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Valneva préserve ses moyens avant le prochain acte sur Lyme / Les pertes se creusent, mais les objectifs sont maintenus
Valneva est entré dans une phase d’attente décisive. Alors que ses comptes se sont nettement dégradés au premier semestre, le spécialiste français des vaccins a surtout consacré cette période à préserver sa trésorerie et à réduire ses coûts dans l’attente de l’échéance qui domine désormais son histoire : le devenir réglementaire de LB6V, son candidat vaccin contre la maladie de Lyme développé avec Pfizer.
Les décisions des autorités sont attendues au cours des douze prochains mois. Depuis les résultats de phase 3 publiés en mars, Pfizer échange avec les régulateurs sur les voies possibles vers une autorisation. L’essai VALOR a montré une efficacité supérieure à 70 %. Valneva continue de mettre en avant l’ensemble des données cliniques et le besoin médical auquel pourrait répondre le seul candidat vaccin contre Lyme actuellement en développement clinique avancé. « Pfizer fait de très bons progrès avec les autorités réglementaires, et nous espérons pouvoir annoncer quelque chose bientôt. C’est tout ce que nous pouvons dire précisément à ce stade », a indiqué jeudi Thomas Lingelbach, directeur général de Valneva, lors de la présentation aux analystes des résultats semestriels. Le dirigeant estime que les procédures américaine et européenne progressent en parallèle, tout en jugeant que l’Europe pourrait avancer la première.
Le groupe resserre son dispositif
Cette attente explique largement la discipline financière à laquelle Valneva s’est astreint. Le groupe a engagé une restructuration comprenant une réduction significative des effectifs, le recentrage et le rééchelonnement de certains projets de R&D ainsi que la rationalisation de ses opérations mondiales. Ses activités de recherche ont notamment été regroupées à Vienne, tandis que le site de Nantes a été fermé et doit être cédé pour 6,2 millions d’euros en septembre. « Notre objectif sera vraiment de maximiser la génération de trésorerie de l’activité commerciale à l’avenir », a expliqué Thomas Lingelbach, qui entend conserver un modèle intégré tout en dégageant les moyens nécessaires pour renforcer à terme le portefeuille de R&D. Les économies liées à cette réorganisation ne sont toutefois encore que partiellement visibles dans les comptes du semestre : Peter Bühler, directeur financier, a souligné que les suppressions de postes n’avaient pas encore produit tous leurs effets.
De fait, la photographie financière publiée jeudi est sévère. Le chiffre d’affaires a reculé de 97,6 à 65,8 millions d’euros au premier semestre et les ventes de produits de 91 à 64 millions. La perte nette a triplé, à 63,3 millions d’euros, tandis que la perte d’EBITDA ajusté s’est creusée à 40,1 millions d’euros, en deçà du consensus, contre 6 millions un an plus tôt. La situation de trésorerie demeure en revanche solide, à 121,5 millions d’euros fin juin, contre 109,7 millions à fin décembre, après notamment les 37 millions d’euros levés au deuxième trimestre.
Le chikungunya pèse
Une large part de cette détérioration est liée à IXCHIQ, le vaccin contre le chikungunya dont Valneva réoriente désormais la stratégie commerciale. Ses ventes se sont limitées à 4,4 millions d’euros au semestre, tandis que le produit a supporté 9,7 millions d’euros de frais exceptionnels liés à l’annulation d’engagements de production et 4,5 millions de dépréciation de stocks excédentaires. Au total, IXCHIQ représente la moitié de la perte opérationnelle semestrielle de 49,9 millions d’euros. Face à une adoption jugée lente sur le marché du voyage, Valneva envisage un recentrage accru sur les zones endémiques. Plus de 50 000 adultes ont déjà été vaccinés dans le cadre d’une campagne pilote au Brésil.
Un second semestre attendu meilleur
Malgré ces à-coups, Valneva maintient ses objectifs 2026, avec 135 à 150 millions d’euros de ventes de produits et 145 à 160 millions d’euros de chiffre d’affaires total. Les marges brutes sont attendues en amélioration au second semestre, à mesure que s’estomperont les effets des charges non récurrentes. « Nous nous attendons clairement à une bien meilleure marge brute au second semestre qu’au premier », a indiqué Peter Bühler.
Avant même l’échéance réglementaire sur Lyme, un autre jalon est attendu. Les résultats de deux essais de phase 2 du candidat vaccin S4V2 contre la shigellose, deuxième cause de décès liés aux maladies diarrhéiques dans le monde, sont attendus au troisième trimestre. En cas de données positives, et selon sa future stratégie de R&D, Valneva pourrait reprendre la responsabilité du développement clinique avancé du programme.
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