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Amundi démarre 2026 en fanfare / Retail et ETF propulsent la collecte
Amundi a frappé fort. Le premier gestionnaire d’actifs européen a ouvert 2026 avec une collecte nette de 32 milliards d’euros au premier trimestre, soit un sommet depuis plus de quatre ans. Le signal est d’autant plus marquant que ce niveau dépasse celui du premier trimestre 2025, pourtant gonflé à l’époque par un mandat institutionnel exceptionnel du fonds britannique People’s Pension. Le marché ne s’y est pas trompé. L’action Amundi gagnait plus de 6 % mercredi en début d’après-midi, à 80,60 euros, parmi les plus fortes hausses du SBF 120.
« Le premier trimestre représente un très bon début pour 2026, avec un haut niveau d'activité et de solides résultats », a résumé Nicolas Calcoen, directeur général délégué, devant les analystes. La collecte provient presque entièrement des actifs à moyen-long terme, à hauteur de 30,9 milliards d’euros, soit un rythme annualisé de 7 %. Le moteur principal reste la gestion passive et les ETF, avec 24 milliards d’euros de souscriptions nettes, devant la gestion active à 7 milliards et les actifs privés à 3 milliards. Côté géographique, l’Europe du Nord mène la cadence avec 13 milliards de collecte, tirés notamment par le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Belgique et la Suède.
Le retail porte la collecte
Derrière ce record trimestriel, c’est surtout la vigueur du retail qui retient l’attention. UBS relève ainsi « 10,5 milliards d'euros de souscriptions retail dirigés vers les actifs de moyen-long terme, tandis que les institutionnels ont enregistré 20,5 milliards d'euros de flux sur ces mêmes actifs ». Le segment Retail affiche au total 13 milliards d’euros de collecte nette, porté par un niveau record de 22 milliards chez les distributeurs tiers. De quoi compenser largement les 9 milliards de sorties enregistrées dans les réseaux UniCredit, partenariat qui continue de s’éroder à mesure que la banque italienne internalise sa gestion d’actifs. Les encours encore confiés à Amundi par UniCredit s’établissent désormais à 75 milliards d’euros.
Cette résistance n’allait pas de soi. Les marchés actions ont corrigé en mars et l’effet marché-change a amputé les encours de 13,6 milliards d’euros sur le trimestre. « Même en tenant compte des conditions de marché plus tardives dans le trimestre, nos flux en actifs MLT sont restés positifs en mars », a souligné Aurélia Lecourtier, directrice financière. Interrogé sur les données d'avril, Nicolas Calcoen a confirmé que les flux préliminaires restaient positifs, bien que notant « un certain attentisme de la part de certains clients ».
Diversification en ordre de marche
Les axes de développement dévoilés lors de l’Investor Day commencent à produire leurs premiers effets, à travers les relais de croissance du plan Invest for the Future 2028. La retraite en constitue l’un des piliers, avec la création d’une ligne métier dédiée. Amundi y a collecté 5 milliards d’euros au trimestre, remporté plusieurs mandats et lancé PensioNEXT en Italie. Même dynamique dans la distribution digitale, désormais parmi les segments les plus porteurs du groupe. Celle-ci a généré 2 milliards de flux sur la période et s’est renforcée avec un partenariat paneuropéen conclu avec Bitpanda.
Sur les ETF, Amundi a porté sa part de marché en Europe à 15% au premier trimestre, contre 13% sur l'ensemble de 2025. Et la filiale technologique Amundi Technology enregistre une hausse de 21% de ses revenus, tirée à 27% par les revenus de licence, composante la plus récurrente de son modèle.
La croissance reste en outre rentable. Les revenus nets ajustés s'établissent à 902 millions d'euros, leur plus haut niveau historique trimestriel, en hausse de 9,7 % sur un an en données pro forma. « Le dépassement des attentes sur les revenus s’explique par des commissions de performance particulièrement solides, à 87 millions d’euros contre 23 millions attendus par le consensus, ainsi que par des commissions de gestion supérieures de 2 % aux prévisions », note UBS. Ces commissions de surperformance, particulièrement élevées et principalement issues des stratégies multi-actifs mondiales, ont toutefois été présentées avec prudence par le management, qui ne juge pas ce niveau récurrent.
ICG, dossier clé à court terme
Côté charges, les frais d'exploitation ajustés progressent de 9,5 %, soit un rythme légèrement inférieur à celui des revenus. Une évolution qui reflète, selon Aurélia Lecourtier, « le dynamisme de l'activité, nos investissements continus pour soutenir nos ambitions stratégiques, ainsi que notre discipline permanente en matière de coûts ». Le coefficient d'exploitation ressort ainsi à 50,4 % en données ajustées, en légère amélioration sur un an. Le résultat avant impôt atteint pour sa part 510 millions d'euros, franchissant pour la seconde fois seulement depuis la cotation du groupe le seuil des 500 millions sur un trimestre.
Pour la suite, le dossier ICG, dont l'intégration comptable n'en est qu'à ses débuts, représente l'enjeu le plus structurant à court terme. La participation d'Amundi dans la société britannique de gestion d'actifs alternatifs atteignait environ 6% en fin de semaine dernière ; l'objectif de 9,9% devrait être atteint au troisième trimestre. C'est à partir du deuxième trimestre que la contribution d'ICG commencera à s'inscrire dans le résultat net ajusté du groupe, selon la directrice financière. En attendant, le groupe travaille au lancement de deux fonds evergreen adossés aux expertises d'ICG : le premier, en secondaries actions, est attendu au troisième trimestre ; le second, en dette privée, est encore en cours de structuration.
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