Macro-économie / Taux / EY / France / Compétitivité
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EY / France / Compétitivité
La France demeure le pays le plus attractif d’Europe / Une maigre consolation au vu de la situation du continent
« Je n’ai pas le souvenir d’une telle situation en Europe ». Pourtant habitué aux secousses subies par l’économie, Marc Lhermitte, senior Partner chez EY, estime que la situation actuelle est bien plus détériorée depuis la cassure liée à l’Ukraine en 2022 et encore davantage qu’en 2008 où la reprise se dessinait clairement. Il explique que « lorsqu’on se tourne vers 2027, on note que c’est essentiellement la situation politique qui produit de l’attentisme voire de l’incertitude ». Pour autant, il considère que le fait que « la France reste numéro 1 en Europe, ça n’est pas une mince réussite lorsqu’on additionne le contexte international dégradé à l’absence de renforcement de la politique d’offre dans l’Hexagone ».
Atouts
Une pole position qui doit beaucoup à certains secteurs qui investissent dans l’Hexagone. Parmi lesquels Marc Lhermitte distingue « tant l’IA, que l’énergie bas-carbone ou encore l’industrie de la défense. On l’oublie parfois mais la France des services tire son épingle du jeu, notamment dans la logistique, et ce malgré des élections municipales qui auraient pu ralentir la dynamique. Ce secteur-là est particulièrement intensif en emploi avec 5 % des projets qui représentent 50 % des postes pourvus ». Le paysage dessiné par le baromètre est celui d’une marge de progrès non pas uniquement sur les points faibles tricolores, mais également sur ses points forts. L’expert d’EY prenant l’exemple que les « projets 100 % IA qu’on a recensés restent une proportion assez faible même s’ils pèsent beaucoup d’emplois et de capex ».
Les difficultés tricolores ne doivent pas uniquement au contexte national, Marc Lhermitte ressentant dans les réponses avant tout « l’effet d’une Europe au ralenti. Nous avons un gros besoin d’investissement dans des secteurs importants comme l’agroalimentaire, la finance ou le secteur pharmaceutique. Ce dernier est aujourd’hui moins investisseur en France et en Europe car la puissance de financement est plus forte aux États-Unis et la capacité de recherche en Chine. Les échanges avec les dirigeants des filiales effectués pour le baromètre donnent l’impression d’une difficulté accrue pour convaincre les maisons mères d’investir en Europe et en France ». Une donnée particulièrement vérifiable dans l’automobile, la chimie ou autre plasturgie, où l’ensemble du Vieux continent souffre d’un déficit d’investissement, en attendant une potentielle restructuration en profondeur des chaînes d’approvisionnements.
Partagé
La grosse chute des investissements dans la recherche et développement est commune à tout l’Europe à en croire le baromètre. On y retrouve la trace du déclin des flux américains destinés à l’Europe, de l’ordre de 50 % en 5 ans sous l’effet combiné de l’IRA, puis de la politique fédérale déployée par Donald Trump. Une partie du succès français est à apprécier au vu des difficultés de notre voisin allemand, l’expert d’EY nous confiant que « c’est effectivement un problème que notre premier partenaire commercial et le deuxième investisseur en France souffre, on ne peut pas se réjouir uniquement que la France soit en tête. La première économie européenne manque bien évidemment à la deuxième et cela nous invite à regarder la situation d’ensemble sur le continent ».
Un constat d’ensemble dans lequel le déficit français de talent « n’est pas un sujet. Bien au contraire, il s’agit même de notre quatrième atout. On a une vraie corrélation entre celui-ci et notre attractivité sur l’IA et l’exemple du retour de Yann Le Cun en est un exemple frappant ». Il nous confie que ces fondateurs ne viennent pas en France uniquement par patriotisme, mais bel et bien parce qu’il y a des compétences assez distinctes qu’on peut trouver dans l’Hexagone.
Unique
L’Europe se distingue quant à elle par une énergie bien plus chère que le reste du globe, de quoi expliquer la bonne place de la France sur le continent et ce tant l’Hexagone est le meilleur élève européen sur le sujet. La disponibilité d’énergie décarbonée est tout particulièrement appréciée des investisseurs, Marc Lhermitte nous confirme « que c’est un avantage concurrentiel déterminant et encore plus demain dans la mesure où on pourra, à court et moyen terme, capitaliser davantage sur le nucléaire et le renouvelable. Ce constat est persistant dans les réponses que nous font les dirigeants. Il n’y a pas beaucoup d’autres pays où cet avantage bas carbone est aussi présent ».
Bruxelles a bien tenté de remédier aux faiblesses inhérentes à l’UE en tissant un certain nombre d’accords de libre-échange, un sujet sur lequel le baromètre ne s’avance pas avec force. L’expert d’EY expliquant que les tensions commerciales récentes ont pu contrecarrer ces efforts, à l’exception notable de l’Inde dont il a beaucoup « plus entendu parler lors de ces 6 derniers mois que lors de ces deux trois dernières années, à la fois comme un marché devenu accessible et pour lequel la France est en capacité d’attirer plus d’investissement d’origine indienne ». La stratégie française aurait vocation selon lui « à se diriger vers des pays qui en ont sous le pied, tels que l’Italie, le Japon ou même la Chine sous réserve d’une demande suffisante en Europe ».
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