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Fusions, Acquisitions / M&A

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Le M&A mondial vit sur ses acquis / Un record annuel reste à portée

Plus de 4 000 milliards de dollars de transactions en neuf mois : le M&A mondial conserve une avance considérable. Mais derrière ce cumul, le ralentissement des acquisitions gagne les entreprises, après les fonds de private equity, selon le dernier rapport de PitchBook. Les mégatransactions se raréfient, tandis que les vendeurs restent peu disposés à revoir leurs prix.
(Photo by Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
(Photo by Beata Zawrzel / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Au deuxième trimestre, le rapprochement entre les énergéticiens américains NextEra Energy et Dominion Energy avait représenté à lui seul 118,5 milliards de dollars, selon PitchBook. Au troisième, la plus grosse opération mondiale, le rachat du groupe immobilier britannique SEGRO, spécialisé dans les entrepôts et la logistique, par l’américain Prologis, n’a pas dépassé 18,8 milliards. « Non seulement les mégatransactions ont été moins nombreuses, mais elles ont aussi été plus petites », résume PitchBook dans son rapport mondial sur les fusions-acquisitions au troisième trimestre 2026. Les opérations de plus de 5 milliards de dollars ne pèsent plus que 21 % de la valeur échangée entre juillet et septembre, contre 42,9 % au deuxième trimestre et 52,3 % au premier. Le marché reste au-dessus de 1 000 milliards de dollars pour le cinquième trimestre consécutif, mais retombe sous les niveaux records des quatre précédents, tandis que le nombre d’opérations recule lui aussi, à un peu plus de 11 700.

L’année reste pourtant partie pour un record. Avec plus de 4 000 milliards de dollars de transactions en neuf mois, estimations comprises, 2026 n’est que la troisième année à atteindre ce montant, et elle y parvient avec un trimestre d’avance. L’extrapolation du rythme observé depuis janvier porterait le total annuel à environ 5 500 milliards, du jamais vu. Un record potentiel qui repose toutefois sur l’élan du premier semestre, alors que les moteurs du marché faiblissent l’un après l’autre.


Les moteurs ralentissent à tour de rôle


Les fonds de private equity ont décroché les premiers. Au printemps, la remontée des taux, la guerre en Iran, le regain d’incertitude sur les droits de douane et les inquiétudes sur les logiciels menacés par l’IA ont freiné leurs acquisitions, selon PitchBook. Leur part dans la valeur du M&A mondial est tombée à 31,8 % depuis janvier, contre 41,6 % en 2025. Les entreprises avaient alors pris le relais, capables de mobiliser leur trésorerie ou de payer en actions, tandis que les fonds dépendaient davantage du crédit. Dans son rapport de juillet, PitchBook soulignait ainsi que les rachats de Dominion Energy et de Cursor avaient été financés largement en actions. Les fonds, eux, se repliaient davantage sur les petites acquisitions venant compléter leurs participations existantes.


Les prix, eux, résistent


Cet avantage financier n’a pourtant pas suffi à maintenir la cadence des entreprises pendant l’été. Selon les données actualisées du rapport Pitchbook du troisième trimestre, la valeur de leurs acquisitions a chuté de 42,1 % sur un trimestre, à 601,5 milliards de dollars. Elles restent les principaux acquéreurs, mais l’écart avec les fonds se resserre. « Ce recul n’est pas un motif d’inquiétude ; il fait suite à une série record d’activité au cours de l’année écoulée, qui a placé la barre très haut pour les comparaisons trimestrielles », tempère PitchBook. Leur activité est néanmoins passée légèrement sous sa moyenne trimestrielle des dix dernières années.

Les valorisations, en revanche, ne se sont que peu détendues. En Amérique du Nord et en Europe, le multiple médian VE/EBITDA s’établit à 9,8 fois sur douze mois glissants à fin septembre, contre 10,1 fois en 2025. « Les vendeurs refusent de revoir leurs prix à la baisse de façon significative, et les acheteurs les ont dans l’ensemble suivis », observe PitchBook. L’ajustement touche surtout les fonds, dont le multiple médian a perdu un tour d’EBITDA, à 11,5 fois, quand celui des entreprises n’a cédé qu’un peu plus d’un demi-tour, à 8,9 fois. Il frappe aussi la technologie, où le multiple médian est passé de 12,5 à 10,3 fois, PitchBook reliant cette baisse à la réévaluation des logiciels face à l’IA.

Cette tenue des prix renvoie à une difficulté que la disponibilité des capitaux ne suffit pas à résoudre. « Trop peu d’actifs arrivent sur le marché avec la combinaison de prix, de qualité, de préparation et de visibilité qui permettrait aux acheteurs de s’engager avec conviction », estimait le BCG en septembre. Le cabinet soulignait que les petites et moyennes opérations restaient sous leurs niveaux habituels à long terme. Le reflux des mégatransactions ne fait donc que rendre plus visible une reprise qui reste étroite. Les actifs susceptibles d’être cédés ne manquent pourtant pas : les fonds détenaient plus de 33 500 sociétés non cédées au 30 juin, contre quelque 32 500 fin 2025, selon des données PitchBook citées par le cabinet.

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