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énergie; tensions; Saxo Banque; John Plassard

Macro-économie / Taux / gaz naturel liquéfié / pétrole / Agence internationale de l'énergie

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Des marchés pétroliers moins homogènes qu’il n’y paraît / Les points de tensions ne se voient pas à première vue

Une petite partie des marchés pétroliers est plus sévèrement touchée par le conflit au Moyen-Orient que ne le suggère le niveau actuel des cours ; on y retrouve notamment les produits raffinés. Pendant ce temps, un tampon bien précieux pour limiter les réactions des prix du brut s’estompe progressivement, avec la diminution du pétrole sur l’eau en route vers différentes destinations. Un cocktail induisant une plus grande volatilité des différentes énergies fossiles et expliquant que le cours du baril ait flambé à plus de 110 dollars ces dernières heures. Tandis que le prix du gaz naturel progresse de plus de 20 % ce jeudi, en réaction à de nouvelles turbulences au Moyen-Orient.
Pétrolier. Photo par ELODIE CLEMENT / AFP
Pétrolier. Photo par ELODIE CLEMENT / AFP

Tous ne sont pas logés à la même enseigne. Derrière des prix du pétrole dont le cours est soumis à une forte volatilité se cachent des réalités très différentes selon l’usage final de l’hydrocarbure. Celles-ci ont notamment contribué à propulser le baril nettement au-delà des 100 dollars ces dernières heures, sous l’effet d’un triptyque de facteurs à l’œuvre, selon Ole Hansen, responsable de la stratégie des matières premières chez Saxo Banque : les produits raffinés, les perturbations régionales et le segment court de la courbe des contrats à terme.

Il note qu'un changement majeur s’est opéré ces dernières années dans le golfe Persique. Désormais, ce dernier ne se cantonne plus à être « une plateforme d’exportation de pétrole brut ». Tout au long de la dernière décennie, la région est devenue un centre de raffinage de premier plan, que ce soit concernant le diesel, le kérosène ou d’autres produits raffinés. Les marchés mondiaux en sont désormais privés et essentiellement l’Europe et l’Asie. Le spécialiste des matières premières considère à ce titre que « le goulot d’étranglement s’est déplacé plus en aval de la chaîne de valeur ».

 

Nœud gordien

 

Le cours du pétrole est considéré tel un indicateur imparfait des fortes tensions à l’œuvre, Ole Hansen martelant que « l’essentiel n’est pas tant le niveau des cours du pétrole brut que la manière et la localisation de ces tensions ». D’autant plus que le niveau de celles-ci n’évolue pas de façon linéaire. John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement à la banque Cité Gestion, constate ce matin que « l’escalade géopolitique a franchi un nouveau cap avec des frappes visant les infrastructures de gaz naturel liquéfié au Qatar », faisant grimper les prix du gaz naturel en réaction.

La dynamique de transmission au prix des différentes tensions est également symptomatique de la fragmentation actuelle du marché. Les données témoignent pour l’expert de Saxo Banque d’une situation où « l’accès à un approvisionnement rapide, notamment pour les barils pouvant parvenir rapidement en Asie, justifie une prime, tandis que les barils plus éloignés des zones de tension physique se vendent avec une décote ». Le retour à la normale semble lointain à ses yeux et il n’est pas à exclure qu’à l’avenir l'une des forces baissières soit constituée de la destruction de la demande de pétrole en Europe. Un phénomène loin d’être inédit puisqu’il s’était déjà produit en 2022, à l’occasion déjà des pics du prix du gaz.

 

Sur un fil

 

La moindre tension additionnelle semble donc pouvoir produire des effets considérables sur les cours. La localisation des tensions poussait déjà ces derniers jours les contrats de référence sur le pétrole brut à près de 160 dollars le baril à Oman et à Dubaï. Une situation qui pourrait devenir de plus en plus fréquente, la capacité à amortir une diminution de l’offre étant en train de se réduire de jour en jour. D’une part, les réserves libérées par les membres de l’Agence internationale de l’énergie ne sont pas éternelles, tout en ne pouvant pas être reconstituées à court terme et d’autre part, la marge de manœuvre constituée par les stocks mondiaux de pétrole en transit sur les mers et les océans s’amenuise désormais.

Les conséquences sont lourdes, explique Ole Hansen, celui-ci considérant qu’au fur et à mesure que ces véritables amortisseurs se réduisent, il s’avère que « le marché est de plus en plus exposé à des contraintes d’approvisionnement en temps réel. Cette transition devrait faire pencher le pouvoir de fixation des prix en faveur des barils disponibles immédiatement et accroître la sensibilité à de nouvelles perturbations ». La protection que constitue le niveau record de 1,37 milliard de barils sur l’eau en décembre dernier disparaît effectivement de jour en jour.

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