Macro-économie / Taux / Direction générale du Trésor / France / Exportations
Macro-économie / Taux
Direction générale du Trésor / France / Exportations
Donald Trump a chamboulé l’ordre établi des exportateurs / Les parts de marché aux Etats-Unis ont été bouleversées
Le retour du bilatéralisme dans toute sa splendeur. Les différentes hausses de droits de douane américains depuis plus d’un an ont contribué à remodeler le commerce mondial. À en écouter les deux économistes de la direction générale du Trésor qui ont creusé le sujet, il est impératif de ne pas se cantonner aux seuls taux douaniers moyens, puisqu’ils sont insuffisants pour déterminer « l’impact sur la compétitivité des exportateurs d’un pays, celui-ci dépendant aussi des droits de douane frappant leurs concurrents. »
Leur travail a consisté à éplucher plus de 5 500 produits à travers 25 secteurs, ce qui leur a permis de voir des effets notables pour l’Europe, dont les exportateurs de machines, de chimie, de produits agroalimentaires, d’acier, de produits informatiques et électroniques, et d’automobiles ont vu leur exposition concurrentielle s’intensifier. Pour parvenir à un tel résultat, ils ont tiré profit de Comet, l’outil de modélisation de la Direction générale du Trésor, lequel atteste d'une dégradation de la position de l’Union européenne en raison de l’impact des droits de douane sur la compétitivité de ses exportateurs.
Chambouler
La séquence est loin d’avoir servi les intérêts de l’Europe. Dans un premier temps, entre avril 2025 et février 2026, la situation s’était dégradée relativement à quatre de ses cinq principaux concurrents à l’export vers les États-Unis (Canada, Mexique, Japon, Royaume-Uni) et légèrement améliorée vis-à-vis du Brésil et de l’essentiel de l’Asie. Puis, jusqu’à juin dernier, les auteurs expliquent que la situation « a empiré du fait de la mise en place des droits généralisés. Ce changement a fait diminuer les taux des pays par rapport auxquels l’Union européenne était en position favorable (Chine, Inde, Brésil), sans modifier sa situation avec les pays face auxquels elle était désavantagée. »
Pour illustrer cette aggravation, les économistes insistent sur le fait que là où certains secteurs – textile, chaussures entre autres – tiraient leur épingle du jeu, la convergence des taux a nui à l’ensemble des secteurs exportateurs européens. Certaines exceptions perdurent cependant, notamment au profit de l’Hexagone.
Exception tricolore
L'analyse détaillée n’est pas sans mauvaise nouvelle pour la France, étant donné qu’en ce qui concerne les produits agroalimentaires, elle est essentiellement désavantagée par rapport au Canada, bien mieux loti en termes de tarif. Même son de cloche sur les brandys, où la Chine, l’Australie et l’Irlande s’en tirent à meilleur compte. Le point de bascule d'un avantage à un désavantage est ténu au sein d’un secteur. Sur le secteur aéronautique, les exportations tricolores sont notamment en meilleure position vis-à-vis du Royaume-Uni et des autres exportateurs européens, étant donné que nous exportons plus de turboréacteurs et d’avions – lesquels sont exemptés par l’accord de Turnberry. Dans le même temps, le Canada nous grille la politesse sur les trains d’atterrissage et les hélices, les taux imposés à l’UE étant nettement plus élevés.
Cependant, à l’inverse, le voisin des États-Unis est davantage ciblé par la Maison Blanche sur l’aluminium. Cela conduit à ce que les exportateurs français soient en meilleure position, tirant profit de taux de douane plus faibles.
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