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Macro-économie / Taux

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Taux d’intérêt : une hausse toujours plus probable en zone euro dans 9 jours / L’inflation paraît s’être élargie

En mai, l’inflation de la zone euro a atteint 3,2 %, soit un plus haut depuis l’été 2023, en lien avec la guerre au Moyen-Orient. Cela n’est pas sans faire pression sur la Banque centrale européenne (BCE) du fait d’une accélération des prix dans les services.
Photo par NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par NICOLAS GUYONNET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

La probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) le 11 juin s’accroît davantage. En zone euro, la hausse de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) s’est établie à 3,2 % sur un an lors du mois de mai, selon Eurostat, après 3 % en avril (1,7 % en janvier). Cela représente un plus haut depuis septembre 2023. C’est la Bulgarie qui a enregistré le niveau le plus élevé d’inflation en mai, à 6,3 % sur un an, alors qu’elle n’atteint « que » 2,1 % à Malte.

Evidemment, le premier facteur explicatif est celui de la guerre au Moyen-Orient qui a entraîné un bond du prix des hydrocarbures, en particulier du pétrole. C’est ainsi que sur un an, la composante énergétique de l’IPCH affiche des prix en augmentation à hauteur de 10,9 %. Les prix de l’alimentation, de l’alcool et du tabac ont, eux, progressé de 2 % sur douze mois.

Si l’objectif de stabilité des prix de la BCE fait référence à la dynamique de l’IPCH, les banquiers centraux sont particulièrement à attentif à sa branche sous-jacente (hors énergie et alimentation). En effet, elle permet de se faire une meilleure idée des tendances fondamentales des prix et du point d’atterrissage du l’IPCH global à moyen terme.

Il se trouve qu’en mai, l’inflation sous-jacente a atteint 2,5 %, après 2,2 % en avril. Dans le détail, le prix des biens non-énergétiques a crû de 0,9 % sur an, après 0,8 % en avril. Ce qui a retenu l’attention des observateurs a trait aux services. Représentant 72 % de l’indice, leur prix a augmenté de 3,5 % sur un an, contre 3 % en avril.

« Une partie de cette hausse s’explique par des effets de base, mais les derniers indices PMI montrent également une reprise des pressions sur les coûts des services et une accélération des prix facturés à leur rythme le plus rapide depuis 38 mois », souligne Iain Simmons, économiste chez Oxford Economics. « Cela suggère que les hausses de coûts sont de plus en plus répercutées sur les consommateurs et augmente le risque d’effets de second tour », ajoute-t-il. Les données nationales suggèrent qu’une part importante de cette hausse provient des services liés au transport et aux voyages : billets d’avion, voyages organisés, etc., décrypte Chris Hare, économiste chez HSBC.

Ces nouvelles informations à propos de l’inflation font qu’il n’y a plus guère de doute à ce qu’elle remonte ses taux d’intérêt directeurs de 25 points de base la semaine prochaine (le taux d’intérêt de la facilité de dépôt atteint aujourd’hui 2 %). "Compte tenu de l’expérience de 2022, la BCE pourrait privilégier une hausse de taux préventive, davantage symbolique qu’efficace sur l’inflation elle-même, afin de montrer sa détermination à agir", juge Carsten Brzeski, économiste chez ING.

Et par la suite ? "Le Conseil des gouverneurs pourrait adopter une attitude plus prudente en attendant davantage d’éléments sur les conséquences du choc énergétique", estime Chris Hare, économiste chez HSBC.

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