Macro-économie / Taux
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Allemagne : le fonds infrastructures et climat produirait déjà des retombées positives / Un déploiement encore trop lent sur le terrain
Les effets sont là, mais la machine s’active trop lentement. Selon un rapport du comité d’experts en charge du suivi du déploiement du fonds infrastructures et climat de 500 milliards d’euros, les investissements supplémentaires liés à celui-ci soutiennent déjà l’économie allemande : le Produit intérieur brut réel serait environ 0,5 % plus élevé que sans ces dépenses.
Dans un contexte international tendu, marqué par des conflits armés et des tensions commerciales, ces investissements contribuent à stabiliser la croissance et l’emploi. Le comité d’experts souligne ainsi que le dispositif joue un rôle d’amortisseur face aux risques de stagnation.
Mais la mise en œuvre reste en retard, en effet, le rapport indique que le déploiement n’a réellement démarré qu’en 2025 : près des deux tiers des lignes budgétaires financées cette année-là étaient encore en phase de planification fin 2025, et seulement un tiers en phase d’exécution ou d’exploitation.
Les retards se traduisent aussi dans les chiffres : en 2025, 13,3 milliards d’euros n’ont pas été dépensés par rapport aux prévisions. Ces sous-exécutions s’expliquent notamment par des transferts encore non finalisés vers les collectivités régionales et par des blocages administratifs. Certaines lignes sont particulièrement touchées, comme le développement du haut débit (1,6 milliard d’euros de moins) ou la modernisation du système européen de contrôle ferroviaire (1,3 milliard d’euros de moins).
Malgré ces retards, les premiers résultats apparaissent. Dans le logement, les objectifs d’investissement et de réduction des émissions ont été globalement atteints. Dans le numérique, des projets pilotes montrent une montée en puissance progressive. Le suivi met également en avant des exemples concrets de projets déjà lancés, comme une installation de pompe à chaleur sur eaux usées à Tübingen ou un programme de recherche en informatique quantique.
En revanche, les secteurs de l’énergie, de la recherche et des transports accusent un retard plus marqué. Le rapport appelle à une accélération nette dès 2026.
Pour l’année en cours, le Ministère fédéral des Finances attend des progrès rapides, appuyés par des jalons de suivi destinés à détecter les blocages plus tôt. À fin avril 2026, 11,2 milliards d’euros ont déjà été engagés sur 39,7 milliards prévus, soit 28 % des crédits annuels.
Enfin, un nouveau système d’incitation est en préparation afin d’améliorer l’efficacité du dispositif, avec une logique de bonus et de pénalités pour accélérer la réalisation des projets et mieux orienter les financements.
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