Start-up / Private Equity
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Un an après sa stratégie pour les scale-ups, Bruxelles concrétise son fonds deeptech / EQT en pilotera la gestion
Entrepreneurs, investisseurs, décideurs politiques, chercheurs… le Conseil européen de l’innovation (EIC) réunit à Bruxelles, ce mercredi et jeudi, l’écosystème de l’innovation du Vieux continent à l’occasion de son sommet annuel. Cette édition 2026 est marquée d’un évènement particulier : celui de la présentation officielle du fonds « Scaleup Europe », dont le Suédois EQT assurera la gestion et le conseil en investissement. En ouvrant l’évènement, sur scène, Ekaterina Zaharieva, la Commissaire aux start-ups, à la recherche et l’innovation l’a assuré hier : « Ce fonds vise à permettre à nos entreprises de devenir mondiales, tout en restant dans l’Union européenne ».
« La concrétisation de cette initiative marque une étape très importante, puisqu’il s’agira du plus grand fonds de croissance d’Europe. À ce titre, elle pourrait agir comme un véritable catalyseur pour l’ensemble de l’écosystème et contribuer à la création de nouveaux fonds de croissance », explique Victor Englesson, associé chez EQT et co-responsable du pilotage de ce véhicule, à WanSquare. La taille cible du fonds a été fixée à 5 milliards d’euros. Il a été développé en collaboration avec une coalition d’investisseurs fondateurs qui, aux côtés de la Commission européenne, ont également participé à la définition de sa structure et de son cadre d’investissement. Parmi eux, l’on retrouve Novo Holdings, EIFO (Fonds d’exportation et d’investissement du Danemark), CriteriaCaixa, le fonds de pension néerlandais ABP (avec APG comme gestionnaire d’actifs), ou Allianz, entre autres.
Son but : soutenir les deeptechs, développant des technologies stratégiques (dans l’intelligence artificielle, l’informatique quantique, les énergies propres, les technologies spatiales, les innovations médicales, etc.) lorsqu’elles atteignent des phases de développement nécessitant des capitaux de croissance, pour lesquelles les financements européens peinent encore à répondre à l’appel. Une manière, donc, de contribuer à combler ce déficit de financement en "late stage", dont les conséquences pour les entreprises et la compétitivité de l’Europe ont été maintes fois constatées et documentées.
Une pierre angulaire
Le fonds « Scaleup Europe » est l’une des pierres angulaires de la stratégie pour les start-ups et les scale-ups de la Commission européenne, présentée en mai dernier. Cette stratégie couvre, pour mémoire, cinq champs d’action, allant de la simplification de la réglementation, à la rétention des talents, en passant donc par un meilleur accès au financement. Parmi les points d’avancée en son sein, l’on retrouve pour l’heure également la récente présentation du 28ème régime européen. « Nous assistons à une évolution des mentalités. L’émergence de scale-ups sur le continent demeure un défi majeur, alors même que nous sommes en tête en matière de publications scientifiques, que de nombreuses entreprises se créent, que nous avons un vivier de talents considérable et que l’écosystème du capital-risque fonctionne bien », observe Victor Englesson.
Le fonds fera partie de la structure existante du fonds du EIC, mais sera donc géré par un acteur privé, permettant ainsi d’assurer une prise de décision conforme aux attentes de marché, indique la Commission. C’est en ce sens qu’un processus de sélection compétitif avait été lancé, afin de désigner son gestionnaire. La prise de décision finale est revenue au conseil d’administration du EIC. EQT a ainsi été sélectionné à l’issue de cet appel d’offres et s’est engagé à investir ses propres capitaux dans le véhicule. « Nous avons 14 bureaux à travers l’Europe, une expertise approfondie et des liens étroits avec les écosystèmes du capital-risque et du growth. Nous disposons également d’une vaste expérience dans l’accompagnement du changement d’échelle des entreprises, ainsi que d’une compréhension fine de technologies stratégiques, comme le quantique, les applications d’intelligence artificielle, les sciences de la vie ou le spatial. Nous mettrons l’ensemble de ces atouts à profit pour sélectionner de manière pro-active les start-ups les mieux positionnées pour devenir des véritables champions », précise Victor Englesson.
À titre d’exemple, EQT, qui gère 269 milliards d’euros d’actifs, a notamment investi dans The Exploration Company (spatial), la pépite de l’IA suédoise Lovable, le fabricant de batteries Verkor, ou le spécialiste de la cybersécurité Qevlar AI, entre bien d’autres. S’agissant du « Scaleup Fund », des tickets de 100 millions d’euros en moyenne seront injectés dans les start-ups choisies, à compter de la série B et dans l’ensemble des États membres, sur les secteurs donc retenus. « L’objectif sera d’investir dans 30 à 40 start-ups et de composer un portefeuille diversifié, notamment en termes de risques et de stade de maturité », ajoute Victor Englesson.
Encore quelques étapes
Si le sommet de l’EIC aura été l’occasion de présenter officiellement ce fonds à la communauté de l’innovation européenne, EQT et le fonds EIC finalisent les accords juridiques fondamentaux du fonds, qui couvrent sa structure, sa gouvernance et son cadre d’investissement, précise la Commission. Les engagements formels des investisseurs fondateurs suivent aussi leur cours, conformément aux procédures internes de vérification préalable et d’approbation des conseils d’administration, parallèlement à la finalisation de la documentation juridique du fonds. Les processus finalisés ouvriront la voie à la première clôture et au démarrage des investissements. Le fonds sera par la suite ouvert à de nouveaux investisseurs, notamment dans l’idée d’en diversifier son panel, indique Bruxelles, précisant que certains avaient déjà manifesté leur intérêt. « Au-delà de sa mission d’investissement, cette initiative constitue une véritable opportunité de créer davantage de passerelles entre l’écosystème technologique et un large éventail d’acteurs et de partenaires, tout en renforçant les dynamiques de coopération entre les intervenants de la chaîne de l’innovation », indique Victor Englesson. Les premiers investissements sont, de leur côté, attendus pour l’automne prochain.
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