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exclusif Les marchés achètent encore l'Espagne

EXCLUSIF. Le pays a levé plus que le montant voulu ce matin à moyen et long terme à des taux en baisse. Le pays a profité de l'accalmie des marchés pour faire des réserves pour son programme de l'année prochaine.
Beau succès pour le trésor espagnol ce matin. Le pays a ainsi émis pour 3,88 milliards de titres à 3,5 et 9 ans alors qu'il espérait lever 3,5 milliards au maximum. Profitant de rendements en baisse, l'Espagne, prudente, a mis de côté pour l'année prochaine, comme elle l'a d'ailleurs fait au début de l'année 2012 lorsque les taux étaient relativement modérés. Ainsi, les titres à 3 ans se sont adjugés ce matin à un taux de 3,617% contre 3,66% le 8 novembre dernier, ceux à 5 ans à 4,477% contre 4,766% début octobre et ceux à 9 ans à 5,517% contre 5,545% mais en décembre 2011. L'Espagne a ainsi préfinancé son programme d'émission de 2013, qui devrait atteindre au total plus de 100 milliards d'euros, contre 90 milliards cette année. Les bonos sur le marché secondaire ont bien réagi suite à l'émission et leur rendement évoluait à la baisse en début d'après-midi, à 5,66% alors qu'ils avaient frôlé les 7% en fin de semaine dernière. Ils surperforment même le bund (contraction de 0,05 points contre une hausse de 0,04 points pour les titres de l'Allemagne). L'Espagne cependant, continue d'émettre dans de plus grands volumes à court terme qu'à moyen terme, faisant ainsi baisser la maturité moyenne de l'encours de sa dette, ce qui l'expose davantage au risque du marché. Mais lui permet aussi de profiter du soutien des investisseurs, rassurés de savoir que la BCE se porte garante des échéances de court terme, via une possible OMT. "Nous avons réinvesti dans les titres de court terme espagnols, car ils offrent un bon rendement et un risque de défaut limité, grâce à Francfort", expliquait hier Juan Nevado, gérant chez M&G Investments. Si cette première émission confirme que le premier ministre espagnol ne devrait pas demander l'aide de l'UE d'ici la fin de l'année, "le doute quant au comportement du gouvernement l'année prochaine est entretenu", explique René Defossez, analyste chez Natixis à Londres. " Mais les quelques signes positifs sur le plan institutionnel ont contribué à rendre le climat plus serein aujourd'hui ", termine-t-il.
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