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BNP Paribas lève un coin du voile sur 2030 / L'efficacité au cœur du prochain plan
Mercredi 23 septembre, Jean-Laurent Bonnafé s’exprimait devant les investisseurs réunis par BofA pour sa conférence financière. Dès mardi, BNP Paribas avait publié un communiqué esquissant les principaux messages de cette intervention, avant de dévoiler ensuite le support présenté par son directeur général. Celui-ci précise notamment où la banque compte aller chercher une partie de ses prochains gains de rentabilité : dans la transformation de ses fonctions support. Le document BofA insiste parallèlement sur la poursuite de la croissance dans les trois grands métiers du groupe, CIB, banque commerciale et gestion d’épargne.
Le plan stratégique 2030 ne sera dévoilé que le 2 février 2027. D’ici là, le groupe fait passer un message : les investissements nécessaires au renforcement de ses métiers ont été réalisés ; il s’agit désormais d’en tirer pleinement parti. « Nous entrons dans une nouvelle phase de croissance rentable », affirme le directeur général. Certains chantiers se poursuivent néanmoins : AXA IM est en cours d’intégration, tandis que celle d’Athlon, récemment acquis par Arval, reste à mener. L’enjeu est désormais de transformer ces investissements et ces rapprochements en gains de rentabilité.
La barre des 50 % en ligne de mire
Cela doit notamment se traduire par une baisse du coefficient d’exploitation, qui mesure la part des revenus absorbée par les coûts de fonctionnement. Lors des résultats du deuxième trimestre, le 23 juillet, Jean-Laurent Bonnafé esquissait une trajectoire vers un ratio proche de 50 %, soit 50 euros de charges pour 100 euros de revenus. Une trajectoire plus ambitieuse que celle retenue notamment par les analystes de Morgan Stanley, qui prévoyaient 53 % en 2030 dans leur note du 24 juillet. « Se rapprocher beaucoup plus de 50 % nécessiterait des preuves plus tangibles de l’exécution en matière de coûts, qui nous font pour l’instant défaut », expliquaient-ils.
Un milliard d'euros d'économies par an
Pour concrétiser cette ambition, BNP Paribas mise sur un plan de transformation de ses fonctions support, fondé sur « la simplification de son architecture technologique », « l’industrialisation de ses processus » et « le déploiement à grande échelle de l’intelligence artificielle ». Le support présenté à BofA donne désormais une première mesure de l’effort : le groupe identifie environ 15 milliards d’euros de coûts sur lesquels agir et veut faire passer le rythme annuel moyen des économies d’environ 700 millions d’euros sur 2022-2026 à près de 1 milliard sur 2027-2030. Environ 80 % des économies visées à l’horizon 2030 seraient déjà identifiées, dont environ un quart attendu dès 2027. BNP cite cinq leviers : délocalisation de certaines fonctions, simplification de l’organisation, optimisation des processus, IA et dépenses externes, immobilier compris.
Ces dernières années, les fonctions centrales ont été mobilisées par la mise en œuvre des nouvelles règles de Bâle et du dispositif de lutte contre le blanchiment. La banque juge désormais le cadre réglementaire stabilisé, permettant à ces fonctions de se consacrer à leur propre optimisation. Après de premiers gains rapides, les transformations les plus lourdes prendront davantage de temps : la banque situe l’essentiel de cette nouvelle phase entre 2027 et 2030, tandis que les bénéfices de l’IA doivent monter progressivement en puissance au cours du plan.
L’effet de ciseaux comme moteur
L’objectif n’est pas nécessairement de réduire les dépenses en valeur absolue, mais de faire croître les revenus plus vite que les charges. Une croissance que le groupe situe dans le nouveau cycle d’investissement européen porté par la souveraineté, la transition énergétique et l’intelligence artificielle. Les débouchés vont du montage de financements pour les grandes entreprises à l’accompagnement des investissements des entreprises de taille moyenne. Ses métiers de gestion d’épargne doivent contribuer à orienter les capitaux vers ces besoins. BNP Paribas mise sur son positionnement dans les financements et structurations complexes, sans chiffrer les revenus supplémentaires attendus.
Du résultat au capital
Cet effet de ciseaux doit contribuer à la croissance annuelle moyenne à deux chiffres du bénéfice par action visée entre 2025 et 2028. La hausse du résultat en serait le principal moteur, complété par les rachats d’actions. La présentation BofA en précise les ressorts : une nette progression du résultat net sur la période, accompagnée d’une hausse d’environ 2 % des actifs pondérés après optimisation. En limitant le capital mobilisé par sa croissance, la banque disposerait de davantage de fonds propres à redistribuer. Les gains d’efficacité « renforceront sa génération de capital et permettront d’accroître le retour aux actionnaires », prévoit ainsi BNP Paribas.
Après avoir atteint avec dix-huit mois d’avance sa cible de 13 % pour le ratio de fonds propres durs CET1, le groupe entend le maintenir à ce niveau. Les acquisitions jugées nécessaires ayant été réalisées, la direction s’attend à pouvoir restituer aux actionnaires les excédents de capital qui apparaîtront, leur utilisation devant être arbitrée chaque année. Le document va plus loin sur l’orientation générale : BNP y affirme que sa politique de distribution sera relevée dans le prochain plan stratégique. D’ici là, le groupe maintient un plancher de 60 % du résultat à compter de 2027, les nouvelles modalités devant être précisées le 2 février. Dans leur note de juillet, les analystes de Morgan Stanley estimaient justement que ce futur plan pourrait porter ce taux de distribution à 70 %.
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