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Dans un environnement toujours exigeant, Edenred se montre plus optimiste / Les changements réglementaires ne l'empêchent pas d'aller chercher de la croissance
Contre les turbulences, Edenred garde le cap. Dans un contexte où le cadre réglementaire sur les titres-restaurant a évolué au Brésil, prenant la suite d’un changement acté en Italie, le groupe spécialisé dans les avantages aux salariés a relevé ses prévisions pour l’année en cours, après un premier semestre s’étant révélé meilleur qu’attendu. L’entreprise présidée et dirigée par Bertrand Dumazy prévoit désormais que son EBITDA reculera dans une fourchette comprise entre 7 % et 10 % en données comparables en 2026, contre une prévision antérieure de 8 % à 12 %. À la suite de la publication, le titre Edenred a légèrement perdu du terrain à la Bourse de Paris, à hauteur de 2 %. Après avoir été chahuté sur les marchés en 2025, en raison de ces évolutions réglementaires, il affiche néanmoins une progression de plus de 40 % depuis le début de l’année.
2026 restera une année de transition
Edenred estime toujours que l’exercice 2026 en sera un de “rebasage”, mais tire parti de son modèle pour continuer de faire face aux vents contraires, grâce à son portefeuille de solutions diversifié et son empreinte géographique variée. Dans l’ensemble, le groupe a généré un chiffre d’affaires opérationnel de 1,36 milliard d’euros au premier semestre. En données comparables, la progression est de 1,5 %. Mais en croissance intrinsèque, soit en excluant les impacts des changements réglementaires au Brésil et en Italie, la hausse est de 8 %, s’inscrivant dans la lignée de la trajectoire de croissance intrinsèque réalisée sur l’ensemble de l’année 2025.
L’activité de mobilité du groupe a signé une croissance à deux chiffres (pour un total semestriel de 373 millions d’euros de chiffre d’affaires) tant au premier qu’au deuxième trimestre. Celle des avantages aux salariés, qui représente 887 millions de chiffre d’affaires, a reculé de 2,2 % en organique, logiquement pénalisée par l’impact du plafonnement des commissions marchands pour l’activité de titres-restaurant en Italie (en vigueur depuis septembre 2025) et au Brésil (depuis février 2026), ainsi que par l’introduction de systèmes interopérables à compter du 11 mai 2026 au Brésil. En revanche, elle s’affiche en hausse de 7,4 % sur le plan intrinsèque. Les solutions de paiement et nouveaux marchés grimpent quant à eux de 3,6 %, à 100 millions d’euros.
Traction commerciale
Au cours du semestre, le groupe a profité d’une traction commerciale, notamment auprès des PME, avec une hausse de 10 % de nouveaux clients signés chez cette catégorie d’entreprises – dans les avantages aux salariés et dans la mobilité. Une hausse du volume d’affaires en résulte, ceci comprenant les pays impactés par les nouvelles régulations « meal and food » : le volume d’activité cumulé du Brésil et de l’Italie a augmenté de 7 % en données comparables, pour les avantages aux salariés, au titre du premier semestre. Du côté de la mobilité, la progression est de 10 %. « Nous continuons à bien exécuter notre plan Amplify, c’est-à-dire plus d’utilisateurs et plus de revenus par utilisateur », a par ailleurs souligné Bertrand Dumazy, lors de la présentation des résultats. Et d’ajouter : « Dans les pays où une nouvelle régulation se met en place, cela nous force à changer, à travailler différemment et à être plus efficients pour aller chercher de la croissance. Cela est possible car nous avons désormais un cadre qui est certes nouveau, mais un cadre dans lequel on peut se redéployer ».
Moindre recul
Reste que ces changements réglementaires ont pesé sur l’EBITDA du groupe au premier semestre, qui a reculé de 4,6 % en données comparables, pour atterrir à 616 millions d’euros. « C’est une baisse plus faible que celle que nous attendions. Elle s’explique essentiellement par le changement réglementaire en Italie et au Brésil et résulte également de l’accélération de nos investissements stratégiques, mais aussi des mesures d’efficacité que nous avons prises et qui sont destinées à accroître la performance opérationnelle du groupe dans les années à venir », a expliqué la directrice financière du groupe, Virginie Duperat-Vergne.
Ces investissements concernent, en premier lieu, les données et l’intelligence artificielle. Grâce à son déploiement de l’IA agentique, le groupe prévoit notamment de stimuler l’acquisition de PME, dans le but d’augmenter son taux de conversion de 20 points, tout en réduisant les coûts d’acquisition des clients de plus de 30 %. D’un autre côté, les investissements dans les mesures d’efficacité réalisés en 2026 viseront à renforcer l’agilité du groupe dès l’an prochain, dans le cadre du programme "Fit for Growth".
La génération de trésorerie est quant à elle restée soutenue, avec une marge brute d’autofinancement avant autres charges et produits de 432 millions d’euros, tandis que l’endettement net a été réduit de 600 millions d’euros. Un bilan qui permettra au groupe de continuer à investir dans sa croissance organique, mais aussi dans des acquisitions – Edenred a notamment mis la main sur l’entreprise allemande TMH Solutions au premier semestre, qui viendra étoffer son offre de mobilité électrique.
Au-delà de 2026 et du relèvement de ses prévisions pour l’année, le groupe confirme sa perspective d’une croissance organique de l’EBITDA comprise entre 8 % et 12 % pour 2027 et 2028, ainsi qu’un taux de conversion de son free cash flow sur l’Ebitda supérieur à 65 %.
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