Macro-économie / Taux
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France : ce frein majeur à la réindustrialisation / Quand le foncier économique se fait rare
Une ressource cruciale pour la réindustrialisation française qui fait toujours plus défaut. Une étude réalisée par Intercommunalités de France, le Cerema et la Banque des Territoires fait état de tensions croissantes sur le foncier économique, devenu un facteur déterminant dans la capacité des territoires à accueillir des projets d’implantation et d’extension. Le Baromètre du foncier économique réalisé par leurs soins rapporte que 81 % des intercommunalités déclarent refuser des projets faute de foncier adapté, contre 67 % en 2022, ce qui traduit une dégradation rapide de la situation en seulement quelques années.
Cette tension est en lien avec la raréfaction des terrains viabilisés, sécurisés juridiquement et compatibles avec des délais d’implantation de plus en plus contraints. Une part croissante du foncier identifié dans les zones d’activités n’est plus réellement mobilisable à court terme en raison de contraintes techniques, environnementales ou de procédures en cours.
Par ailleurs, le baromètre explique qu’il y a une concurrence accrue entre usages. Le logement, les infrastructures et les objectifs de sobriété foncière viennent directement concurrencer les espaces dédiés aux activités productives. De sorte que, en cinq ans, les intercommunalités ont ainsi vu l’équivalent de 17 terrains de football par territoire être reclassés vers d’autres usages.
Cette pression s’accompagne d’une transformation profonde des besoins des entreprises : l’industrie et l’artisanat restent globalement stables, mais la logistique progresse fortement, tandis que les commerces reculent nettement et que la demande de bureaux s’effondre. Il faut aussi noter que l’émergence des datacenters ajoute une nouvelle catégorie de projets à forte intensité foncière. D’autre part, les surfaces recherchées diminuent fortement, avec une médiane divisée par deux entre 2022 et 2025, ce qui accentue le décalage entre une offre foncière souvent héritée de modèles anciens et des besoins différents.
Le baromètre indique que les délais d’aménagement et la complexité des procédures jouent également un rôle déterminant dans la raréfaction du foncier réellement mobilisable. Les contraintes d’urbanisme, les exigences environnementales et les délais contentieux allongent les calendriers d’implantation et réduisent encore la capacité des territoires à répondre rapidement aux demandes des entreprises, en particulier dans les secteurs industriels et logistiques.
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