Macro-économie / Taux
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La BCE en remet une couche / Une inflation plus forte que prévu d’ici à 2028
La Banque centrale européenne serre la vis. Réuni exceptionnellement à Berlin, son Conseil des gouverneurs a décidé de relever de 25 points de base le taux de la facilité de dépôt, son principal taux directeur, qui atteint désormais 2,5 %. Une décision largement attendue par les marchés, mais dont le message accompagnateur était particulièrement scruté, alors que le conflit au Moyen-Orient alimente une nouvelle poussée des prix de l'énergie.
L'inflation en zone euro a accéléré à 3,3 % en août, contre 2,9 % en juillet. Dans le même temps, l'inflation énergétique a bondi à 14,3 %, après 10,3 % le mois précédent, notamment sous l'effet de la hausse des prix des matières premières énergétiques et des marges de raffinage. À l'inverse, les tensions sur les autres composantes des prix se sont légèrement atténuées. L'inflation hors énergie et alimentation est revenue à 2,4 %, contre 2,5 % en juillet. L'inflation des services a notamment reculé de 3,3 % à 3 %, tandis que celle des biens a progressé de 0,9 % à 1,2 %.
Si Francfort le redoute, pour l'heure, la dynamique salariale ne traduit pas de réaction importante au choc énergétique. La progression annuelle de la rémunération par salarié a ralenti à 3,3 % au deuxième trimestre, contre 3,5 % au premier. La hausse de la productivité a également contribué à contenir les coûts unitaires du travail.
Christine Lagarde, présidente de la BCE, a rapporté que selon les nouvelles projections de l’institution, l'inflation globale devrait atteindre en moyenne 3 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. Pour l'inflation hors énergie et alimentation, les projections s'établissent respectivement à 2,5 %, 2,6 % et 2,3 %. Par rapport aux prévisions de juin, les prévisions d'inflation ont été relevées pour 2027 et 2028.
Pour ce qui concerne la trajectoire à venir du taux directeur, la Française s’est contentée d’indiquer, comme d’ordinaire, que la décision du Conseil sera fondée sur « son évaluation des perspectives d’inflation et des risques entourant ces perspectives, compte tenu des données économiques et financières disponibles, de la dynamique de l’inflation sous-jacente et de la force de la transmission de la politique monétaire ». Avec la décision prise aujourd’hui, "nous restons bien positionnés pour faire face à l’incertitude causée par le conflit", a-t-elle fait valoir.
Pour Nicolas Forest, CIO de Candriam, les marchés pourraient aller trop loin en anticipant environ 50 points de base de resserrement supplémentaire, ce qui porterait le taux de dépôt à 3 % d'ici mars 2027. « Cela nous semble excessif. À moins que les perspectives d’inflation ne se détériorent davantage ou que l’Europe ne subisse un nouveau choc énergétique majeur, il est peu probable que les mesures de resserrement aillent au-delà de ce qui est déjà prévu », juge-t-il.
Même circonspection du côté de BlackRock Investment Institute. Ann-Katrin Petersen, Chief Investment Strategist pour l’Allemagne l’Autriche la Suisse et l’Europe de l’Est, estime que des hausses portant les taux à 3% ou au-delà semblent « peu probables en l’absence de signes clairs d’une inflation de « second tour » ».
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