Goldman Sachs divise les "proxy advisors"
EXCLUSIF.
Alors que Glass Lewis conseille de voter non au plan de rémunération de la banque new yorkaise, ISS donnerait son accord. Le verdict est attendu lors de l'assemblée générale de la banque, le 23 mai.
Les avis des proxy advisors divergent fortement concernant le plan de rémunération de Goldman Sachs, qui sera prochainement soumis au vote des actionnaires. A moins de deux semaines de l'assemblée annuelle de la banque new yorkaise, organisée pour la première fois en dehors de Wall Street à Salt Lake City, la question risque de causer des remous en coulisses.
Censurer le système de rémunération de la banque d'affaires dirigée par Lloyd Blankfein. Telle est la recommandation donnée par Glass Lewis -une société de conseil en vote de premier plan- aux investisseurs de Goldman Sachs, pointant du doigt "les déficiences" de la banque pour lier les rémunérations à la performance, dans un rapport rendu public hier. "Les actionnaires devraient être alertés par cette déconnexion : pour la seconde année consécutive, la banque a été plus généreuse en termes de compensation que ses pairs, alors qu'elle enregistre des performances inférieures", précise le rapport de Glass Lewis. Dans le collimateur aussi du cabinet de conseil -et ce, comme l'an passé- James Johnson, à la tête du comité de rémunération de Goldman Sachs, qui a selon les propres mots de Glass Lewis, "un historique de mauvaise supervision", en tant qu'ex-CEO de Fannie Mae.
Pas du tout du même avis, ISS Proxy Advisory Services USA recommande aux actionnaires de valider le système de rémunération des dirigeants, et de conserver James Johnson dans ses fonctions. Il faut dire que, contre vents et marées, Lloyd Blankfein, le patron de Goldman, a touché en 2012 une rémunération totale -bonus inclus- de 21 millions de dollars, faisant de lui le CEO le mieux rémunéré des grandes institutions de Wall Street l'an passé. L'intéressé a ainsi détrôné Jamie Dimon de JP Morgan, dont la rémunération variable a été amputée de moitié après le scandale du "London Whale".
C'est un virage à 180 degrés pour Glass Lewis, qui avait, l'an passé, conseiller aux actionnaires de soutenir le plan de rémunération de la banque d'affaires new-yorkaise, approuvé par la suite avec 94% des votes. Mettant un peu d'eau dans son moulin, la société de conseil a toutefois mis en avant l'augmentation du cours de l'action de la banque, qui a gagné 41% l'an passé, et a également salué la diminution des "risques de réputation".
Quoi qu'il en soit, le plan de rémunération des dirigeants de Goldman Sachs est -avec celui de Morgan Stanley- le seul à être rejeté par Glass Lewis. Suffisant pour faire changer d'avis les actionnaires ?
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