Entreprises / Actions
Entreprises / Actions
Nexity décorrèle sa trajectoire d’une reprise du marché immobilier / Une rentabilité opérationnelle qui poursuit son amélioration, mais une activité en recul
Le marché est toujours en bas de cycle, mais Nexity avance avec rigueur. Le promoteur immobilier a enregistré au premier semestre un chiffre d’affaires en recul de 18 %, à 1,1 milliard d’euros. Dans l’aménagement et la promotion, le résidentiel (79 % des revenus) a baissé de 22 %, comme anticipé. « Cela reflète la baisse embarquée des réservations que nous subissons depuis 2022, en lien avec la baisse du marché et compte tenu du mécanisme de l’avancement : nous reconnaissons notre chiffre d’affaires et notre marge selon l’avancement des travaux et selon les signatures que nous faisons avec nos clients », a expliqué Pierre-Henry Pouchelon, directeur général adjoint en charge des finances et du pôle « Performance Immobilier Résidentiel », en présentant les résultats à la presse. Le tertiaire, résiduel dans les revenus, est aligné avec un marché en bas de cycle et s’affiche en recul de 26 %, tandis que le chiffre d’affaires dans les services reste stable à près de 200 millions d’euros. L’exploitation (80 % des services) s’affiche en hausse de 9 %, grâce à des taux d’occupation élevés dans les résidences étudiantes et les espaces de coworking. À l’inverse, la distribution baisse de 21 %, sous l’effet d’un effet de base défavorable et d’un recul des actes enregistrés.
En revanche, la rentabilité opérationnelle s’améliore. Le résultat opérationnel courant, de 12 millions d’euros au premier semestre de 2026, a doublé par rapport à celui réalisé au titre de la même période, l’an passé. Il a profité de la poursuite de la recomposition des marges de l’aménagement et promotion, de la contribution récurrente des activités d’exploitation, ainsi que des effets du plan d’économies de coûts. Il a progressé sur toutes les lignes de métier et le groupe prévoit que l’indicateur s’affichera en hausse sur 2026, comme prévu initialement. « Notre trajectoire pour l’année ne dépend pas d’un rebond du marché. Elle repose sur les transformations que nous avons engagées et les leviers que nous maîtrisons et actionnons depuis 2024 », a indiqué la présidente-directrice générale du groupe, Véronique Bédague.
Entre marqueurs positifs et éléments perturbateurs
Le « New Nexity » poursuit son chemin, a ajouté la dirigeante, relevant certains marqueurs sur le semestre et les derniers mois. D’abord, par exemple, une avance dans la régénération urbaine qui se confirme, avec deux projets d’envergure à noter sur le semestre. Ensuite, l’entrée en négociations exclusives avec le groupe BPCE afin de construire un partenariat stratégique dans la distribution de logements neufs, qui devrait permettre de soutenir leur production et leur acquisition, et permettre ainsi au groupe d’augmenter sa part de marché dans la distribution.
Le contexte dans lequel Nexity a évolué au cours du semestre est néanmoins resté délicat. L’environnement de risque s’est relevé, avec la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné le retour des craintes sur l’inflation, l’énergie et les prix à la pompe, ce qui a pesé sur le moral des Français. La révision à la baisse des prévisions de croissance par la Banque de France y a ajouté son grain de sable. « Tous ces éléments ont suscité un attentisme de la part des primo-accédants, inquiets sur leur pouvoir d’achat. Nous devons donc ajuster notre lecture du cycle : la reprise attendue se décale, sans remettre en cause nos prévisions pour 2026 », a assuré Véronique Bédague. Le cycle municipal a également ajouté de l’inertie. Si 70 % des maires sortants ont été réélus, représentant un gage de stabilité, la constitution des exécutifs intercommunaux et le redémarrage de l’instruction des permis prennent du temps, a observé la présidente-directrice générale. La reprise de l’activité a débuté en juillet et est attendue complètement en septembre.
Des indicateurs à surveiller
Les indicateurs commerciaux ont pâti de ce contexte de marché. Au total, Nexity a enregistré 3 858 réservations sur la période. Les ventes au détail ont reculé de 9 % en volume, à 2 230 réservations, tandis qu’il faudra attendre la fin d’année pour avoir de meilleures estimations sur la tendance des ventes en bloc – la moitié de celles de 2025 ayant été signées au seul quatrième trimestre, ce segment est non linéaire sur l’année. En revanche, d’une manière plus générale, les chiffres sortis à date font état d’un marché au détail en baisse de 15 %. « Nous avons de l’attentisme sur les primo-accédants, mais un rebond, pour la première fois, sur les investisseurs particuliers. Nous enregistrons une progression de 16 % sur ce segment, principalement grâce au dispositif Jeanbrun [mesures de soutien annoncées par le gouvernement en début d’année, en faveur de l’investissement locatif, ndlr] que nous avons commercialisé avec notre vente interne et nos conseillers en gestion de patrimoine partenaires. Nous attendons une accélération après l’été, car tous les réseaux bancaires vont entrer dans le dispositif de vente », a détaillé le directeur financier.
« Notre cap est clair et inchangé, à savoir la recomposition de la marge et l’amélioration de la profitabilité, désendettement et amélioration de la génération de cash », a en tout cas indiqué Véronique Bédague. La dette nette est restée stable par rapport à fin juin 2025, à 394 millions d’euros. Le groupe prévoit toujours d’atteindre un ratio de levier inférieur à 3,5 fois au plus tard en 2027. Le cash-flow libre opérationnel est en amélioration de 20 millions d’euros sur un an, bien que toujours négatif à hauteur de 52 millions d’euros, intégrant une hausse du besoin en fonds de roulement de 36 millions d’euros. La liquidité du groupe ressort à 563 millions d’euros. D’un autre côté, Nexity estime avoir un pipeline représentant cinq ans d’activité, dont 42 000 logements sous promesses.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

