Macro-économie / Taux / pétrole / Standard Chartered / Coface / Plassard
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L’appétit pour l’or noir s’étiole / Des destructions de demande pour empêcher le baril de flamber
Une déperdition permettant de supporter le choc. La crise énergétique perdure et les marges de manœuvre des gouvernements sont ténues pour aider leurs concitoyens à encaisser le choc. Malgré les efforts déployés, l’érosion de la demande semble inéluctable en 2026 avec une Agence internationale de l’énergie (AIE) qui continue à tabler sur une baisse de l’ordre de 2,5 millions de barils par jour (mbj). Un chiffre similaire aux grandes crises passées et qui pourrait bien être revu à la hausse dans les prochains mois.
C’est la conviction de Standard Chartered. Les équipes de recherche de la banque britannique considèrent que la surperformance des ventes de véhicules électriques fait ni plus ni moins peser « un risque haussier sur l’estimation de l’AIE du volume de pétrole que ces véhicules remplaceront à moyen terme. » Auxquels les experts n’oublient pas de joindre les injonctions à la sobriété de plus en plus courantes chez les différents gouvernements, n’étant pas ou plus à même d’offrir le même soutien public que par le passé.
Dégonfler
En reprenant les données du Centre for Economic Policy Research, il s’avère que la baisse de la demande a permis entre mars et mai de pallier une grande partie de la baisse des flux transitant habituellement par le détroit d’Ormuz – 5,7 mbj sur les 20 mbj perdus. Pas de quoi empêcher toute flambée des prix, le marché étant particulièrement sensible à la moindre turbulence géopolitique tant le niveau des stocks est faible. Chez Coface, on rappelle que les événements récents au Moyen-Orient ont contribué à ce que le baril de Brent soit « repassé au-dessus des 100 dollars, une première depuis le 22 mai dernier » et que dans le même temps les « produits raffinés affichent des hausses encore plus marquées (+ 30 % pour le diesel et + 35 % pour le kérosène par rapport à juin) notamment dûes aux perturbations des capacités de raffinage en mer Noire, dans le Golfe et en Russie. »
Pour l’heure, on ne croit pas pour autant à des prix qui se stabilisent à ces niveaux-là, puisqu’il est maintenu une prévision de 85 dollars le baril cette année avec néanmoins un risque haussier omniprésent. Même son de cloche chez Standard Chartered, où on « estime toutefois que les risques extrêmes pesant sur la croissance mondiale s’accumulent à mesure que la crise se prolonge. » Une inquiétude partagée par d’autres observateurs, dont John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion. Bien que les flux passant par Ormuz actuellement puissent rassurer un tant soit peu, John Plassard estime que « le marché ne traite donc plus seulement les barils disponibles, mais la crédibilité d’un cessez-le-feu qui avait déjà échoué durant l’été. »
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