait 22,1 % en 1995, s’est réduit de 8,1 points en près de trente ans, soit "-0,3 point par an en moyenne", selon l’étude.
Entre 2019 et 2023, la décrue a même été plus rapide (0,7 point par an pour le seul salaire en EQTP, 0,9 point pour le revenu salarial). En 2024, le rythme ralentit : "les inégalités de revenu salarial se sont réduites de 0,4 point, soit un rythme plus proche de celui mesuré sur longue période".
L’évolution de la structure de l’emploi contribue à cette amélioration. La part des femmes parmi les cadres du privé est passée de 23 % en 1995 à 38 % en 2024, favorisant mécaniquement la hausse de leur rémunération moyenne.
Les inégalités salariales augmentent nettement au fil de la carrière. Elles ne sont que de 3,2 % chez les moins de 25 ans, mais atteignent 24,1 % chez les salariés de 60 ans ou plus.
Les écarts sont particulièrement marqués chez les cadres (14,8 % en EQTP) et chez les ouvriers, où se cumulent différences de salaire (11,7 %) et de volume de travail (20,0 %).
La taille de l’entreprise joue également : l’écart s’élève à 7,1 % dans les structures de moins de 10 salariés, mais grimpe à 17,0 % dans celles comptant entre 250 et 999 salariés.
Au-delà du temps de travail, l’Insee souligne le rôle central de la "ségrégation professionnelle". Femmes et hommes n’occupent ni les mêmes métiers ni les mêmes secteurs.
Parmi les vingt professions les plus courantes pour chacun des genres, seules cinq leur sont communes. Cette répartition inégale explique l’essentiel des écarts. Lorsque l’on compare "les salaires des femmes et des hommes exerçant le même emploi dans le même établissement", l’écart tombe à 3,6 %. Un chiffre qui ne peut toutefois "pas être interprété au sens strict comme une mesure de la discrimination salariale au sein des entreprises", précise l’étude, certaines caractéristiques individuelles n’étant pas observées.
La fracture est particulièrement visible en haut de l’échelle salariale. Si les femmes représentent 42 % des emplois en EQTP du privé, leur part diminue à mesure que les salaires augmentent. Elles ne constituent plus que 24 % des 1 % des postes les mieux rémunérés.
L’étude souligne d’ailleurs qu’"en excluant du calcul les 1 % de salariés les mieux rémunérés du secteur privé, l’écart se réduit de 13,0 % à 9,3 % en 2024".
Enfin, les écarts s’accroissent fortement avec le nombre d’enfants. En 2022, la différence de salaire net en EQTP est de 5,8 % parmi les salariés sans enfant, mais atteint 28,2 % entre mères et pères de trois enfants ou plus. L’étude rappelle que ces différences proviennent "à la fois de la baisse de salaire observée après la naissance mais aussi des carrières durablement ralenties des mères".
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