Macro-économie / Taux / JP Morgan AM / Epargne / précaution
Macro-économie / Taux
JP Morgan AM / Epargne / précaution
L’aversion pour le risque coûte cher aux ménages français / Leurs choix d’épargne sont pour le moins conservateurs
Un champion de l’épargne qui reste très frileux. Ce n’est pas la capacité d’épargne qui fait défaut aux ménages français, leur taux associé est équivalent à 18 % de leur revenu disponible, là où en Europe il est de 15 % et de 3 % aux États-Unis. Ce sont plutôt les choix pour leur épargne de moyen et long terme qui en grèvent le rendement. Les données du sondage réalisé par J.P. Morgan Asset Management montrent que 35 % des Français déclarent détenir à cette fin « la majeure partie de leur épargne sur des comptes ou livrets, contre seulement 15 % en actions. »
De quoi les conduire à avoir placé 475 milliards d’euros sur des comptes, livrets d’épargne et autres placements assimilés depuis le début de l’année 2020. En simplifiant à l’extrême l’arbitrage effectué, les équipes de J.P. Morgan AM constatent que ces « 475 milliards d’euros auraient atteint aujourd’hui 921 milliards d’euros s’ils avaient été investis sur les marchés actions mondiaux. Placés sur un Livret A, ils atteignent 527 milliards d’euros. » D’où découle le chiffre de 394 milliards d’euros de différentiel sur six ans.
Boule de neige
Le plus frappant dans cet exemple est de rapporter le rendement à l’inflation sur la période. L’étude avance que « 100 euros placés sur un Livret A début 2020 auraient atteint 111 euros en valeur nominale à fin 2025, mais seulement 96 euros une fois l’inflation prise en compte », là où sur les marchés actions internationaux la valeur nominale de ces mêmes 100 euros atteindrait 194 euros avant d’être ramenée à 168 euros en termes réels. Loin d’être anodin lorsqu’on sait qu’un tiers du patrimoine financier des ménages tricolores est placé sur des comptes, livrets et dépôts. Une culture qui semble solidement ancrée puisque pas moins de « 42 % des répondants déclarent n’avoir jamais envisagé d’investir en actions ou ne pas savoir comment s’y prendre. »
L'autre pendant est une forte conviction dans l’immobilier, lequel pèse actuellement 58 % du patrimoine total des ménages français, là où il ne représente que 50 % au Royaume-Uni et 55 % en Belgique. Il n’est pas question de changer son fusil d’épaule au vu de leur appréciation de l’évolution future des prix, 60 % des sondés anticipant une hausse de « l’immobilier résidentiel au cours des vingt prochaines années supérieure à celle observée au cours des vingt dernières. » Lilia Peytavin, stratégiste des marchés mondiaux chez J.P. Morgan Asset Management, décrypte les réponses comme mettant en avant un enjeu qui « n’est évidemment pas de remettre en cause l’épargne de précaution, mais d’aider les épargnants à mieux diversifier leur patrimoine et à faire travailler davantage leur épargne de long terme, notamment pour préparer leur retraite. »
Anticiper
Préparer ses vieux jours nécessite en effet de s’y prendre bien en amont et pour l’heure pas moins de « 24 % des répondants appartenant à la génération X, âgés de 46 à 61 ans, n’ont pas encore établi de plan d’épargne pour leur retraite. » Ce qui s’accompagne d’une conviction que le meilleur rendement pour une épargne de long terme se trouve être les comptes ou livrets d’épargne (26 % des répondants), loin devant les actions qui ne convainquent que 12 % des Français.
Le dernier enjeu est celui du financement de l’économie française, cette épargne de précaution ne bénéficie en effet que trop peu aux entreprises ayant besoin d’investissements. Alors même que, ces dernières années, consommation des ménages et investissements sont en berne de ce côté de l’Atlantique, pénalisant la croissance.
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