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Macro-économie / Taux / MSE / France

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La BCE dévoile les enseignements de son reverse stress test sur la géopolitique / Un exercice qui a mobilisé un grande nombre de banques

La géopolitique est un caillou de plus en plus gênant ces dernières années pour l’ensemble du secteur financier européen. C’est dans cet esprit que la Banque centrale européenne a saisi l’occasion des exercices thématiques menés tous les deux ans - en alternance avec les stress test - pour demander aux banques de plancher sur la question. Chacun des participants devait identifier un scénario lié au contexte géopolitique, capable d’avoir un impact matériel sur sa robustesse.
Francfort. Photo par JENNIFER BRUCKNER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP
Francfort. Photo par JENNIFER BRUCKNER / DPA / DPA PICTURE-ALLIANCE VIA AFP

Une décennie ou presque que le danger est identifié. Lorsque l’ACPR évoque le « reverse stress test » conduit sur le risque géopolitique par la BCE avec les principales banques européennes, c’est pour parler d’un risque géopolitique bel et bien identifié comme un risque important pour le secteur financier. Le virage de l’invasion de l’Ukraine en 2022 a contribué à ce qu’un tel travail soit mené - à partir de cette date le Mécanisme de surveillance unique mentionne explicitement la géopolitique comme une priorité - et les conclusions sont pour l’heure rassurantes ; face à ce danger ce qui a été mis en lumière ce sont « les progrès réalisés par les banques européennes dans l’analyse des risques géopolitiques » et la résilience renforcée associée.

La particularité d’un tel danger est essentiellement qu’il s’agit d’un risque « transversal », c’est-à-dire qu’il peut de par ses conséquences macro-financières, « avoir des répercussions sur les catégories « traditionnelles » de risques des banques (risques de crédit, de marché, de liquidité et de taux d’intérêt et, au-delà, risques de gouvernance, de stratégie et de modèles d’affaires ainsi que les risques opérationnels) ».

 

Massif

 

Ce qui a motivé à rassembler un nombre important de participants pour ne passer à coté d’aucun des aspects, puisqu’il est bien expliqué qu’on s’éloigne complètement de la logique des stress test. Pas moins de 110 groupes bancaires européens dont 12 groupes français se sont prêtés au jeu, lequel consiste à inverser les rôles par rapport à un exercice habituel et à simuler l’impact d’un unique scénario établi par les autorités européennes. Au lieu de décliner celui-ci aux différentes banques, il a été cette fois retenu une approche bien différente.

Les équipes de l’ACPR expliquent qu’il s’agit de « demander aux banques d’identifier elles-mêmes un scénario conduisant à un niveau de stress cible (diminution d’au moins 300 points de base de leur ratio de fonds propres Common Equity Tier 1, CET1) en fonction des caractéristiques propres de leur bilan, de leur modèle d’affaires et de leurs implantations géographiques ». Chacun des participants était également tenu de fournir des informations tant sur les conséquences de ces scénarios quant à leur situation en liquidité que sur leurs conditions de refinancement. Tout comme les différentes mesures d’atténuation envisagées par leurs soins, afin de réduire au minium l’impact sur leur capital de ces différents scénarios géopolitiques. Des choix possibles qui vont d’augmentation de capital, à des restrictions des politiques de distribution des résultats en passant par des cessions d’activités ou encore des ajustements de portefeuilles.

 

Futur

 

La finalité demeure la même que lors de précédents exercices thématiques, il n’y a pas vocation à avoir d’incidence sur les recommandations au titre du Pilier 2. L’ACPR s’est fait le relais du message précisant que ces « résultats seront utilisés pour alimenter et compléter, sur un plan qualitatif, le processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (SREP), en cohérence avec le cadre ICAAP (processus interne d’évaluation de l’adéquation du capital) de 2026 ».

Le Mécanisme de surveillance unique (MSE) voit cet exercice « confirmer son appréciation antérieure d’une bonne résilience du secteur bancaire européen face à un risque géopolitique significatif », la sévérité des scénarios n’est pas remise en cause. Tout n’est pas parfait pour autant et le MSE relève plusieurs axes d’amélioration pour les banques lors des futurs exercices. Certains scénarios seraient insuffisamment développés, les effets de propagation entre secteurs ou entre régions et leur calibration auraient pour une partie d’entre eux mérité d’être approfondis. Enfin les différentes interactions entre les impacts en solvabilité et en liquidité devraient faire l’objet d’une attention particulière. La dernière recommandation vise quant à elle la faisabilité des mesures d’atténuation, lorsqu’un stress généralisé est à l’œuvre dans le système financier.

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