Euribor : Michel Barnier veut stopper l'hémorragie
EXCLUSIF.
Depuis novembre cinq banques ont quitté le panel servant à établir le taux interbancaire. Le commissaire européen veut contraindre les établissements à participer à l'élaboration de l'Euribor.
Alors que depuis novembre dernier, cinq banques ont décidé de ne plus contribuer à l'élaboration du taux interbancaire de référence l'Euribor, Bruxelles a décidé de prendre les choses en main. Dans un communiqué publié vendredi, le commissaire européen au Marché Intérieur, Michel Barnier, ne cache pas sa solution pour stopper l'hémorragie. "Toute banque qui envisagerait de cesser de contribuer aux panels doit, par conséquent, tenir compte du fait qu'elle pourra être contrainte à y participer de nouveau", écrit-il. De son côté, la BCE, futur superviseur unique des banques, a appelé les prêteurs à continuer de participer à son élaboration.
Citigroup, DekaBank, Rabobank, Bayern LB et Raiffeisen Bank International ont en effet quitté le panel. Ce qui porte dorénavant le nombre de participants à 39. Or, les défenseurs de l'Euribor -face au scandale qui se déchaine autour de l'autre taux de référence, le Libor- arguent notamment que plus de banques contribuent à son élaboration, ce qui rend plus difficile sa manipulation. Dix-huit prêteurs maximum pouvant donner leurs estimations pour le Libor.
La Commission compte présenter, "au cours du deuxième trimestre 2013, un nouveau texte législatif sur les taux de référence afin de mieux" en préciser les modalités. "Et cette proposition devrait inclure la possibilité de rendre obligatoire la déclaration des taux de référence systémiques tels que l'Euribor". Michel Barnier cite ainsi l'exemple de l'Angleterre où il a été décidé que les banques seraient obligées de déclarer leur taux. Idée reprise dans le document de consultation de Bruxelles.
Et l'astreinte pourrait se révéler nominative. "Mes services demanderont à l'AEMF (Autorité Européenne Bancaire) et à l'ABE de commencer des travaux préparatoires visant à identifier les banques qui, au vu de leur activité sur les marchés de prêts interbancaires, doivent être soumises à l'obligation de participer à l'élaboration des taux de référence."
En attendant ces propositions, ce sont les récentes recommandations de l'ABE et l'AEMF qui "apportent une réponse aux questions de la gouvernance de l'Euribor et des dispositifs de contrôle". Pour ce qui est de la modification du règlement et de la directive sur les abus de marchés, les propositions ont été approuvées au cours de la première phase de négociations par le Parlement et le Conseil.
© Copyright WanSquare
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article
À lire aussi

