Macro-économie / Taux
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Le choc énergétique menace les marges des entreprises européennes / Les secteurs des transports et des métaux en première ligne
La flambée des prix de l’énergie pourrait peser sensiblement sur les bénéfices des entreprises européennes. Une analyse de la Banque européenne d’investissement (BEI) estime que la hausse des cours du pétrole et du gaz pourrait entraîner une augmentation significative des coûts de production en 2026 et 2027, avec des effets très variables selon les secteurs.
Dans le scénario de référence de l’étude, il est estimé que les coûts de l’ensemble de l’économie européenne seraient supérieurs de 0,9 % en 2026 à ce qu’ils auraient été en l’absence de hausse des prix de l’énergie. L’effet se réduirait à 0,4 % en 2027. Dans un scénario plus défavorable, l’augmentation atteindrait respectivement 2,3 % en 2026 et 1,3 % en 2027.
Toutes les industries ne subiraient toutefois pas le choc avec la même intensité. L’analyse fait apparaître de fortes différences entre les secteurs, en fonction notamment de leur dépendance au pétrole et au gaz. Le transport aérien serait le secteur le plus durement touché en 2026. Dans le scénario de référence, ses coûts pourraient augmenter de plus de 6 %. D’autres industries fortement consommatrices d’énergie seraient également exposées : la chimie et le transport maritime verraient leurs coûts progresser d’environ 5 %, tandis que ceux de l’industrie des métaux de base augmenteraient de quelque 4 %.
Le scénario défavorable accentuerait considérablement ces tensions. Dans le transport aérien, la hausse des coûts pourrait ainsi atteindre 14 %, soit plus du double de celle observée dans le scénario de référence.
La BEI a ensuite simulé l’effet de ces hausses de coûts sur les marges opérationnelles des entreprises. L'hypothèse retenue est particulièrement contraignante : les entreprises absorbent intégralement la hausse de leurs coûts sans la répercuter sur leurs prix de vente et maintiennent leur niveau de production. Dans ces conditions, l’industrie des métaux de base apparaît comme la plus exposée. Dans le scénario de référence, la marge opérationnelle médiane des entreprises du secteur pourrait diminuer de près de 5 points de pourcentage en 2026. Dans le scénario défavorable, la baisse dépasserait 12 points.
Pour la plupart des autres industries, le recul serait plus limité dans le scénario de référence, généralement de 1 point de pourcentage ou moins. Mais la BEI souligne qu’une baisse apparemment modérée peut avoir des conséquences importantes pour les entreprises dont les marges sont déjà faibles.
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