Start-up / Private Equity
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InnovaFonds boucle FIT III au-delà de sa cible initiale / 215 millions levés pour sa stratégie small et mid industrielle
Quinze ans après avoir lancé InnovaFonds sur une stratégie industrielle small et smid cap encore peu recherchée dans le private equity, Anthony Dubut boucle son troisième millésime avec 215 millions d’euros en poche, et un tour de table largement au rendez-vous.
Le fonds a notamment attiré le Fonds Européen d’Investissement, Bpifrance, plusieurs grands assureurs français, des réseaux bancaires ainsi que des entrepreneurs, qui représentent environ 20 % des montants levés. « Nous avons bénéficié d'un très bon accueil des investisseurs, avec un niveau de re-up maximal et l'arrivée de nouveaux LPs. Au-delà de nos performances, il y a aussi une évolution de marché : les sujets industriels attirent désormais davantage les investisseurs, ce qui n'était pas du tout le cas lorsque nous avons lancé InnovaFonds », souligne Anthony Dubut à WanSquare.
La montée en puissance de FIT
Lorsque le premier millésime FIT, pour Fonds Industries et Technologies, avait été lancé au début des années 2010, dans l’après-crise financière, la spécialisation industrielle d’InnovaFonds apparaissait presque à contre-courant d’un marché du private equity alors largement tourné vers les modèles technologiques peu capitalistiques et les logiciels à forte croissance. FIT I avait réuni 50 millions d’euros, puis FIT II 120 millions. Avec 215 millions d’euros levés, FIT III fait clairement changer d’échelle la plateforme.
La société de gestion revendique toutefois une croissance maîtrisée. « L’objectif était fixé à 200 millions d’euros, ce qui était déjà ambitieux. Nous avons choisi d’arrêter le fonds à 215 millions, car nous ne sommes pas dans une logique de course à la taille. Notre priorité reste de conserver un positionnement cohérent avec le segment que nous considérons comme le plus pertinent et, surtout, celui que nous maîtrisons le mieux. », explique Anthony Dubut.
InnovaFonds cible des entreprises small et smid cap valorisées entre une vingtaine et une centaine de millions d’euros, avec des tickets désormais compris entre 10 et 25 millions d’euros, contre 5 à 6 millions historiquement.
Le fonds a déjà investi environ 23 % de ses capacités en un peu plus d’un an, à travers quatre premières opérations : Ingénéo dans l’ingénierie de la rénovation énergétique, NextRoad dans les infrastructures routières, Médipréma dans la néonatalogie et Esvia dans le marquage routier. Des activités qui, vues de loin, peuvent sembler éloignées les unes des autres, mais qui répondent toutes à la même logique industrielle : des niches techniques, souvent peu visibles, avec des positions fortes et des barrières à l’entrée élevées.
Des niches industrielles à fortes barrières
Sur le plan sectoriel, InnovaFonds structure sa lecture du marché autour de quatre grands ensembles : robotisation et automatismes, métrologie et contrôle vision, transformation et valorisation des matières, ingénierie et services B2B industriels.
« Nous faisons en sorte de ne jamais avoir deux sociétés exposées aux mêmes marchés. Cela nous permet d'avoir une vraie diversification des cycles, des matières premières et des risques sectoriels », indique Anthony Dubut. Une discipline qui se retrouve dans les résultats : sur les 37 participations actuellement gérées par InnovaFonds, 35 sont dans leur business plan, et aucune n'est en situation de non-respect de ses covenants bancaires.
Le fil conducteur de construction du portefeuille est très lié à la qualité des positions concurrentielles. « Les métiers que nous accompagnons ne sont pas si complexes à appréhender. Mais avec des barrières à l’entrée extrêmement fortes. Elles peuvent être technologiques, bien sûr, mais reposent aussi beaucoup sur la qualité d’exécution, le maillage territorial, les équipes en place, les process, la relation client construite sur la durée.... »
L’approche repose moins sur des paris technologiques disruptifs que sur des entreprises capables de consolider progressivement leurs marchés, souvent via des build-up régionaux ou européens. L’internationalisation constitue d’ailleurs l’un des principaux leviers de création de valeur du fonds. Les sociétés du portefeuille réalisent déjà près de 70 % de leur chiffre d’affaires hors de France. Une caractéristique qui permet de mieux amortir les chocs sectoriels ou géographiques.
Une sélectivité accrue dans les process
Dans un environnement de levée exigeant, cette spécialisation industrielle apparaît aujourd’hui suffisamment différenciante pour attirer un nombre croissant d’investisseurs. Le travail de déploiement s’est, lui, nettement durci. « Le contexte est plus complexe qu’auparavant. Cela signifie qu’il faut travailler davantage pour parvenir au même résultat. Nous analysons beaucoup plus de dossiers pour réaliser une opération, car les current trading sont plus difficiles à lire et de nombreux paramètres évoluent désormais au cours même des processus d’investissement. », remarque Anthony Dubut.
Ce durcissement du marché n’altère toutefois pas la conviction d’Innovafonds sur le tissu industriel français, du moins sur le segment small et smid cap ciblé par la société de gestion. « Oui, le contexte industriel français est complexe. Oui, il y a des retards d’investissement massifs sur certaines filières. Mais à notre échelle, nous continuons à trouver des entreprises très bien positionnées, qui répondent à une demande locale forte et disposent de vraies barrières à l’entrée. Le pays est rempli de PME/ETI leaders en Europe, voire leaders mondiaux, sur des niches très techniques avec des savoir-faire incroyables », observe le président d’Innovafonds.
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