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Entreprises / Actions / LVMH / Christian Dior / Agache / Financière Agache

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LVMH / Christian Dior / Agache / Financière Agache

La famille Arnault concentre son édifice autour de Christian Dior / Deux étages en moins au-dessus de LVMH

Rendre plus lisible le contrôle de LVMH tout en assurant sa continuité familiale : le projet fera disparaître deux étages de holdings. Les minoritaires de Christian Dior pourraient sortir à un prix proche de la valeur des actifs ou rester dans la nouvelle structure.
La famille Arnault veut achever la simplification du contrôle de LVMH autour de Christian Dior et offrir une sortie aux minoritaires. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)
La famille Arnault veut achever la simplification du contrôle de LVMH autour de Christian Dior et offrir une sortie aux minoritaires. (Photo by ALAIN JOCARD / AFP)

Pour les actionnaires de LVMH comme pour ceux de Christian Dior, l'opération dévoilée mercredi par la famille Arnault a d'abord le mérite de la clarté. Attendue de longue date par le marché, la simplification de la chaîne de contrôle du leader mondial du luxe entre dans sa phase décisive, avec Christian Dior pour pivot. Le groupe familial envisage d'absorber Financière Agache dans Agache, puis Agache dans Christian Dior. Deux étages seraient ainsi supprimés au-dessus de LVMH. Seule société cotée des trois holdings, Christian Dior serait simultanément rebaptisée Agache et transformée en société en commandite par actions.

Agache détient aujourd'hui 100 % de Financière Agache, qui possède elle-même 96 % du capital de Christian Dior et 6,77 % de celui de LVMH. Cette participation directe rejoindrait les titres du groupe de luxe déjà détenus par Dior. La holding issue des fusions réunirait ainsi 49,76 % du capital et 65,55 % des droits de vote de LVMH, soit l'essentiel de la participation familiale, qui atteint désormais 50,33 % et 66,27 % respectivement. En février, Bernard Arnault et sa famille avaient franchi le seuil de la majorité du capital, avec 50,01 % des actions et 65,94 % des droits de vote. À ce renforcement succéderait donc le regroupement des titres au sein d'une même structure. L’opération pourrait aussi ramener vers LVMH les investisseurs qui passaient par Dior pour profiter de sa décote, en les incitant à miser directement sur le groupe de luxe.


La commandite, clé de voûte du contrôle familial


Agache disparaîtrait, mais la commandite adoptée en 2022 serait maintenue au sein de Christian Dior pour pérenniser le contrôle familial. Cette forme sociale distingue deux catégories d'associés. Les commanditaires sont les actionnaires, dont la responsabilité se limite à leurs apports. Les commandités sont indéfiniment et solidairement responsables des dettes sociales. Agache Commandité et Bernard Arnault conserveraient cette qualité, ce dernier exerçant également la gérance. Un conseil de surveillance, ouvert à des membres indépendants au sens du code Afep-Medef, contrôlerait la gestion sans la diriger. Les droits financiers des commandités resteraient plafonnés à trois millions d'euros par an.


Orfèvrerie juridique


Ce montage de haute couture juridique porte la signature de Jérôme Sibille, directeur de l'administration générale et des affaires juridiques de LVMH. Plusieurs étapes restent toutefois à franchir. Christian Dior ayant le statut de société européenne, ses actionnaires devront d'abord voter sa transformation en société anonyme. Ce passage est nécessaire, « dans la mesure où la législation n'offre pas la faculté d'une transformation directe d'une société européenne en société en commandite par actions », précise le communiqué. Une seconde assemblée se prononcerait en décembre sur la fusion et le passage en commandite, sous réserve que l'AMF accorde des dérogations à l'obligation de déposer une offre sur Christian Dior et sur LVMH. L'offre publique de retrait consécutive à cette transformation ne serait ouverte qu'au premier trimestre 2027.


Une sortie au plus près de la valeur des actifs


Celle-ci s'annonce attractive pour les minoritaires. Payée en numéraire, elle viserait les 2,44 % du capital encore dans le public, une fraction valorisée environ 1,63 milliard d'euros au cours du 22 septembre. Le prix serait fixé à 95 % de l'actif net réévalué de Christian Dior, soit une décote limitée à 5 % par rapport à la valeur estimée de ses actifs après déduction de ses dettes. Cette valeur serait calculée à partir du cours moyen de LVMH sur un mois. À titre illustratif, le prix ressortirait à 469,05 euros par action, acompte sur dividende de 6,05 euros inclus. Cela représente des primes de 27,3 % sur le dernier cours, de 21,6 % sur la moyenne d'un mois et de 12,5 % sur celle de trois mois. Si tous les minoritaires apportaient leurs titres, qui représentent 2,44 % du capital de Dior, la famille Arnault devrait débourser un peu plus de 2 milliards d’euros sur la base de ce prix indicatif. Le prix définitif par action serait toutefois fixé cinq jours ouvrés avant l'assemblée de décembre et dépendrait de l'évolution du cours de LVMH.

Contrairement au rachat des derniers minoritaires de Financière Agache en 2021, aucun retrait obligatoire n'est prévu. Les porteurs qui ne souhaiteraient pas vendre conserveraient leurs titres dans une holding au périmètre élargi, réunissant les participations dans LVMH et les autres actifs reçus d'Agache. Ceux qui le souhaitent pourront « rester aux côtés du groupe familial Arnault au capital de l'entité cotée fusionnée, Agache SCA », indique Christian Dior.

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