Revenez vers les actions!
EXCLUSIF.
Si les investisseurs se sont tournés vers le marché obligataire ces dernières années, la bulle sécuritaire incite à reprendre du risque avec les actions. Miser sur la croissance et les valorisations attractives.
Les actions n'ont plus vraiment la cote, l'éclatement de la bulle Internet puis la crise de 2008 ayant détourné nombre d'investisseurs de ce type d'actifs. "Les gens n'ont plus confiance dans les actions, tant la volatilité a été grande ces douze dernières années, et leur rendement assez faible, surtout depuis 2008", explique Juan Nevado, gérant chez M&G. Sur une base 100, le rendement moyen des actions des entreprises du G7 a varié entre 90 et 125 dans les deux dernières années. Et depuis janvier 2003, l'indice du sentiment des investisseurs à Wall Street est passé de 72% à 43,9%, avec une accélération de la chute depuis janvier 2011. Alors qu'il y a douze ans, très peu achetaient des obligations, la situation s'est désormais inversée.
Au point que selon plusieurs gérants et analystes, une nouvelle bulle de la sécurité, est en train de se former ! Ainsi depuis 1996, 928 milliards de dollars ont été investis sur les obligations, dont 209 milliards depuis le début de l'année selon Bank of America Merrill Lynch. Tandis que dans le même temps, 506 milliards de dollars ont été retirés des fonds actions, dont 77 milliards depuis janvier 2012. "Même les investisseurs qui choisissent encore les actions vont vers celles perçues comme 'non risquées', telles que les télécoms, les services publics ou la consommation discrétionnaire", explique Céline Piquemal, gérante actions chez ComGest. Selon elle, la bulle sécuritaire résulte notamment de taux d'intérêt réels de plus en plus bas, voire négatifs, qui ont entraîné un ralentissement structurel de la croissance. "Quand les taux sont négatifs, même les sociétés mal gérées survivent, ce qui nuit à la compétitivité des mieux gérées. Cela génère également un certain attentisme de la part des entreprises".
Mais plusieurs signes avant-coureurs laissent penser qu'il est désormais temps de revenir sur les marchés actions. La reprise des commandes a conduit à un net remboursement de l'indice PMI Global tout d'abord, l'impact négatif du destockage est désormais terminé en Chine, la reprise de l'immobilier américain se poursuit et les attentes de croissance des bénéfices des entreprises semblent se stabiliser, après plusieurs mois de révisions baissières. "Certes, il faudra encore 5 à 10 ans pour que l'Europe règle ses problèmes, et le Vieux Continent connaîtra une récession l'année prochaine. Mais à part en Europe, la croissance va repartir en Asie et aux Etats-Unis et il vaudra donc le coup d'investir dans ces marchés l'année prochaine", explique encore Juan Nevado. Ainsi, les profits des entreprises chinoises ont progressé de 57% depuis 2009, ceux des sociétés américaines de 43% et des entreprises britanniques de 30%. Enfin, les valorisations restent très attractives, estiment les gestionnaires de ComGest : "les actions en relatif n'ont jamais été aussi peu chères", conclut Céline Piquemal.
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