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Dirigeants, gouvernance / Heidrick & Struggles

Dirigeants, gouvernance
Heidrick & Struggles

Le CAC 40 privilégie la continuité interne pour choisir ses dirigeants / Un portrait-robot de ses patrons qui diffère des tendances européennes

La France conserve ses caractéristiques propres dans la manière dont se produit l’accès à la direction générale de ses plus grandes entreprises. Parmi elles, celle d’une préférence affirmée pour des patrons issus de leurs propres rangs, aux parcours construits par étapes, des expériences opérationnelles plus marquées que chez nos voisins européens, ou encore une mobilité sectorielle plus limitée.
(Photo by Thomas SAMSON / AFP)
(Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Si les quarante entreprises qui composent l’indice phare de la Bourse de Paris revêtent toutes leurs caractéristiques particulières, les étapes qui jalonnent l’accession à leur direction générale font ressortir certaines grandes tendances communes. Le cabinet Heidrick & Struggles a publié les résultats de son étude annuelle « Route to the top », qui analyse les profils et les parcours des patrons des plus grandes entreprises cotées à travers le monde. Elle repose sur un échantillon de 1 033 dirigeants, sur 27 marchés, dont l’ensemble du CAC 40 en France. Plusieurs particularités françaises, différentes des tendances qui s’observent à l’échelle européenne, en découlent.

D’abord, celle d’une préférence marquée pour les dirigeants issus de leurs propres rangs. À date, près de 78 % des patrons du CAC 40 ont en effet été nommés en interne, un niveau bien plus élevé que la moyenne européenne, s’établissant de son côté à 63 %. De même, 58 % des dirigeants des entreprises de l’indice ont passé plus de dix ans dans leur société avant d’accéder à la direction générale. « Cette tendance confirme la préférence des grands groupes français pour des profils connus, évalués dans la durée et déjà familiers de la culture de l’entreprise », observe le cabinet, qui plus est dans le contexte d’incertitude actuel.

Il semblerait, d’une manière générale, que l’accès à la direction générale reste le fruit d’un parcours long, construit par étapes. Alors qu’en moyenne, en Europe, les dirigeants mettent 9,2 ans pour s’installer à ce poste, le palier est relevé à 14,5 ans au sein du CAC 40. À ceci s’ajoute une ancienneté moyenne dans leur rôle de 7,7 ans, « signe d’une forte stabilité des équipes dirigeantes françaises. Ce modèle, qui favorise la continuité, traduit également l’importance accordée aux plans de succession et au développement progressif des talents à haut potentiel », estime le rapport de Heidrick & Struggles.

 

L’opérationnel comme spécificité

 

L’expérience opérationnelle apparaît aussi comme un marqueur des parcours des dirigeants français, dans un environnement où les entreprises se doivent de piloter des transformations complexes. Ainsi, dans le CAC 40, 38 % des dirigeants ont occupé une fonction de direction des opérations au cours de leur carrière. Soit bien plus qu’à l’échelle européenne, où la proportion s’établit à 17 %. À l’inverse, seuls 13 % d’entre eux ont occupé des fonctions de direction financière. Un point qui, là aussi, diverge du reste de l’Europe (22 %).

Les parcours restent majoritairement nationaux, remarque le cabinet, bien que l’exposition internationale progresse quelque peu. La part de dirigeants étrangers atteint 18 % (contre 15 % en 2025), mais bien en dessous de la moyenne européenne, quant à elle à 29 %. En parallèle, près de 48 % des dirigeants français ont bénéficié d’une expérience internationale, contre 43 % en Europe. De quoi faire souligner au cabinet que l’Hexagone valorise davantage cette dernière, chez les profils français, que le recrutement de dirigeants étrangers.

 

Une faible mobilité sectorielle

 

La mobilité entre secteurs reste de son côté limitée. Seuls 23 % des patrons du CAC 40 ont évolué sur des terrains d’activité différents au fil de leurs deux fonctions précédentes, contre 35 % en Europe. « La France conserve une forme d’exception dans la sélection de ses dirigeants : les parcours restent très internes, souvent nationaux et relativement cohérents d’un point de vue sectoriel. On observe toutefois une progression de l’expérience internationale, ce qui montre que les conseils d’administration cherchent à concilier continuité culturelle et ouverture sur des environnements plus complexes », résume Muriel Moreau, associée et responsable du bureau français d’Heidrick & Struggles.

Reste également la féminisation des directions générales, toujours limitée, dans un contexte où la loi Rixain fixe un cap en la matière dans les instances dirigeantes des grands groupes. Avec cinq dirigeantes actuellement en poste, celle-ci a atteint un record. Si elles représentent ainsi 12,5 % des patrons du CAC 40 et que la France se situe ainsi au-dessus de la moyenne européenne (8 %), « cette progression rappelle toutefois l’écart qui demeure entre la représentation attendue des femmes dans les viviers de direction et leur accès effectif aux plus hautes fonctions exécutives », pointe le rapport.

 

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