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Les capacités de remboursement des PME et ETI s’altèrent / Ce que l'analyse de la cotation de la Banque de France détaille
Des courants contraires. L’année 2025 a été marquée, pour les PME et ETI françaises, d’un ralentissement de l’activité pour la deuxième année de suite. À cela s’est ajoutée une légère hausse du coût de financement des PME et par l’érosion des trésoreries de ces dernières (hors ETI et microentreprises), rappelle un bulletin de la Banque de France sur la situation financière du tissu productif français. À l’opposé, les taux de marge ont fait de la résistance, tandis que ceux d’endettement sont restés globalement maîtrisés. Autant d’éléments contrastés, conduisant à s’interroger sur l'évolution de la capacité de ces entreprises à honorer leurs remboursements au terme de l'année passée.
L’institut d’émission s’est ainsi appuyé sur les liasses fiscales des 275 000 microentreprises, PME et ETI cotées par ses soins à cette date – la cotation permettant d’évaluer la capacité d’une société à faire face à ses engagements financiers à un horizon d’une à trois années. Les cotes sont révisées chaque année, grâce à la documentation comptable des entreprises et peuvent aussi être révisées au long de l’année en cas d’évènements marquants (judiciaire, accident de paiement, etc.). Avec deux grands avantages de méthode à la clé : la synthèse de plusieurs dimensions – d’activité, de liquidité, de solvabilité, entre autres – ainsi qu’une analyse à la fois quantitative et qualitative, grâce aux entretiens conduits avec les dirigeants d’entreprises.
Des deux côtés du spectre
Il ressort, de cette analyse, que les capacités de remboursement des PME et des ETI se sont étiolées l’année dernière. En effet, quelle que soit la taille considérée, la part des « meilleures cotes » a reculé pour la troisième année d’affilée. Elle a baissé de 7 points de pourcentage entre 2022 et 2025 pour les microentreprises, à 59 %, de 8 points pour les autres PME, à 58 % et même de 10 points pour les ETI, à 58 % également. Plus particulièrement, sur la dernière année disponible, soit 2025 par rapport à 2024, la baisse est plus marquée de nouveau pour les ETI (4,5 points) que pour les microentreprises (3,2 points) et les autres PME (2,9 points). Il est par ailleurs à noter que la baisse du poids des « meilleures cotes », en 2025, a concerné tous les secteurs d’activité. En revanche, sur plusieurs années, les reculs les plus marqués sont à relever du côté des transports, de la construction et des activités immobilières.
De l’autre côté du spectre, la frange des entreprises les plus en difficulté (les cotes d’une entreprise « menacée » à « fortement compromise ») a gagné du terrain. « Il s’agit des situations les plus critiques avant la cessation de paiement. La part des PME et des ETI fragiles a augmenté en 2025 pour la cinquième année consécutive », relève la note de la Banque de France. La situation s’est dégradée davantage chez les ETI que chez les autres catégories d’entreprises. Ainsi, la part des ETI cotées Banque de France avec une capacité de remboursement très dégradée s’est portée à 8 % en 2025, contre moins de 6 % en 2022. Chez les microentreprises et PME, elle a dépassé 6 %, contre environ 5 % en 2022. Du point de vue sectoriel, les difficultés du secteur du transport se confirment, lui qui était déjà tourmenté depuis la fin de 2025, avant d’affronter la poussée des prix du carburant liée au conflit en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz.
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