Entreprises / Actions / Seb / Loïc Moutault / Stanislas de Gramont
Entreprises / Actions
Seb / Loïc Moutault / Stanislas de Gramont
SEB va chercher chez Mars le pilote de son plan Rebond / Loïc Moutault remplace Stanislas de Gramont
C'est au moment où ses comptes commencent à se redresser que le Groupe SEB change de capitaine. Réuni lundi soir sous la présidence de Thierry de La Tour d'Artaise, le conseil d'administration a nommé à l'unanimité Loïc Moutault directeur général à compter du 1er octobre. Il succède à Stanislas de Gramont, aux commandes du groupe d'Écully depuis juillet 2022 après en avoir été directeur général délégué à partir de décembre 2018. La dissociation des fonctions de président et de directeur général, instaurée lors de ce premier passage de relais, est maintenue.
Ce passage de relais intervient six mois après le lancement du plan Rebond, présenté en février par Stanislas de Gramont lui-même. Fin juillet, le groupe a publié un résultat opérationnel d'activité (ROPA) en hausse de 44 %, à 172 millions d'euros, et un cash-flow libre redevenu positif, à 53 millions. « Le plan Rebond est engagé et commence à produire ses effets », souligne Thierry de La Tour d'Artaise dans le communiqué, qui ne précise pas les raisons de ce départ. Selon les explications fournies par la société lors d'une conférence téléphonique, la décision aurait en réalité été prise dès le début de l'année, au moment de la présentation du plan, avec l'idée d'en confier la mise en œuvre à un nouveau dirigeant.
Il n’en demeure pas moins que la Bourse a mal accueilli mardi une communication jugée abrupte : en fin d’après-midi, le titre reculait de près de 3 %, à 55,8 euros.
Le plus dur reste à faire
Au-delà de la surprise, Loïc Moutault hérite d’un chantier qui reste considérable. Les premiers progrès enregistrés au premier semestre partent en effet d’une base 2025 très dégradée. Le ROPA avait chuté de 25 %, à 601 millions d'euros, et la marge opérationnelle était tombée à 7,4 % des ventes, contre 9,7 % un an plus tôt, sous l'effet des droits de douane américains, de la volatilité des devises et d'une base de comparaison élevée dans le café professionnel. Le plan Rebond vise environ 200 millions d'euros d'économies annuelles récurrentes d'ici fin 2027 et prévoit jusqu'à 2 100 suppressions de postes dans le monde. Son coût pèse déjà sur les comptes, avec 178 millions d'euros de charges exceptionnelles au premier semestre, qui ont fait basculer le résultat net part du groupe dans le rouge, à 124 millions d'euros de pertes. Le levier financier atteignait par ailleurs 2,8 fois l'Ebitda ajusté fin juin, quand le groupe vise un retour autour de 2 fois à horizon 2027.
C'est ce chantier que reprendra Loïc Moutault, sans période de tuilage. Là où son prédécesseur avait passé plus de trois ans aux côtés de Thierry de La Tour d'Artaise avant de prendre seul la direction générale, le nouveau patron arrive directement de l'extérieur. Entré chez Mars en 1995 dans les fonctions financières, il a dirigé Mars Petcare en Allemagne puis Royal Canin, d'abord pour la région Asie-Pacifique en 2013, au niveau mondial à partir de 2014, avant de prendre en 2022 la présidence mondiale de Mars Petcare. Un parcours de gestionnaire de marques grand public mondiales, que le conseil juge adapté pour relancer la croissance rentable et l'activation des innovations. Le futur directeur général entend poursuivre le plan Rebond « avec l'ambition d'en accélérer l'exécution », sans remettre en cause l'ambition de moyen terme fixée en février : une croissance organique annuelle des ventes de 5 % et une marge opérationnelle de 10 %, pour tendre ensuite vers 11 %.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

