Macro-économie / Taux
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Une France qui pollue de moins en moins / La crise énergétique n’y est pas étrangère
Un bon élève qui progresse une fois de plus. Les Français n’ont pas attendu cette année pour agir sur leur bilan carbone. La hausse des cours des énergies fossiles n’est bien entendu pas anodine et pourtant l’Hexagone semble imperturbable, ou presque, poursuivant la baisse de ses émissions de CO2e au fil de l’année. La publication de Rexecode sur la question propose une décomposition des émissions trimestre après trimestre - rapportée à la même période un an plus tôt - et évoque une diminution de 4,4 % au premier trimestre, de 2,4 % au deuxième, tandis que des baisses de 3,6 %, puis de 3,2 %, sont attendues pour les deux dernières périodes.
La vigueur de la baisse surprend néanmoins Raphaël Trotignon, directeur du Pôle énergie-climat chez Rexecode, lequel rapporte qu’en juillet il tablait plutôt sur un mouvement de l’ordre de 2,4 %. Il a été amené à réviser sa prévision ces derniers mois, en raison tout d’abord du recul des ventes de gazole dans les transports, comme évoqué précédemment, mais aussi de l’évolution de la production industrielle. Laquelle expliquerait le reste du mouvement, qui a pu être contrarié par une hausse de la production d’électricité. Celle-ci ayant davantage recours au gaz depuis cet été, elle a limité l’ampleur du repli.
Attendre
Ce qui ne veut pas dire que ces chiffres sont ancrés dans le marbre, l’économiste expliquant que « compte tenu des aléas de température et d’activité d’ici la fin de l’année et de l’erreur propre au modèle, cette prévision est encadrée par une fourchette large de 341 à 356 millions de tonnes de CO2e, soit une baisse comprise entre 1,4 % et 5,5 %. » L’analyse des données permet également de voir les déterminants de long terme qui supplantent bien souvent les questions de prix, on y retrouve l’explication de la moindre consommation de gazole avant même le rebond de prix. Ses ventes avaient déjà plongé de 7,6 % en janvier et février, quand bien même le gazole se vendait encore à la pompe à un tarif proche de l’année passée.
Ce qui s’expliquerait à la fois par le renouvellement du parc automobile et par un recul de l’activité du transport de marchandises et « possiblement, à des pleins faits à l’étranger, que les livraisons en France ne retracent pas. » On constate ainsi que la baisse des émissions est largement décorrélée des évolutions des prix des énergies sur le long terme et lorsque cette baisse est influencée par les prix, ce n’est que pour accélérer un mouvement déjà lancé. Autant de facteurs qui expliquent que depuis 2019 les émissions aient reculé de pas moins de 21 %.
Accélérer
Des résultats satisfaisants qui pourraient voir la France tenir en 2026 les objectifs du décret du 16 juillet 2026 relatif à la stratégie nationale bas-carbone. On avertit cependant chez Rexecode qu’il ne faudra pas relâcher les efforts dans les mois à venir. Bien au contraire puisque la trajectoire se durcirait et l’atteinte de la cible fixée pour 2030 « demanderait une baisse de 5,7 % par an de 2027 à 2030. » Raphaël Trotignon n’appelle donc pas à se reposer sur ses lauriers, d’autant plus qu’une partie des bonnes nouvelles de 2026 « tient à des facteurs qui ne se reproduiront pas nécessairement, un hiver doux et un recul des consommations de gazole dont les ressorts restent à établir. »
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