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Entreprises / Actions

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Les retards de paiement s’enracinent entre les entreprises / Tandis que leur durée s'allonge

Dans un contexte de pressions diverses pour les entreprises, les retards de paiement entre ces dernières vont croissant. Il semblerait ainsi que ce type de comportement soit désormais bien installé, ce qui alimente une tension tout au long de la chaîne économique.
(Photo de MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
(Photo de MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

Le constat est sans appel. L’Association française des credit managers et conseils (AFDCC) vient de publier les résultats de son enquête annuelle sur les comportements de paiement des entreprises, réalisée auprès de 1 000 d’entre elles entre novembre 2025 et février 2026. Un panel majoritairement composé d’ETI et de grands groupes, qui fait ressortir un enseignement clair : les retards de paiement ne sont plus un dysfonctionnement ponctuel, mais un comportement installé, indique l'association.

Les trois quarts des répondants ont en effet indiqué avoir constaté une augmentation des retards de paiement l’année dernière, soit un net bon de 14 points par rapport aux 61 % qui avaient été enregistrés un an plus tôt. Une progression s’accompagnant, par ailleurs, d’une dégradation qualitative. En effet, 35 % des entreprises sont confrontées à des retards supérieurs à 15 jours.

En parallèle, le délai moyen s’écoulant entre l’émission d’une facture client et son encaissement s’allonge, selon 45 % des entreprises. « Dans un environnement marqué par la pression sur les marges et un accès au financement plus sélectif, les entreprises arbitrent en faveur de leur trésorerie. Le paiement devient ainsi une variable d’ajustement du cash, au même titre que les coûts ou les investissements », remarque l’AFDCC.

Cette évolution produit une tension sur l’ensemble de la chaîne économique, remarque l’AFDCC et les signaux d’alerte se multiplient ainsi. Quelque 57 % des entreprises relèvent une hausse des demandes d’échéanciers, tandis que 31 % observent une augmentation des procédures amiables. Dans ce contexte, près de 60 % des credit managers anticipent une hausse des défaillances en 2026. « Les professionnels expriment une perception prudente de la conjoncture, marquée par une hausse du risque client et une complexification des arbitrages. Ce glissement traduit le passage d’une logique de développement à une logique de sécurisation », indique l’association.

D’autant que, malgré un encadrement renforcé, les pénalités de retard restent largement inappliquées. « Ce choix reflète un arbitrage économique : les entreprises privilégient la relation commerciale et la sécurisation du chiffre d’affaires », indique l’AFDCC. Car en pratique, même lorsqu’elles sont demandées, les pénalités ne sont quasiment jamais encaissées, ceci limitant leur portée dissuasive.

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