Macro-économie / Taux / BCE / économistes / Chine
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BCE / économistes / Chine
Une Chine qui épargne davantage certains pays européens / L’Europe a de moins en moins de débouchés pour ses exportations
Une montée en puissance chinoise qui ne fait pas les affaires de l’Europe. Le constat n’est pas nouveau mais gagne à être nuancé. Voilà un travail auquel se sont livrés pas moins de cinq économistes de la Banque centrale européenne (BCE). C’est peu dire que tous les pays européens ne sont pas logés à la même enseigne, tant au sein de l’UE il existe des spécialisations sectorielles bien différentes et la Chine n’est pas une concurrente féroce sur l’ensemble de celles-ci.
Même son de cloche en ce qui concerne l’intégration aux différentes chaînes de valeur industrielles, la montée en puissance de l’Empire du milieu n’y est pas uniforme. Ce qui a pu par le passé gripper la coordination de la réponse européenne, tant les intérêts nationaux peuvent diverger. Matteo Falagiarda, économiste à la BCE, et ses confrères, attirent l’attention sur cette exposition asymétrique de l’UE aux chocs mondiaux, tant elle peut avoir à la fois « des répercussions sur la compétitivité, l’investissement et la croissance, ainsi que sur la convergence macroéconomique et le fonctionnement de l’union monétaire. » Un cocktail est imaginé pour les pays souffrant le plus de cette montée en puissance chinoise et mêle la promotion de l’innovation, la diversification des chaînes d’approvisionnement ou encore le renforcement des capacités industrielles locales.
Chevaucher
La similitude qui inquiète également les auteurs est celle qui ne cesse de devenir une réalité entre les structures d’exportation de biens de la Chine et de plusieurs pays de l’UE. Cette dynamique est tout particulièrement vraie pour les économies ayant une forte intensité manufacturière – dont notre voisin allemand fait partie. À l’inverse, les pays avec des structures plus spécialisées s’en tireraient mieux et il s’agit essentiellement de petits États membres. Cette évolution est expliquée telle l’apparition d’une concurrence pour plusieurs moteurs de croissance « essentiels pour certaines économies européennes au cours des dernières décennies, notamment la production automobile et les machines industrielles. »
La production locale accrue pourrait ainsi permettre de comprendre la baisse notable des exportations de l’UE vers la Chine et ce, depuis 2019. Tous les maux ne sont pas attribués néanmoins à la seule planification chinoise, les économistes de Francfort n’éludant pas la substitution des exportations européennes par d’autres fournisseurs étrangers, les évolutions de la demande chinoise, que ce soit en termes de composition, sa moindre nécessité de recourir aux importations industrielles européennes ou bien son affaiblissement récent.
Recomposition
La concurrence chinoise ne séduirait quant à elle pas tous les pays pour les mêmes raisons. Les auteurs considèrent que pour l’Asie, c’est avant tout la place prépondérante de la Chine au sein des différentes chaînes d’approvisionnement régionales qui joue. Sans oublier sa position de choix sur le marché des biens intermédiaires et d’équipement qui va en se renforçant. On peut ajouter à ces atouts la concurrence croissante exercée sur les points forts traditionnels de l’Europe, ainsi qu’un dernier avantage indéniable. Ce dernier réside dans les avantages concurrentiels en termes de coûts et dans la gamme de produits plus étendue que parviennent à proposer les entreprises chinoises sur les marchés dits tiers.
La seule bonne nouvelle conséquente résiderait dans la brouille entre la Maison Blanche et Pékin, celle-ci ayant mécaniquement fermé les portes du marché américain aux firmes chinoises. Le fait que les différents pays de l’UE aient accru leurs parts de marché à l’exportation aux États-Unis est vu comme pouvant « refléter une réorientation des échanges commerciaux liée aux récentes tensions commerciales sino-américaines. »
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