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Macro-économie / Taux / AU Group

Macro-économie / Taux
AU Group

Le risque pays n’est pas épargné par le conflit au Moyen-Orient / La tendance est à la prise en compte de plus en plus de dimensions

Quelques semaines ont suffi à bouleverser la plupart des prévisions de croissance de l’année 2026, de quoi accentuer la nécessité pour les entreprises exportatrices de disposer la vue la plus omnisciente. Un environnement dans lequel AU Group vient de faire évoluer son G-Grade. Cet outil pensé pour synthétiser le risque pays ne comprend plus uniquement les positions de différents assureurs crédit, mais y ajoute désormais deux nouvelles notes à celle de crédit court terme. D’une part, on retrouve une note de risque souverain et de l’autre, une note de terrorisme et violence politique.
Ormuz. Photo par AMIRHOSSEIN KHORGOOEI / ISNA / AFP
Ormuz. Photo par AMIRHOSSEIN KHORGOOEI / ISNA / AFP

Les pays du Golfe n’ont pas réussi à échapper à une dégradation. La publication du dernier G-Grade de l’AU Group voit cette région du globe concentrer les principales révisions à la baisse, que ce soit le Koweït (le risque est passé de 3,75 sur 10 au quatrième trimestre 2025 à 5 au deuxième trimestre 2026), les Émirats arabes unis (en hausse de 0,75 point pour une note de 3,25) ou encore le Bahreïn (une progression de 0,50 point, pour parvenir à 7,50). Autant de signes d’une vulnérabilité « sensiblement plus élevée » explique-t-on du côté du courtier, dont le directeur exécutif d’AU Group, Olivier de la Pontais confie à WanSquare que cette note « a été créée pour donner la probabilité qu’un exportateur ne soit pas payé dans les douze mois à venir du fait du risque pays ».

Il explique également qu’au vu du contexte géopolitique, lui et ses équipes « se sont dit que quelque chose manquait dans une vision beaucoup plus moyen long terme. Nous avons tâché d’y remédier en ajoutant la note de risque souverain la plus prudente parmi les trois mastodontes américains et également une note de terrorisme & violence politique (PVT), développée en partenariat avec Pangea Risk ». Cette dernière notation répond à une évolution qui peut être jugée regrettable, mais qui est celle d’une propagation à l’ensemble de la planète de ces risques. Ces phénomènes ne se cantonneraient plus aux périphéries, et à l’instar des violences politiques et instabilités civiles, « touchent aujourd’hui des économies longtemps considérées comme stables ».

 

Balancier

 

Pour autant les déclassements récents sont d’une ampleur rarement vue historiquement, ce qui n’inquiète cependant pas outre mesure Olivier de la Pontais. Ce dernier rappelle que le rythme des dégradations peut être soudain ou graduel, que ce soit à la hausse ou à la baisse et que ce n’est pas un phénomène nouveau. Il note également que « les sociétés sont tellement secouées depuis la pandémie, que leurs directions sont devenues très agiles pour travailler dans le court terme et ont l’habitude de gérer les incertitudes ».

Pas de quoi épargner tous les acteurs pour autant, le dirigeant nous expliquant que les données agrégées par ses équipes font ressortir « des effets collatéraux des affrontements au Moyen-Orient, le point haut sur les défaillances ne semble pas atteint puisqu’il est dorénavant question d’une hausse de 6 % à l’échelle mondiale en 2026 ». Les acteurs cherchant à étoffer leur couverture en sont logiquement plus nombreux, pour autant « chercher à couvrir uniquement son exposition au Golfe n’est pas chose facile, c’est bien plus aisé lorsqu’une mutualisation des risques géographiques est possible ».

 

Hexagone

 

Dans cet univers, la France conserve sa place parmi les pays relativement bien notés, avec l’épée de Damoclès qu’est la présidentielle à venir. Olivier de la Pontais concédant que « le résultat des présidentielles 2027 pourrait jouer sur le G-Grade de la France, on voit que de nombreux acteurs ont des attentes sur cette échéance. On a également d’ores et déjà vu les risques liés à l’exposition aux grèves, émeutes et troubles civils augmenter lors des deux derniers trimestres, auxquels il faut ajouter les craintes liées à la soutenabilité de la dette publique ».

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