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Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

L’inflation des restrictions aux exportations de minerais critiques inquiète / Un phénomène qui pourrait n’en être qu’à ses prémices

Une hausse des prix des minerais critiques depuis la fin de l’année passée qui doit beaucoup à une poignée de dirigeants politiques. Ceux-là mêmes qui ont permis au nombre de restrictions à l’exportation recensées par l’OCDE de quintupler entre 2009 et 2024. La poursuite d’une telle dynamique, associée à d’autres facteurs, est susceptible d’engendrer une coûteuse perturbation de l’approvisionnement des terres rares et des aimants permanents.
Bauxite. Photo par CFOTO / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Bauxite. Photo par CFOTO / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP

Des économies qui se passeraient bien d’une nouvelle turbulence. Les estimations du Fonds monétaire international (FMI) évoquent une perte d’activité possible de l’ordre de 1,8 % du PIB au Japon, de 1,5 % aux États-Unis et de 1,2 à 1,3 % en Allemagne, dans le cas d’un approvisionnement gravement perturbé de terres rares et d’aimants permanents. Un scénario qui ne serait pas à exclure à en croire les équipes de GSA, celles-ci expliquent qu’un petit nombre de pays dispose d’un formidable pouvoir de marché leur permettant de réguler les flux mondiaux à leur guise ou presque.

Ce qui ne veut pas dire qu’il y a une concertation entre eux, là où la RDC a des motivations bien différentes de celles de la Chine pour procéder à la mise en place de restrictions. Approfondissant le cas du pays africain, les experts du conseil souverain rappellent que le pouvoir local a tâtonné quelque peu, tantôt suspendant d’abord les exportations de cobalt - en février 2025 - avant d’instaurer un système de quota à l’automne. Censée permettre au marché de rebondir suite "à l’essor de la production indonésienne et à une offre structurellement rigide », cette mesure n’a pas eu les effets escomptés.

Double peine

 

Les hausses de prix n’ont pas permis de compenser la baisse des volumes effectivement réalisés. Les calculs des auteurs établissent qu’entre « le premier semestre 2025 et le premier semestre 2026, le recul du solde commercial des produits « cobaltés » étudiés représente l’équivalent de 1,26 point de PIB congolais». Les données chinoises - important 90 % des exportations provenant de RDC - montrent que les volumes ont effectivement été réduits.

Du côté chinois, la stratégie consiste depuis plusieurs années à mettre en place peu à peu un système de licence sur toute une série d’exportations. Elle a commencé avec le gallium et le germanium en 2023, puis la liste a peu à peu également compté d’autres noms. Pour autant, cette accélération du protectionnisme sur le sujet - allant jusqu’à l’interdiction de certaines exportations vers les États-Unis - est bien moins préjudiciable pour l’économie chinoise tant celle-ci est plus conséquente et diversifiée que l’économie de la RDC. On explique chez GSA que désormais « l’essentiel du risque est transféré aux pays consommateurs. Lorsque les stocks et les possibilités de substitution sont limités, l’indisponibilité de volumes pourtant faibles peut interrompre des productions de plus grande valeur dans les semi-conducteurs, les batteries, l’aéronautique, l’automobile ou encore la défense. »

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