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La durabilité peine encore à convaincre les financiers / Les entreprises peinent à transformer leurs ambitions ESG en valeur mesurable
Alors que les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) se sont imposés dans les conseils d’administration, un fossé persiste entre les ambitions affichées et leur traduction dans les comptes des entreprises. C’est le principal enseignement de l’étude Closing the Sustainability Valuation Gap, publiée par KPMG et menée auprès de plus de 2 000 dirigeants dans 19 pays et territoires.
L’enquête révèle que 72 % des dirigeants estiment bien comprendre la stratégie de durabilité de leur organisation, ses indicateurs et ses performances. Pourtant, seuls 19 % d’entre eux utilisent des méthodes robustes pour en mesurer l’impact financier réel. Un écart qui met en lumière une faiblesse persistante dans les processus de décision des entreprises.
La durabilité s’est pourtant installée au cœur des réflexions stratégiques. Six entreprises sur dix déclarent intégrer les risques et opportunités liés à la durabilité dans leur planification financière, tandis qu’une sur deux affirme les avoir inscrits dans sa stratégie globale. Mais lorsqu’il s’agit de traduire ces enjeux en indicateurs financiers concrets (EBITDA, flux de trésorerie, investissements ou valorisation) la majorité des organisations se heurtent encore à des difficultés.
De sorte que près de quatre entreprises sur cinq demeurent incapables d’évaluer précisément l’effet de leurs initiatives de durabilité sur leurs profits, leur trésorerie ou leur valeur d’entreprise. Une situation qui risque de laisser de nombreux risques sous-évalués et de nombreuses opportunités inexploitées.
« Les conseils d’administration comprennent de mieux en mieux les risques et les opportunités liés à la durabilité, mais cette compréhension ne suffit plus », souligne Simon Weaver, responsable mondial du conseil en durabilité chez KPMG International. « Sans quantification robuste, les entreprises risquent de passer à côté des risques comme des opportunités de création de valeur. »
L’étude évoque ainsi un véritable « déficit de valorisation ». Faute d’outils permettant de mesurer les impacts financiers de la durabilité, certaines initiatives peinent à obtenir les financements nécessaires, tandis que les risques ne sont pas pleinement intégrés dans les arbitrages stratégiques. Un angle mort qui pourrait devenir problématique à mesure que les investisseurs renforcent leurs exigences en matière de résilience et de performance durable.
Certaines industries apparaissent toutefois plus avancées. Les secteurs de la banque et des marchés de capitaux arrivent en tête : 33 % des entreprises interrogées y utilisent déjà des méthodes sophistiquées de valorisation des impacts liés à la durabilité. Elles sont suivies par l’énergie et les ressources naturelles (31 %) et l’automobile (27 %), des secteurs où les enjeux climatiques et réglementaires influencent directement les performances financières et les décisions d’allocation du capital.
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