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Sur les marchés
Quels sont les pires mois sur les marchés boursiers ?
La fin de l'année boursière n'a pour l'instant pas montré de signe d'essoufflement et le marché américain devrait terminer à des niveaux historiques, le Dow Jones ayant clôturé hier la journée à 24.504,80 points, soit une hausse de plus de 23% depuis le début de l'année, tandis que le Nasdaq a pour le moment grimpé de 26% depuis le 1er janvier, à 6.862,32 points. Le mois de décembre n'a pourtant pas toujours été aussi clément pour les marchés boursiers américains, si l'on en croit une étude de l'évolution du Dow Jones réalisée sur les 121 dernières années et publiée par BNY Mellon.
Alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer la survalorisation des marchés, la banque a donc souligné que les derniers mois de l'année sont généralement les plus risqués pour les Bourses, ce qui ne s'est pour l'instant pas encore vérifié en 2017. Ainsi, selon les calculs de BNY Mellon, sur 121 ans, le mois de septembre est celui où le Dow Jones a le plus de fois et le plus fortement chuté (de 11,6% en moyenne), représentant 15 des 100 plus fortes baisses historiques. Novembre figure de son côté à 10 reprises dans le Top 100 des baisses les plus importantes (-10,5% en moyenne), tandis que le mois d'août a été neuf fois le mois où l'indice américain a le plus chuté (de 9,1% en moyenne). "En tout 47% des 100 plus fortes baisses du Dow Jones depuis 1896 ont eu lieu entre août et novembre", souligne ainsi Neil Mellor stratégiste senior chez BNY Mellon.
Si décembre est le mois qui a connu les plus fortes baisses depuis la fin du XIXème (-14,7% en moyenne), il ne figure plus dans le top 100 des pires performances mensuelles depuis 1931 (ce qui signifie que les baisses en décembre n'ont pas été aussi importantes qu'en novembre ou en septembre par exemple). De quoi être rassurés pour cette fin d'année donc ! D'autant qu'en prenant en compte l'évolution du Dow Jones depuis 1970 seulement, la tendance est la même avec les plus mauvaises performances entre août et novembre. Mais en prenant du recul, le célèbre écrivain américain Mark Twain, n'avait-il pas déjà tout dit sur la question ? : « Octobre est un des plus mauvais mois pour jouer en Bourse. Les autres sont : juillet, janvier, septembre, avril, novembre, mai, mars, juin, décembre, août et février ».....
Si le mois de décembre devrait donc, à moins d'un événement exogène catastrophique, se terminer par un record historique pour les marchés américains, de nombreux économistes prédisent l'éclatement d'une bulle et prônent la prudence. Ainsi Michel Aglietta alertait-il fin novembre dans un entretien à Investir sur le décalage entre les niveaux du marché américain et les données réelles de l'économie. "La valorisation de la Bourse est très élevée, même en prenant en compte la croissance américaine. L’indice de Shiller la corrige des fluctuations conjoncturelles. Son niveau actuel n’a été dépassé que deux fois, en 1929 et dans la bulle spéculative qui a conduit à la crise financière des TIC (technologies de l’information et de la communication) en 2000. La survalorisation boursière saute aux yeux. A chaque fois que ces indices ont été dépassés, une crise financière a surgi : très importante en 1929, étouffée par l’ancien président de la Fed, Alan Greenspan en 2000, en relançant la bulle immobilière", a ainsi affirmé l'économiste et conseiller scientifique du CEPII. Et il n'est pas le seul à l'affirmer : début septembre, l'ESMA (autorité européenne des marchés financiers) avait mis en garde les investisseurs contre la valorisation excessive de certains actifs, conséquence du faible niveau des taux d'intérêt.
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