Macro-économie / Taux
Macro-économie / Taux
Éducation financière : la France parmi les mauvais élèves / L'essor de l'IA rend l'urgence encore plus grande
La capacité des ménages à gérer leur patrimoine, préparer leur retraite et faire fructifier leur épargne progresse peu. C’est l’un des enseignements de la quatrième étude d’Allianz Research sur la culture financière, réalisée auprès de plus de 8 000 personnes dans huit pays. Malgré l’importance croissante des décisions financières individuelles, seuls 17 % des répondants affichent un niveau élevé de culture financière, tandis qu’un quart présente un niveau faible.
La France se distingue par son retard. Avec seulement 11 % de personnes considérées comme très à l’aise avec les notions financières de base, elle arrive en dernière position, derrière les États-Unis (13 %). À l’autre extrémité du classement, le Royaume-Uni (23 %), l’Autriche (22 %) et l’Allemagne (22 %) enregistrent les meilleurs résultats.
L’étude souligne que les écarts sont particulièrement marqués selon le genre, l’âge et le niveau d’études. Les femmes sont deux fois moins nombreuses que les hommes à atteindre un niveau élevé de culture financière (11 % contre 24 %). Les jeunes générations, pourtant davantage exposées à la nécessité de financer elles-mêmes leur retraite, obtiennent également les scores les plus faibles : seuls 12 % des membres de la génération Z affichent un niveau élevé, contre 22 % des baby-boomers. Les jeunes femmes constituent le groupe le plus en difficulté, tandis que les hommes issus de la génération des baby-boomers obtiennent les meilleurs résultats.
Le niveau d’éducation apparaît comme un facteur encore plus déterminant. Seules 5 % des personnes ayant un faible niveau d’études disposent d’une solide culture financière, contre près d’un quart des diplômés de l’enseignement supérieur.
Cette insuffisance de connaissances se traduit directement dans les choix d’épargne. Plus d’une personne sur deux parmi les moins averties est incapable d’identifier le produit d’investissement qu’elle privilégierait, contre seulement une sur cinq chez les personnes les plus compétentes. Pour Allianz Research, le potentiel de création de richesse réside moins dans une hausse de l’épargne que dans une meilleure allocation des actifs. Une simulation montre qu’en réorientant une partie des dépôts bancaires vers des obligations d’État et des actions, les ménages auraient sensiblement amélioré leurs rendements au cours des vingt dernières années. En Allemagne, ce simple rééquilibrage aurait généré un surplus de patrimoine financier de près de 11 700 euros par habitant, après inflation.
L’étude met également en lumière un décalage entre confiance et compétences. Si seulement 17 % des répondants possèdent une forte culture financière, à peine 8 % estiment connaître mieux les questions financières que l’investisseur moyen. À l’inverse, près d’une personne sur deux sous-estime ses connaissances. Cette mauvaise perception peut conduire soit à l’inaction, soit, à l’inverse, à des décisions trop risquées lorsque la confiance dépasse les compétences réelles.
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) renforce cet enjeu. Près d’un répondant sur deux utilise déjà un outil d’IA au moins une fois par semaine, et 14 % déclarent s’en servir comme principale source de conseils financiers, une proportion qui atteint 26 % chez les plus jeunes. Pourtant, les utilisateurs réguliers ne présentent pas un meilleur niveau de culture financière que les autres. En revanche, ils se montrent nettement plus confiants dans leurs connaissances, faisant craindre un biais de surconfiance susceptible d’accroître le risque de mauvaises décisions.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

