Tensions extrêmes sur le financement en dollars
EXCLUSIF.
Le swap euro-dollar a atteint aujourd'hui son plus bas niveau depuis la faillite de Lehman Brothers. La BCE est obligée d'intervenir via des financements d'urgence.
Alors que même l'Allemagne ne parait aujourd'hui plus être en mesure d'échapper aux inquiétudes, la défiance des institutions financières américaines envers la zone euro atteint de nouveaux sommets.
Pour preuve, le swap euro-dollar a atteint aujourd'hui un nouveau pic à -150 pb, contre -100 pb en septembre et -30 pb au début de l'année! Ce niveau rejoint celui du plus fort de la crise au lendemain de la faillite de Lehman Brothers: il avait dépassé les -150 pb pendant 3 jours fin septembre, puis les 7 et 8 octobre, avant d'atteindre son niveau maximal de tensions le 9 octobre, à -210pb. Il avait ensuite progressivement retrouvé une moyenne normale début 2009.
Cet indicateur montre le casse-tête que représente la perspective de trouver de la dette en dollars pour les institutions de la zone euro. Cela a déjà impacté le financement de flottes d'avions et le trading de matières premières, parmi d'autres. Mais surtout l'asphyxie a lieu aussi à court terme, c'est pourquoi la BCE est tenue, au-delà des programmes de financement à 12 mois mis en place aux côtés de la Fed, la Bank of Japan, la Bank of England et la Banque Nationale Suisse, de fournir des liquidités à 7 jours. Elle a déjà lancé une opération pour 1,3 milliard de dollars en octobre, mais ce mois-ci, trois institutions sont venues frapper à sa porte, pour 400 à 500 millions de dollars. Un autre champ d'action dans lequel les banques plaident pour un élargissement du bilan de la BCE, seule capable d'apporter de la liquidité au marché interbancaire.
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