Macro-économie / Taux / pétrole / croissance
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Des vents nouveaux ont soufflé sur l’or noir / Les déterminants traditionnels sont relégués au second plan
Un lundi qui restera dans les mémoires. Difficile de rester de marbre face aux fluctuations du cours du Brent ces dernières heures, celui-ci ayant augmenté à 119,50 dollars le baril dans les premières heures avant de dégringoler à 83,66 dollars en fin de journée. Une variation quotidienne supérieure à tous les antécédents disponibles depuis les années 1980, et qui s’explique par des forces tout autres que celles qui dirigent habituellement les cours de l’or noir.
Un avis qui est notamment partagé par Jaison Davis, analyste en recherche économique chez GlobalData, lequel considère que « la rapidité de la hausse des prix montre à quelle vitesse le risque géopolitique peut submerger les fondamentaux traditionnels de l'offre et de la demande ». Il considère que les marchés sont passés d’une situation où ils étaient face à « une perturbation logistique affectant le trafic des pétroliers », avant que l’évolution des événements ne leur fasse comprendre « que les volumes réels d'exportation sont désormais menacés, obligeant les traders à intégrer une prime de risque bien plus élevée ».
Nouveau régime
Un paradigme qui pourrait ne pas durer, au gré des déclarations de Donald Trump, le président américain, lequel est capable en quelques heures de laisser penser qu’une issue prochaine au conflit pourrait être trouvée avant d’indiquer que « nous n’avons pas encore assez gagné ». Accentuant la volatilité et ouvrant la porte à ce que de petites perturbations de la production dans le Golfe puissent « déclencher des mouvements de prix disproportionnés, car la région représente une part disproportionnée du pétrole brut échangé mondialement ». Tout semble donc pouvoir aller très vite dans un sens comme dans l’autre.
Tout particulièrement concernant les flux transitant par le détroit d’Ormuz. Joffrey Ouafqa, directeur des gestions chez Auris Gestion, souligne la complexité de la situation sur place avec des « navires de la flotte fantôme russe tout comme certains armateurs grecs [qui] y circulent encore ». Actuellement, il n’y a donc pas de fermeture au sens physique du terme, mais une « impossibilité pour les navires de se faire assurer à cause du conflit ». Différentes options pour rétablir la circulation existent néanmoins et pourraient être prises par les dirigeants européens et nord-américains.
Pénalisé
Il faut dire que la situation pèse davantage pour certaines économies que pour d’autres, Joffrey Ouafqa rappelant que « chaque augmentation durable de 10 dollars du baril provoque une diminution de la croissance mondiale de 0.12% en année pleine avec des peines différenciées selon les pays en fonction de leur (in)dépendance énergétique ». La zone Euro et les pays émergents d’Asie étant parmi les plus grands perdants avec une baisse de la croissance qui serait dans une fourchette entre 0,20 % et 0,30 %. Là où à l’inverse des économies produisant et exportant du pétrole tireraient leur épingle du jeu, qu’il s’agisse du Canada ou encore du Brésil.
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